DAYS ELES CNE N D AA
DEUX SYSTÈMES ÉXTRÊÈMES 85
Mas Fernel a du moins eu le mérite de ne pas multiplier à l'infini des localisations qui, dans l’état de la science à son époque, ne pouvaient être qu'hypothétiques. De nos jours même, malgré tant de progrès et de savantes recherches, les opinions des physiologistes s’échelonnent, pour ainsi dire, entre deux systèmes extrêmes : la phrénologie de Gall et de Spurzheim, qui supposent avoir analysé complètement l'esprit humain, « et qui assignent « aux diverses facultés, émotions et propensions leur « siège respectif, correspondant extérieurement aux par- « Lies supérieures et externes du crâne ! ». À l'opposé, la doctrine de l’homogénéité fonctionnelle du cerveau, dont Flourens a ainsi résumé les conclusions : « Les « lobes cérébraux concourent, par tout leur ensemble, à « l'exercice plein et entier de leurs fonctions. Dès qu'une « perception est perdue, toutes le sont; dès qu'une « faculté disparaît, toutes disparaissent. Il n'y a donc « point de sièges divers, n1 pour les diverses facultés, « mi pour les diverses perceptions. La faculté de perce- « voir, de juger, de vouloir une chose, réside dans le « même lieu que celle d'en percevoir, d'en juger, d'en « vouloir une autre; et conséquemment cette faculté, « essentiellement une, réside essentiellement dans un « seul organe *. »
Au point de vue philosophique, les deux doctrines soulèvent de graves objections, et une solution intermédiaire serait peut-être la plus satisfaisante. C’est ce que Fernel a bien compris. Il a vu que les localisations multiples imaginées par les Arabes compromettaient d'unité du moi, et 1l ne s’y est pas aventuré. Il ne localise avec
4. Charlton Bastian, Le cerveau organe de la pensée, loc. cit. 2. Flourens, Recherches expérimentales, p. 99.