‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 289 sur 345 · LA MÉMOIRE INTELLECTUELLE · texte numérisé non relu

LA MÉMOIRE INTELLECTUELLE

qu’à titre d'explication de la vie, et il n’a dans ce domaine aucune prétention à l'originalité. « Ne autem certos « instituti mei limites prætergredi videar, his summatim « decursis, quæ proprie Philosophum decent, ad unius « vitalis animæ facultates me confero !. »

Tel est donc le tableau sommaire des facultés de l'intelligence. L'intellect passif, qui a pour maüère les images conservées dans le « sensorium commune » ; l’intellect actif, qui a pour matière les concepts tirés des images par l'intellect passif, et dont les opérations sont l’appréhension, la comparaison, le jugement, le raisonnement. Au plus haut degré la raison pure. Enfin, la raison pratique, avec laquelle s'identifie la volonté.

Mais cette énumération est-elle complète, se demande Fernel, et peut-on méconnaître le rôle que joue la mémoire dans les opérations de l'intelligence? N'y a-t-il pas une mémoire intellectuelle comme 1l y à une mémoire sensitive ? Il serait impossible de le nier. Aussi Fernel l’a-t-1il reconnu ; et là encore sa théorie est un remarquable exemple du danger que présentent en psychologie des études fragmentaires et la multiplication à l'infini des facultés. Obligé d'admettre que l’homme et l'animal se souviennent, 1l ne veut pas attribuer ces elfets à un même pouvoir de l'âme, ni à la même âme. La mémoire intellectuelle n’est pas de même nature que la mémoire sensitive. Celle-c1 est dévolue aux animaux, celle-là est Le privilège de l’homme. En effet, la mémoire sensitive n’est que la réapparition des images centralisées par le sens commun. L'intelligence, au contraire, n opère

4. Physiol., L. 5, ch. x1, p. 114. Il est à remarquer que Riolan, très porté d'ordinaire à subtiliser, n’a rien dit à ce sujet. [Il ne nomme la volonté qu'en passant (v. Comment., p. 67).

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