‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 221 sur 345 · LES ESPRITS VITAUX ET ANIMAUX · texte numérisé non relu

LES ESPRITS VITAUX ET ANIMAUX

du corps. Emportés par la veine cave dans le cœur en même temps que le sang, ils y subissent l'influence de la chaleur, et deviennent esprits vilaux. Ceux-c1 pénètrent dans les poumons, el, par les artères, distribuent la vie à toutes les parties du corps !. Ceux des esprits vitaux qui arrivent au cerveau y rencontrent un plexus artériel et veineux, nommé par Galien plexus admirable, ou sacré, et sont contraints de le traverser. Là, ils rencontrent l'air que la respiration fait pénétrer dans les narines, et, à son contact, ils se transforment en esprits animaux ?. Ces derniers, les plus subüls de tous ?, sont les instruments de la sensation, de la perception externe, et des fonctions intellectuelles *.

Les esprits animaux remplissent les cavités du cerveau, et se distribuent, au moyen des nerfs, dans les organes des sens et dans les muscles. Il est facile dès lors

1. Le fait qui avait le plus frappé les anciens anatomistes, c'est que, sur le cadavre, on trouve ordinairement les artères el les cavités du cœur vides. Ils en avaient conclu que, pendant la vie, elles étaient occupées par les esprits, qui s'échappaient à la mort sans qu'on s'en aperçût, en raison de leur extrême ténuité. Galien avait lui-même démontré contre Erasistrate que les artères contiennent du sang, et non de l'air, pendant la vie. Mais leur vacuité après la mort ne lui paraissait pas moins une preuve de l'existence des esprits, et Fernel reproduit le même argument (Physiol., 1. %. ch. ni). Pour lui, la fonction essentielle des artères est de conduire les esprits vitaux, de même que les veines conduisent les esprits naturels, et les nerfs les esprits animaux (v. Physiol., 1. 1, ch. xn).

2, Le malheur est que cette hypothèse repose sur une erreur anatomique. Le pleæus admirabilis (plexus réticulaire des modernes) existe chez quelques animaux, mais non chez l'homme. Ce qui prouve, comme on l'a remarqué, que Galien n'avait pas disséqué de cadavres humains, ou ne l'avait fait que très exceplionnellement (v. D. Le Clerc, ist. de Taivméd:. p. 109 et 737).

3. …« etenim naturalis vaporem æmulatur, vitalis aéreus est, anima- « lis autem æthereus » (Physiol., 1, 4, ch. xr, p. 93).

4, V. le traité d'Actuarius, De spirilu anümali, lib. duo. Paris, 1567.

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