‹ Un ménage en villeChapitre 33 sur 55 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LOUISE, avec un rayon d'espoir.

Qu'est-ce qu'il y a dans ta lettre ?

MARCEL, après un raouveraenl et d'une voix troublée. Tu... le verras.

LOUISE, frappée tout à coup et tremblante.

I Veux-tu que je te le dise, moi ?

MARCEL

Mais...

LOUISE

Il y a un adieu! un adieu éternel! Tu ne réponds pas? (Avec désespoir.) C'est cela! c'est cela! Oh! Marcel ! Marcel, ce n'est pas possible 1 (Elle descend.)

MARCEL*

Mais non... tu es folle.

LOUISE, éperûuo.

Non, je ne suis pas folle, tu veux me quitter! je le sens là... Ma pauvre petite Marceline!... Ah! tu vois bien... tu pleure?... parce que tu n'es pas méchant... pourquoi veux-tu me quitter? (Passant par degrés k la colère.) Oui, pourquoi, OU plutôt... pour qui? Est-ce pour cette jolie femme que j'ai vue un jour à ton bras?

MARCEL

Mais cette femme...

LOUISE

Oui, tu m'as dit que c'était la femme d'un ami ; mais je ne l'ai pas cru... Est-ce pour cette femme-là, dis, que tu veux?.o. Tu lui fais la cour? Tu l'aimes ! N'est-ce pas que tu l'aimes? Oh ! du reste, c'est toujours ainsi... On sacrifie sans remords la pauvre fille qui vous donnerait sa vie à la coquette qui se moque de vous.

MARCEL

D'abord, de qui parlez-vous?

• Louise, Marcel.

55 LN MKNAGJï EN VILLE.

LOUISE

De celle femme que vous aimez et qui ne vous aime pas.

MAHGEL.

Eh bien ! non, elle ne m'aime pas, c'est entendu.

LOUISE, se montant.

Non, elle ne vous aime pas et elle en aime un autre.

MARCEL

Louise, allez vous-en, vous allez dire des folies...

LOUISE

Ohl cette femme vous tient donc bien au cœur?

MARCEL

Je veux vous empêcher d'être méchanie.

LOUISE

J'ai dit la vérité.

MARCEL

Ah ! assez, je vous en prie.

LOUISE

Je dis ce que j'ai vu... cette femme, aux Tuileries, avec un jeune homme qui lui tenait la main et qui lui disait : je vous aime !

MARCEL

Vous mentez î

LOUISE

Monsieur Vaubernier! (Froidement.) Non, je ne mens pas... et la preuve, c'est que je sais le nom de cet homme... il s'appelle Ludovic d'Orilly.

MARCEL, s'oubliant.

Ludovic... oh! je le tuerai.

LOUISE, raillant et avec éclat.

Parce qu'il est son amaiil?

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