LA FINALITÉ DANS FERNEL
avait formé « de prouver que les parties du corps sont s1 « bien construites, et dans un tel rapport de cause à elfet, « c'est-à-dire dans un rapport si exact avec les fonctions « qu’elles ont à remplir, qu'on ne saurait rien Imaginer « de mieux ! ». Certes, le principe était contestable et l'entreprise chimérique. Mais du moins, Galien n'avait écrit son livre Sur l'Utilité des parties qu'après avoir, dans d'autres traités, étudié les questions de détail. Ce fameux livre, tout important qu'il est pour la connaussance du galénisme, n’en reste pas moins un ouvrage isolé. Galien y a développé une théorie philosophique ; mais l'influence de cette théorie sur l'ensemble de sa doctrine est peu sensible, parce que, à part quelques grands ouvrages, il a écrit surtout des monographies assez courtes, qui ne se relient pas les unes aux autres F3 Fernel, au contraire, introduit les causes finales dans les premières pages de son livre et, comme il ne fait pas d'expériences, comme 1l s'en rapporte aveuglément à Galien, le lecteur s'étonne devant ces hypothèses et éprouve je ne sais quelle impression de malaise et de défiance. Si l'abus des explications verbales, des entités, des êtres de raison a été très justement reproché à Galien, combien est-il plus choquant chez Fernel, où tout cela
« Lion au principe. Dans le cas particulier, e’est-à-dire pour Galien, l'entre- « prise était encore plus dangereuse et plus vaine. » Les raisons en sont que Galien, n'ayant jamais disséqué d'hommes, a cherché « à expliquer « des fonctions humaines par des organes d'animaux qui n’y sont pas « propres »; que sa physiologie est radicalement fausse, qu'il lui manquait la notion du type dans la série animale, et qu'il n'avait qu'une connaissance vague de l'anatomie pathologique.