‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 272 sur 345 · INDÉPENDANCE DES FACULTÉS · texte numérisé non relu

INDÉPENDANCE DES FACULTÉS

étroite des organes, et ce serait se faire une idée tres fausse de leur nature que de vouloir localiser chacune d'elles dans une région spéciale du cerveau. C'est d’ailleurs ce que prouve, outre les raisons philosophiques, la pratique médicale des Grecs. Dans les maladies de la mémoire, ils prescrivent d'appliquer les remèdes non à l'occiput seul, mais sur toute la tête, persuadés qu'ils sont que la mémoire passive, l'imagination et la réviviscence des souvenirs ont pour organe non telle ou telle partie du cerveau, mais le cerveau tout entier.

Mais une difficulté subsiste encore. Si les facultés n'ont pas de siège distinct, comment expliquer leur indépendance réciproque ? Comment se peut-il que l’une d'elles soit amoindrie ou même abolie, sans que les autres en souffrent ? Fernel a longuement examiné la question, et émis à ce sujet des vues intéressantes ?.

Les exemples de l'indépendance des facultés abondent. Les malades en proie à la fièvre ont des hallucinations ; le dormeur aperçoit en rêve des visions fantastiques. Mais ni les uns ni les autres ne se méprennent sur le caractère irréel de ces apparitions. L'imagination chez eux est atteinte, le jugement reste intact ainsi que la mémoire. « D'autres, dans le délire, jugent etraisonnent « mal : ils n’en reconnaissent pas moins leurs parents et « les objets qui les entourent ; ils gardent le souvenir « du passé. C’est le Jugement qui est perverti chez eux, « les deux autres facultés restant indemnes ?. » Faut-il conclure de là que les facultés sont localisées dans des organes séparés ? Fernel ne le pense pas, el VOICI COMment il explique les faits observés.

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