INÉGALITÉ DES FACULTÉS
L'âme est essentiellement une et simple. Elle est identique chez tous les hommes: il ne peut être question d'âme plus où moins parfaite. Y ajouter ou en retrancher quelque chose, ce serait en altérer la notion et la détruire. Mais cette âme simple a des facultés qui diffèrent en degré suivant les hommes. « Les uns ont une « grande force de jugement et peu de mémoire ; d’autres « ont une excellente mémoire des choses et des mots, mais « peu de Jugement; d’autres jugent naturellement bien, € mais n'ont mi réflexion ni mémoire !. » Ces différences proviennent non de l'âme, mais de la conformation des organes, de la constitution corporelle et du tempérament. L'identité de l'âme explique l’analogie fondamentale des facultés chez tous les hommes ; la diversité des constitutions explique leurs différences relatives. Et c’est non seulement notre constitution congénitale qui influe, mais encore les modifications qu'elle subit au cours de la vie, soit du fait de l’âge, soit du fait des maladies. À un corps bien porlant correspond d'ordinaire une âme saine, et inversement, les facultés de l'âme ne peuvent s'exercer librement si les fonctions du corps sont troublées, ou si les organes sont gravement lésés.
Or, comme on le sait, le tempérament tempéré est un idéal qui n’est jamais réalisé. L'équilibre parfait des qualités élémentaires est toujours instable. Il en est de même des facultés; elles ne sont jamais dans une proportion exacte, et loujours une ou plusieurs d’entre elles l’emportent sur les autres. Lorsque des causes extérieures viennent agir sur le corps, les facullés en subissent par contre-coup l'influence. Les moins fortes sont les plus atteintes ; l’altération est moins sensible chez les plus
LRPhys Ole, G'che svp. 467.