RAPPORTS :DE%DEUX ÆANTELLECTS
ligence humaine, qui, considérée dans son ensemble, est impassible, incorporelle, immortelle, mise tout entière en nous par Dieu. L'intelligence ne peut entrer en exercice que par le concours simultané des deux facultés dont elle est formée. Seul, l’inteliect actif ne donnerait aucune connaissance, et, Fernel y insiste, 1l est substantiellement identique à l’intellect passif. Il ne s'oppose pas à lui comme une substance à une autre. mais 1l'est le degré supérieur d'une activité une et identique dans son essence; 1l le complète comme la forme complète la matière. De même que, isolément, n1 la matière n1 la forme n’ont de réalité objective, et que tout ce qui existe est constitué par leur union, de même l'intelligence de l’homme est simple, bien que constituée par l'union des deux intellects. La question ne se pose donc pas de savoir lequel des deux, en fait, est antérieur à l’autre. Métaphysiquement, la puissance est antérieure à l'acte, la maüère à la forme. Mais, dans la réalité, rien n'existe que par leur réunion actuelle, et toute connaissance, 1mpossible par un seul intellect, a lieu par leur exercice simultané.
L'intellect passif modifie donc les données de la sensaton en les transformant en concepts. Ces concepts n'ont rien de commun avec les images dont ils sont tirés. Ce sont « des notions, extraites par l’activité de l’âme de « l’image sujette ! ». Mais ces concepts sont encore particuliers. L'intellect actif s’en empare pour les dépouiller de ce qu'ils ont d’individuel, et pour en faire des idées abstraites et générales. C’est l'opération que l’ancienne logique appelle l’appréhension, et qui comprend ce que nous appelons aujourd'hui l’abstraction et la généralisa-