‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 220 sur 345 · LES ESPRITS NATURELS · texte numérisé non relu

LES ESPRITS NATURELS

« pant aux sens exerce son influence sur nous et sur les « corps matériels au moyen de l'esprit !. » Il s'ensuit que l'univers est peuplé d’esprits. Ce n’est pas Dieu qui agit directement sur les êtres, c’est l'esprit divin, partout répandu et présent, que les philosophes et les poètes grecs ont célébré à l’envi sous le nom d'âme du monde. Si la nature universelle a son esprit, il en est de même de chaque objet. C’est l’esprit qui, dans chaque chose concrète, opère et maintient l'union de la matière et de la forme. Dans l'homme en particulier, c'est l’esprit qui unit l'âme au corps, c’est grâce à lui que l'âme vivilie le corps et le gouverne. « L'esprit est donc une substance « éthérée, siège et lien de la chaleur vitale et des facul- « tés, instrument premier de toute fonction *. »

Mais l’homme est le sujet de phénomènes multiples. Il appartient à la nature, et obéit à ses lois les plus générales, comme tout ce qui existe. En outre, 1l vit, et se trouve par là-même soumis aux lois qui régissent tous les vivants. Enfin, il exerce les fonctions supérieures qui lui sont spécialement dévolues, et, à ce titre, des lois particulières conditionnent son mode d'action. Il faut donc admettre l'existence de trois sortes d’esprits, permettant à ces lois d'agir sur lui. Ce sont d'abord les esprits nalurels, formés de la partie la plus pure et la plus légère des aliments ; ils sont élaborés par le foie, et circulent, au moyen des veines, dans toutes les parties

de Galien sur la formation des esprits animaux dans le cerveau, insiste sur leur matérialité. « Ce que je nomme ici des esprits ne sont que des « corps, et ils n’ont point d'autre propriété sinon que ce sont des corps « très petits et qui se meuvent très vite, ainsi que les parties de la « flamme qui sort d’un flambeau » (Descartes, Traité des passions, re partie, art. 10).

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