GALIEN ET FERNEL
se retrouve condensé en quelques pages, et dogmatique-
ment énoncé dès l’abord. D'après ce que nous savons de Galien, il est permis de croire qu'il ne donnait pas ses explications comme définitives: ce qui est sûr, c’est qu'elles lui servaient à rendre raison des faits parüculiers qu'il avait observés. Il avait induit et généralisé à tort, trompé par de fausses analogies ; il avait mal appliqué les procédés de la méthode, mais enfin la méthode était légitime, Elle consistait à observer une multitude de faits et à essayer d’y introduire l'ordre en les rattachant à un principe. Il n’a guère abouti qu'à des hypothèses, il est vrai : mais, chez Fernel, ces hypothèses hasardées sont devenues des articles de foi, auxquels 1l croit si fermement qu'1l ne donne aucune preuve à l'appui. L'existence des esprits animaux, vitaux et naturels, du calorique inné, de l’humide radical est admise sans discussion, sans défimition précise. L'auteur en parle avec l'assurance d'un homme qui se sent sur un terrain solide, où il n'y a place n1 pour un doute ni pour une contestation. Les trois âmes sont indiquées et même localisées avec précision, antérleurement à toute expérience !. En un mot, les théories se mêlent aux faits d’une façon si inextricable qu'il serait extrêmement difficile de les séparer.
Lorsqu'on réfléchit que, sur les sept livres dont se compose la Physiologie, ce premier livre est le seul dans lequel Fernel se soit tenu, malgré tout, près de la réalité matérielle, on voit dans quelles proporüons 1l faut réduire l'emploi qu'il a fait de la méthode analytique. Il n’y à
1. « Ttaque, interiorum corporis tres omnino factæ sunt reglones, « propriis quasi sepimentis obvallatæ : suprema in cerebro, sensus ratio- « nisque sedes ; media pectore comprehensa, spiritus ac vitæ domici- « lium : infima subter diahpragma et abdomen, naturæ altricumque par- € tium officina. » (J. Fern., Eysiolt 1: A4 Ch vr.)