LES CONSIDÉRATIONS TÉLÉOLOGIQUES
cipes arbitrairement posés des conséquences que rien ne confirme dans la pratique !.
La lecture du premier livre de sa Physiologie est instructive à cet égard. A la fin du chapitre 1, 1l annonce qu'il va procéder analytiquement et étudier la structure du corps humain avant de passer aux considérations abstraites. Or, voici la première phrase du chapitre 11 : « Chez tous « les êtres animés et particulièrement chez l'homme, le « Corps a été créé en vue de l'âme : il est pour elle non « seulement un séjour, mais encore un instrument appro- « prié dont elle se sert pour accomplir ses fonctions. » Dès le début, on à quitté le terrain des faits. Fernel ne s est fondé sur aucune observation, n’a apporté aucune preuve en faisant, au seuil même de son livre, cette profession de foi animiste. La subordination du corps à l’âme est pour lui un axiome qu'il est superflu de démontrer. Il est aisé de prévoir que les préférences philosophiques de l’auteur, ainsi nettement déclarées, vont exercer leur influence sur toutes ses études.
En effet, il ne se contente nulle part d'une description pure et simple ; il veut expliquer la raison d’être de toutes les parties du corps. À propos de chaque organe intervient l’idée de finalité. Et, comme il n’a pas cherché expérimentalement l'usage des parties, les considérations auxquelles 1l se livre sont souvent d’une puérihité que la gravité de son style fait encore mieux ressortir. Je n’en citerai que quelques exemples. Pourquoi l'homme a-t-il
1. Le mot d'analyse manque par lui-même de précision, et a été employé par Fernel en des sens assez différents : l'analyse, dit-il, « vel a toto et universo ad partes et singula ; vel a composito ad sim- « plicia; vel ab effectu ad causam, vel a posterioribus ad priora serie «deducens.…. » (Physiol., 1. 4, ch. 1h