SON PORTRAIT
dans son art, et surtout d'un travailleur infatigable. Il faut voir dans la narration de Plancy à quels excès de travail 1l se livrait, ne consacrant que de courts instants aux repas, et quelques heures au sommeil. Longtemps avant les jansénistes, il pensait que l'homme a l'éternité tout entière pour se reposer. Son caractère paraît avoir élé grave, sévère et peu communicatif. Au point de vue physique, c'était un homme de haute taille et d’une forte constitution ; il avait le teint livide et plombé, comme toutes les personnes qui souffrent d’une affection du foie. Sa barbe et ses cheveux étaient noirs et touffus. « Ses « divers portraits, dit M. de Beauvillé, rendent bien cette € physionomie. Ils sont en assez grand nombre, et l’on « en compte jusqu à seize... A la rosace sud de la cathé- « drale de Beauvais, on distingue, assure-t-on, le por- « trait de Fernel, représenté sous les traits de l'apôtre « saint Luc » (ouvr. cité, p. 222).
APPENDICE
Testament de Fernel, extrait du livre des testaments de Saint-Jacques-de-la-Boucherie.
In nomine domini, amen. Du 23 apvril mil cinq cenq cinquante huit.
Maistre Jehan Fernel, conseiller et premier médecin du roy, a testé comme ensuit, et premier a recommandé son âme à Dieu, à la glorieuse vierge Marie mère de Dieu, à Monsieur Sainct-Michel archange, à Messieurs Sainct Jacques et Sainct Christophe ses patrons et à tous saincts et sainctes du paradis, veut toutes ses debtes être payées, et tous torts faits amendez, esley sa sépulture en l’église de Monsieur Saint- Jacques de la Boucherie, au plus près de feue Mademoiselle Tournebulle sa femme ; laisse à son curé et à tous vicaires de sainct Jacques chacun un escut davantaige que leurs droits; veust son convoy, service et funérailles estre faict en la forme et manière de sa dicte femme, ou mieux si faire se peult; laisse à chascun des quatre mendiens pour convoy et service dix livres.
Pour l’exécuteur de son dict testament M" Philibert Barjot son gendre, et M" Jean Tournebulle son beau-frère ; fait le jour et l'an que dessus, en présence de M" Julian le Pomier, docteur en médecine, et de maître Jacques Jamart prebtre vicaire dudict Sainct-Jacques, et frère Jean Barjot, religieux,
APPENDICE 43
par moi Noël Paillet prebtre curé de l'église parochiale de sainct Jacques de la boucherie, à Paris, l'an et jour dessus dicts avec paraphe.
Signé : J. Fernel, J. Jamart, P. Barjot, J. le Paulmier.
IT
Epitaphium.
Deo immortali opt. maximo ét Christo Jesu hominum salvatori sacrum.
Joanni Fernelio, Ambianensi, Henrici IT Galliarum regis Consiliario et primo medico nobiliss. atque optimo ; Reconditarum et penitus abditarum rerum Scrutatori et explicatori subtilissimo :
Multor. salutarium medicamentor. inventori :
Veræ germanæque medicinæ restitutori :
Summo ingenio exquisitaque doctrina mathematico : Omni in genere philosophiæ claro ; Omnibusque ingenuis artibus instructo :
Temperatissimis sanctissimisque moribus prædito ; Socero suo pientissimo Philibertus Barjotius Supplicum libellorum in regla magister, Magnique regis consilii præses, Affinitate gener Pietate filius Moœærens posuit.
Anno a Salute mortalibus restituta 1558, Obüt 26 Aprilis anno 1558 :
Vixit annos LII.
Fe re
"APPENDICE
L'épitaphe française était ainsi CONÇUE :
« Ci-gist le corps de noble homme et Sire M" Jehan Ferce 1 en son vivant docteur en médecine et premier médecin « du roy Henri If, qui trépassa le mardi 26 avril 1558, et « Demoiselle Magdeleine Tournebue, sa femme, qui trépassa
« le 10° jour d'Avril19S5 tetes
1. Comme le remarque Éloy (Dict. hist., art. Fernel), à cette époque, l’année ne commençait qu'à Pâques, et cette fête tombant cette annéelà le 10 avril, tout ce qui arriva entre ce jour et le mois de janvier précédent a dû être daté 1557, quoique ce fût 155$, suivant la manière de compter d'aujourd'hui (Cf. abbé Vilain, Essai sur la paroisse de Saint- Jacques-de-la-Boucherie, p. 179).