MORT DE FERNEL
d'un médecin passionné pour la science. S'il n'est pas toujours vrai de dire que c’est à leur mort qu'on connaît les hommes, cela fut vrai pour lui. Il ne cessa, dès le début de sa maladie, d’en étudier le caractère, d'observer les symptômes actuels et ceux qui avaient précédé, de constater la marche et les progrès du mal. Il recevait chaque jour la visite de grands personnages et de courtisans, empressés auprès d’un homme qu'ils savaient honoré de la faveur royale. Le roi lui-même lui faisait porter l'assurance la plus flatteuse de l’intérêt qu'il prenait à sa guérison. |
J'imagine que ces visites officielles devaient lui agréer infiniment moins que celles des médecins ses confrères. [1 discutait avec eux sur sa maladie, prescrivait, d'accord avec eux, les remèdes qu'il eût conseillés à d’autres, et tenait sur son propre cas de véritables consultations. Lorsqu'il reconnut que son cas était désespéré, 1l exprima en termes touchants son regret de quitter la vie. Il n’entrait dans ce regret aucune faiblesse. Il avait, disait-1l, atteint le lerme naturel de sa vie, assez vécu pour ses enfants !, pour sa femme, morte avant lui, mais pas assez pour les leltres et pour la médecine, en faveur desquelles il avait dédaigné tous les plaisirs, ses intérêts et sa santé même. Il déplorait surtout de n’avoir pu mettre la dernière main à sa Thérapeutique, qu'il laissait inachevée. Il léguait ses manuscrits à son ami Plancy, pour les compléter etles publier. Celui-c1 s’acquitta preusement de cette mission, et donna en 1567 une édition des œuvres de son maître, où la Thérapeutique complète paraissait pour la première fois.
Fernel laissait le souvenir d’un médecin consommé
1. Sa seconde fille, Madeleine, n'avait pourtant que dix ans,