FERNEL ET L'ASTROLOGIE
meilleurs esprits. Le moyen âge tout entier n'avait eu en fait de science d’autres maîtres que les Arabes, chez lesquels la médecine a toujours été subordonnée, ou du moins associée aux sciences occultes. La plupart des docteurs du xve et du xvi® siècles étaient des adorateurs superstitieux de l’arabisme. Le goût du mystérieux et du surnaturel dominait universellement, et Fernel lui-même ne s’en est pas absolument dégagé. Il à éerit tout un livre sur les causes occultes, où il s’est proposé de rechercher, d'après Hippocrate, ce qu'il y a de divin dans certaines maladies et dans leurs remèdes. Il admet parfaitement l'influence des corps célestes, de leurs mouvements et de leurs révolutions sur la vie et la santé des hommes. Il croit à l'existence d’esprits supra-terrestres, intermédiaires entre l'homme et Dieu, et dont l’action produit des effets inexplicables par les causes naturelles !. Ce qu'il condamne, c'est « l'astrologie judiciaire et génet- « liaque, qui, par l'inspection superstiteuse des astres, « forge des mensonges et de faux prodiges dont elle pré- « dit l’arrivée; qui, établissant des maisons célestes etdes « positions inventées à plhusir, trace l’horoscope de cha- « cun, et annonce sa bonne et sa mauvaise fortune * ». Loin de reprocher à Fernel de n'avoir pas professé, en plein xvi* siècle, la méthode rigoureuse des modernes, 1l faut au contraire lui savoir gré de son indépendance d'esprit en un temps où tous les princes avaient leur astrologue attitré, et où l'Eglise même, en poursuivant
1. Voir à ce sujet tout le second livre du De abditis rerum causis, et particulièrement le ch. xvr : &« Et morbos, et remedia quædam trans «naturam esse. » Fernel y expose que la présence des démons dans le corps de l’homme y produit les effets les plus extraordinaires, et qu'on peut, par des sortilèges, attirer le démon dans le corps de son ennemi. Il raconte longuement un cas de possession.
2, Plancy, Vie de Fernel, trad. Goulin.
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