‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 270 sur 345 · SOLUTION INTERMÉDIAIRE · texte numérisé non relu

SOLUTION INTERMÉDIAIRE

une certaine précision que la sensibilité et le mouvement, qu'il situe dans des nerfs spéciaux. Quant aux facultés proprement dites et aux opérations de la perception, de l'imagination, de la mémoire, 1l s’est gardé de leur assigner à chacune un siège distinct. C’est que, à ses yeux, la notion essentielle est celle de l'unité de l'âme, qui disparaît quelquefois, il est vrai, dans la complexité de ses analyses, mais qu'il a toujours professée. Aussi, lui réserve-t-il toujours la causalité première. Les organes des sens, les nerfs, le cerveau lui-même ne sont que des instruments. La cause, c’est l'âme, principe d'unité, qui ne peut se morceler en parties. La motricité, la sensibilité ne sont pas substantiellement différentes ; elles appartiennent à l'âme sensitive, dont elles manifestent l’activité sous deux formes distinctes.

Mais ici, se présente une objection. S'il en est ainsi, 1l semble que la faculté motrice et la sensibilité devraient aller de par, et coexister chez tous les animaux. Cependant, certains animaux ont la sensibilité, la perception, l'appétit même, etnon le mouvement. Fernel constate le fait, mais ce faitne prouve en rien, d’après lui, la différence substantielle des deux facultés. Si certains animaux ne se meuvent pas, c’est, dit-il, que les organes du mouvement leur font défaut, et que, par suite, les fonctions motrices ne sauraient s'exercer. Bien plus, chez certains animaux inférieurs, la sensibilité se trouve, par l'absence d'organes appropriés, réduite au seul sens du tact. Ce dernier sens constitue, pour ainsi dire, un minimum de sensibilité sans lequel l'animal ne pourrait pas vivre ; les autres sens lui fournissent des impressions et des notions plus riches, plus : variées, mais 1ls peuvent à la rigueur disparaître. Le cas peut même accidentellement se produire chez l'homme. Certains animaux ne possèdent donc que le

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