‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 307 sur 345 · RÉFUTATION D'ARISTOTE · texte numérisé non relu

RÉFUTATION D'ARISTOTE

Comment donc chez eux les veines pourraient-elles venir du cœur, puisque cet organe est incomplet? Elles ne peuvent venir que du foie.

Toutes ces raisons paraissent probantes à Fernel. Il tenail à prouver que les animaux les plus parfaits et l'homme possèdent trois facultés distinctes. Il l’a démontré par l'indépendance réciproque de leurs fonctions, par la nature différente de leurs organes, par la diversité des conducteurs où circulent les esprits de chacune d'elles, enfin par des considérations d'anatomie comparée. Il regarde donc ce point de doctrine comme définitivement acquis : la faculté naturelle est localisée dans le foie, la faculté animale dans le cerveau, la faculté vitale dans le cœur.

Malgré tout, 1l lui reste un dernier serupule. La théorie qu il vient d'établir est celle de Galien : mais elle est en opposition formelle avec celle d'Aristote. Fernel a dû sans doute éprouver quelque embarras à choisir entre deux autorités qui lui inspiraient une égale vénération. Il faut lui rendre cette justice qu'il l'a fait avec une entière indépendance, et qu'il a déclaré sa préférence sans restrictions ni réserves. C’est la doctrine de Galien qu'il juge vraie, et, loin de tenter une conciliation qu'il ne croit ni désirable ni possible, il blâme ceux qui l'ont essayée. Il n'y a pas à dissimuler, dit-1l, la contradiction manifeste de ces deux théories, « et ce serait « prendre une peine inutile que de vouloir rapprocher « par force des philosophes qui se sont séparés de propos « délibéré ! ». Le fait est assez rare chez lui pour mériter qu'on le signale. D'ordinaire, 1l nous apparaît comme un esprit porté assez volontiers aux solutions moyennes,

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