‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 308 sur 345 · RÉFUTATION D ARISTOTE SAR · texte numérisé non relu

RÉFUTATION D ARISTOTE SAR

plus désireux de prendre dans les auteurs anciens ce qui les rapproche que ce qui les divise, et plus enclin à la concihation qu'à la polémique. Malgré ses tendances habituelles, 11 n'a pas craint, dans la question présente, de donner tort à Aristote, en termes courtois, respectueux même, mais catégoriques. Le passage veut être rapporté, ne serait-ce que pour entrer en balance avec tant d’autres où l’on est en droit de trouver une certaine timidité de jugement et un respect excessif pour les dogmes du péripatétisme. «Je vénère, dit-1l, en tout Île « reste, la science admirable et la pénétration d’Aristote: « mais, sur ce point, 1l s’est témérairement affranchi de « l'autorité des anciens philosophes, et, séduit par Île « désir d'innover, 1l a bouleversé et détruit cette divi- « sion des parties de l'âme mervetilleusement établie par € Platon. Il craignait sans doute que, s'il admettait avec « lui cette division, 1l ne fût obligé d’avouer qu'il y à «€ dans l’homme plusieurs âmes, et, par conséquent, plu- « sieurs êtres vivants. Mais s1 Platon s’est exposé à cette « conséquence, Aristote n’a pu éviter pour son compte de « faire une parte de l’âme immortelle, l’autre péris- « sable. Tous deux ont eu le tort, signalé par Thémistius, « de représenter l’âme non comme simple, mais comme « composée de parties !. » |

On ne saurait mieux dire. Fernel à bien mis en lumière le point faible de la doctrine d’Aristote, l’incertitude où elle laisse sur la véritable nature de l'âme, par la difficulté de concevoir une âme mi-partie immortelle, mi-partie périssable. Les commentateurs ont essayé de lever la difficulté, et de montrer que l'affirmation d'un centre unique, à la fois vital, sensitif, organique et intel-

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