SCÈNE IX
Les MÊMES, VAUBERNIER, il est très-agité*.
JULIETTE, courant à lui.
Mon oncle... (a Camille.) Tu vas voir...
VAUBERNIER, sans l'écouter.
C'est trop fort! c'est fait pour moi.
JULIETTE
Mon oncle, nous avons à vous parler.
VAUBERNIER
Ce Grivoisin!... un ami denfance que j'ai retiré du Rhône quand il avait douze ans... Péruvian, Gredinot et moi^ nous l'avons attendu une heure et demie pour notre domino à quatre!... (Avec iudignaiion.) et il n'est pas venu...
• Camille, JulieUe, Vauboniicr.
30 UN .^lÉNAGE EN VILLE.
JULIETTE^ lui prenant le bras.
Ah! à la fin, voulez-vous m'écouter, mon oncle?
VAUBERNIER
Gredinot lui a envoyé ses témoins! moi, j'ai refusé!... les témoins sont quelquefois obligés de... Péruvian aussi a refusé... un vieux soldat criblé de blessures... il sest dit ; Ce n'est pas la peine d'attraper encore... Péruvian!... (a Juliette.) Hein? quoi?... Qu'est-ce que tu me veux?
JULIETTE
Vous prendre pour arbitre entre nous deux^ mon oncle, sur un point Irès-délicat.
VAUBERNIER
Moi, je trouve que Gredinot a bien fait. JULIETTE, impatiente.
Mais laissez donc là votre Gredinot...
VAUBERNIER
Alors tu approuves Grivoisin*?... Elle approuve Grivoisin!... un homme que j'ai... je suis fâché de l'avoir retiré du Rhône... j'aurais dû, au contraire... (n fait le geste de l'enfoncer.) Ton Grivoisin!... Eh bien! quoi?., voilà une heure que je l'attends?
JULIETTE
Vous avez de l'expérience, vous connaissez la vie?... Eh bien, dans votre âme et conscience, répondez : pour qu'un homtne ose se periïiettre de parler d'amour à lu femme de son ami, pour qu'il ose tenter delà lui prendre? ne faut-il pas qu'il y ait une puissante raison?...
Une raison ? C'est-à-dire qu'il peut y en avoir trente-six.
CAMILLE
Ah!
'^ Camille, Vaubcinici, Juhcllr