‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 288 sur 345 · THÉORIE INSUFFISANTE DE LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

THÉORIE INSUFFISANTE DE LA VOLONTÉ

est infaillible comme la raison !. Évidemment il faut bien qu'il en soit ainsi, si la volonté n’est autre chose qu'une faculté intellectuelle. Mais, encore une fois, que devient la liberté ? Que devient le sentiment de l'effort, de la personnalité? Platon admettait que ‘nuüllsnest méchant que par ignorance, et presque toute l'antiquité a été de cet avis. Il faut arriver jusqu aux temps modernes pour voir signaler nettement le caractère actif et spontané de la volonté et son irréductibilité à l'intelligence. De là sont venues les lacunes et les contradictions de la théorie. D'une part, si la volonté n’est qu'une forme de la raison, on est porté à lui reconnaître l'infaillibilité pour le bien. De l’autre, 1l faut, sous peine de compromettre toute la morale, admettre qu’elle est libre de ses déterminations et qu'elle en est responsable.

Fernel ne s’est nullement préoccupé de résoudre cette antinomie. [l n'a pas vu que la volonté est profondément distincte de l'intelligence, et n'a pas hésité à écrire en propres lermes : « Hæc autem est omnium facultatum «€ intelligentiæ postrema ?. » C’est que, en dépit de ses déclarations d'indépendance, il est manifeste que Fernel a peu de goût pour les innovations. Aussi, ne discute-t-il guère les théories d'Aristote. Celui-ci a fait de la volonté une faculté intellectuelle, tandis qu'il a relégué parmi les fonctions de l’Âme sensitive la mémoire et l'imagination. Fernel l’a suivi sur tous ces points. Comine il le dit luimême, 1] n'a pas cherché à approfondir, mais à résumer. Les discussions sont l'affaire des philosophes. Pour lui, médecin, la psychologie proprement dite ne l'intéresse

1. Si nous faisons le mal, c'est par une défaillance de la « voluntas «simplex ». Si nous faisons le bien, c’est par une impulsion de la « voluntas confirmata » {Physiol., 1. 6, ch. xrv).

2 bi. 15 .-chexx Ada fine

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