‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 218 sur 345 · CENTRALISATION DE L'AME SENSITIVE · texte numérisé non relu

CENTRALISATION DE L'AME SENSITIVE

naît. Il a, par conséquent, trois grandes facultés : la perception du monde extérieur, qui a Heu au moyen des sens externes : la faculté locomotrice ; les sens internes. Les facultés de l’âme végétative, comme on l'a vu, sont diffuses dans divers tissus de l’organisme. Mais 1l ne saurait en être ainsi pour l’âme sensitive. Présidant à des opérations aussi différentes que celles de tous les sens, elle ne peut effectuer leur comparaison, condition essentielle de la perception et du souvenir, qu’en les rapprochant dans un milieu commun. Il faut donc que, outre les organes particuliers qui servent à chaque fonction, 1l y ait un organe central, véritable siège de l'âme sensitive. Cette nécessité de centraliser les impressions sensorielles avait conduit Aristote à imaginer ce qu'on a appelé après lui le sens commun, et à le localiser dans le cœur !. Les progrès de l'anatomie ne tardèrent pas à faire abandonner cette opinion ; mais la nécessité théorique subsistait. Galien, et Fernel après lui, placent l'âme sensitive dans le cerveau. C’est au cerveau qu'aboutissent les nerfs venus de la périphérie, et chargés d'apporter les impressions subies par les organes des sens ; c’est de lui que partent les nerfs qui vont se distribuer dans les muscles pour y exciter des contractions et produire des mouvements.

À ces vues physiologiques qui, dans leur généralité,

4. La théorie du sens commun dans Aristote est : De anima, 1. 3, ch. 1. « Outre les organes particuliers des sens, il y à un organe ou sen- « sorium commune, où se rendent et concourent les données de tous les « sens en acte. C’est le cœur, chez tous les animaux sanguins, qui est « l'organe commun de tous les organes et qui contient le principe de « tous les sens : car, dans tout animal, ce qui est premièrement sensi- « tif, c’est ce qui est premièrement sanguin, c’est-à-dire le cœur. Placé « au milieu du corps, il sert d’intermédiaire entre les parties anté- « rieures, où se produit la sensation, et les parties postérieures » (Waddington, Psychol. d'Arist., p. 92).

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