Plancy, Vie de Fernel, trad. Goulin
NOUVEAUTÉ DE CES IDÉES Je
utopiste, ou pour un dangereux novateur, qui portail une main hardie sur de vieux et respectables usages. Elles ne contribuèrent certainement pas à lui attirer la sympathie d’un grand nombre de ses confrères, et nous comprenons, à travers les discrets sous-entendus de Plancy, l'animosité qu'il dut exciter !. En somme, 1l n'allait à rien moins quà introduire dans l’enseignement de la médecine des réformes analogues à celles que Rabelais et Montaigne voulaent appliquer à l'éducation des enfants. C'était la méthode scolastique de toutes parts battue en brèche ; elle ne devait pas céder aussi facilement. La médecine, avec son corps de docteurs s1 attaché à la tradition, et si difficilement accessible aux progrès, fut peut-être sa dernière citadelle. La pratique ne s introduisit que peu à peu et comme à regret dans l’enseisnement médical. Au xvr siècle encore, elle est dédaigneusement abandonnée à des auxiliaires inférieurs, les barbiers et les chirurgiens, et ce n'est qu'à une époque relativement récente que les réformes indiquées par Fernel ont eu leur entier accomplissement.
Il est un autre point sur lequel il se montrait résolument indépendant, et 1l y avait d'autant plus de mérite que, dans sa Jeunesse, 1l s’élait laissé séduire par l’astrologie. Ses premiers écrils en sont fortement imprégnés. Plus instruit, 11 la condamnait absolument, et regrettait de s'être autrefois occupé de cette prétendue science. C'est la preuve d'une grande liberté de jugement. Nous avons peine à nous figurer aujourd'hui l'empire que le merveilleux et le surnaturel exerçaient alors sur les
4. Plancy dit même : « Fernel n'était point agréable à la plupart des « médecins de la Faculté, il en était même haï. » Il est vrai qu'il en donne pour raison la méfiance de Fernel à l'égard des apothicaires et de ses confrères, qu'il ne voulait point initier à la composition de ses remèdes. 3