‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 217 sur 345 · FACULTÉS DE L'AME SENSITIVE · texte numérisé non relu

FACULTÉS DE L'AME SENSITIVE

« reliquas omnes pariter occumbere, optima fit raltione « ut sua sit cujusque propria quædam facultas, sin(que « totidem sentiendi facultates, quod functionum difjeren- « tias numerando percensuimus". »

Partant de ce principe, on partagera en deux grands groupes les facultés attribuées aux animaux : celles qui se rapportent à la sensibilité, et celles qui participent de la raison. Mais, dans la langue de Fernel, ce mot de raison n'a pas le sens que lui donnent les philosophes modernes. Pour lui, la raison n'est pas la faculté des prineipes universels, ni la connaissance intuitive et immédiate des idées prenuères; s’il en était ainsi, son nom ne serait pas prononcé à propos de l'animal. La raison, pour Fernel, c'est l'élément représentatif engagé dans toute sensation. C’est la forme inférieure de la connaissance intellectuelle, celle qui ne saurait s'exercer sans le secours des données sensibles, ou des images qui les rappellent. L'animal qui en est doué peut comparer entre elles ses sensations, il peut reconnaître les objets qui les ont produites, il peut s’en souvenir et les évoquer, mais 1l ne peut ni concevoir des idées abstraites, ni s'élever à la notion de l’absoluet de l'infini, ni, en un mot, penser. Il est donc utile de remarquer que le mot de raison, qui désigne aujourd’hui le degré le plus élevé de l'intelligence, n’en est, chez Fernel, que le degré inférieur. Nous dirions actuellement que l'animal possède, en quelque mesure, les facultés intellectuelles, mais que l’homme seul a la raison, C’est le contraire dans la terminologie de Fernel.

Tandis que la vie de la plante se borne à la reproducion, à la nutrition et à l'accroissement, l'animal éprouve en outre du plaisir ou de la peine; il se meut; 1l con-

taPhuysiolsl. $, ch. vis, p10E.

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