LA CIRCULATION DU SANG
« sunt ignorantiæ aut negligentiæ taxandi majores nostri «in re anatomica, si hodie in nostris corporibus pauca «€ quidam aliter appareant quam Hippocratis aut Galeni « tempore... Certum est partium internarum quarumdam « magnitudinem, numerum, figuram, situm mutata multis « esse regionibus, nec eadem nostris corporibus superesse, « quæ veteribus fuerant observata, etc.! » Ce n’est pas Galien qui s’est trompé, c’est le corps humain qui a changé depuis le temps où il écrivait ! Malgré Servet, malgré Vésale, malgré l'évidence, Riolan a vu de ses yeux que Ja cloison du cœur est percée ?.
Aussi, lorsqu'on constate l’excessive docilité de Fernel à l'égard de Galien, faut-il se rappeler les résistances obstinées que rencontrèrent encore bien longtemps après lui les découvertes qui tendaient à affaiblir ou à ruiner les théories du médecin grec. Rien n'est plus instructif à cet égard que l'histoire de la découverte de la cireulation du sang. Que Fernel n’en ait rien soupçonné, il n'y a pas lieu d'en être surpris, bien qu'il ait pu avoir connaissance du livre de Servet, paru en 1553, et où l'idée de la circulation est nettement indiquée. Son attachement au galénisme nous permet de croire qu'il n’y aurait vu qu'une extravagante hypothèse. Ce qui est sûr, c’est qu'il a fallu plus d’un siècle d'efforts, de polémiques et de luttes pour arriver à triompher de toutes les résistances. I faut voir, en plein xvn° siècle, les railleries dont Guy- Patin accable « les circulateurs ». Riolan, son ami et son modèle, fut un des adversaires les plus acharnés de la découverte qui allait transformer la physiologie. Ce fut