INFLUENCE EXCESSIVE DE GALIEN
En veut-on un exemple entre mille? Galien admet qu'il existe, dans la cloison qui sépare les deux ventricules du cœur, un orifice par où se fait Île mélange des aliments et de l'air. « Ce n’est pas une des moindres « curiosités de l’œuvre de Galien que la eroyance à cel « orifice fantastique, dit M. Richet. La cloison qui sépare « les deux ventricules n’est traversée par aucun pore, « elle n’a aucun trou, aucun orifice, et cependant, sur la « foi de Galien, jusqu'à Servet on admet l'existence de « ces pores. » « Mondini dit que la cloison est percée ; « Vassœus ou le Vasseur dit comme Mondini ; vingtautres « disent comme ces deux-là ! ; Béranger de Carpi le pre- « mier avoue que les trous ne sont pas bien visibles chez « l’homme*? (Flourens). » — Vésale lui-même dans sa première édition ne parle pas de l'imperforation de la cloison : ce n’est que dans la seconde, parue en 1555, deux ans après la publication du livre de Servet, Christianismi restitutio, et sans nommer ce dernier, qu'il a introduit un mot à ce sujet. Il faut arriver jusqu'à Servet, un hérétique, comme on sait, pour trouver quelqu'un qui ait la témérité de voir autrement que Galien. Et cependant, les autres étaient des anatomistes de mérite; ils avaient disséqué de nombreux cadavres, ils avaient dû voir que jamais la cloison interventriculaire n’est percée, el que la communication dont parle Galien est matériellement impossible. Aucun d’entre eux n'avait osé le dire. Sans doute pensaient-ils comme Riolan, qui écrit : « Non
1. Naturellement, parmi ces vingt se trouve Fernel : « Atque ex dextro « cordis sinu per communes eosque arctissimos aditus (spiritus) in « sinistrum sinum viam capessit et permeat » (Physiol., liv. &,-Cch#xt}
2, Richet, La découverte de la circulation du sang. Revue des Deux Mondes, 1°" juin 4879. Voir à ce sujel l'ouvrage de Flourens : His. de la découverte de la circulation.