‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 57 sur 345 · CI. Bernard, La science expérimentale, p · texte numérisé non relu

CI. Bernard, La science expérimentale, p

Q 3 c | 5 à , c a 60 CE QU'EST LA « PHYSIOLOGIE » DE FERNEL

D'après la définition qu'il en donne, elle a pour objet « la nature de l'homme sain, toutes ses forces el toutes « ses fonctions ». Or, la nature de l’homme n'est qu'un abrégé de la nature universelle. D'autre part, ses forces et ses fonctions ont une cause immatérielle. IL faut donc que la physiologie soit à la fois une philosophie naturelle et une psychologie !. Et de fait, 1l y a dans la Physiologie de Fernel beaucoup de métaphysique et de psychologie, et peu de physiologie, au sens que nous donnons à ce mot. Sur les sept livres dont elle se compose, cinq au moins sont consacrés à des spéculations qui n'ont aucun caractère scientifique. Ce sont les livres : II. Des éléments. — III. Des tempéraments*. — IV. Des esprits et de la chaleur innée. — V. Des facultés de l’âme. — VI. Des fonctions et des humeurs. Comme on le voit, c'est l'exposition complète et méthodique de ce que Riolan appellera plus tard : « Les choses naturelles. » Si l'on ajoute à ces cinq livres un certain nombre de passages épars dans les autres, et surtout un long traité, le De abditis rerum causts, dont nous aurons à nous occuper spécialement, on connaitra l'essentiel de la philosophie de Fernel. Elle est assez peu originale, el se compose pour la plus grande parue d'emprunts faits à lantiquité.

1. C'est ce qu'indique bien la définition que Riolan donne, d’après Galien, de la physiologie, définition parfaitement conforme au plan suivi par Fernel : « Physiologia est ars quæ hominis sani vel ægri con- « tinentia, contenta, et impellentia contemplatur : appello continentia « partes et eorumdem elementa, ex quorum mixtione emergunt tempera- « menta : contenta vero, humores : impellentia, spiritus et facultates : « facultas enim impellit, spirilus impulsionis minister est » (Riolan, Comment. de Elem., p. 2).

2, On verra parla suite que Fernel ne prend pas le mot de tempérament dans le même sens que les médecins modernes, et que, chez lui, le tempérament est une conception philosophique.

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