ACTE DEUXIÈME
LOUISE
Pourquoi? puisque votre oncle est parti et que la maison est vide.
MARCEL, très-ajîitp.
C'est égal, vous comprenez? je ne suis pas ici chez moi.
LOUISE, amèremont.
Avec cela que vous me recevriez chez vous?
MARCEL
Louise...
LOUISE
Voyons! mon ami, est-ce que cette vie de cachotteries, de mensonges, ne vous pèse pas comme à moi ?
MARCEL, d'un ton singulier.
Oh! si, je vous le jure, (il rmonte.)
LOUISE, à part.
Le même regard! le même son de voix qu'il y a un an ! encore! oh! maintenant j'ai le droit de parler, j'ai ma fille *.
M A h C E L. qui marche çà et là.
Vjoyons? que désirez-vous? que voulez-vous? car, en vérité, c'est du dernier ridicule de venir me relancer jusqu'ici.
LOUISE
Mais cependant... puisque vous me défendez de vous écrire et que vous ne m'écrivez pas.
MARCEL, troublé.
Je vous ai écrit... ce matin... ; ma lettre doit être chez vous à cette heure.
LOUISE
A Auteuil !
MARCEL
Non, à votre logement de Paris.
* Marcel, Louise.
56 UN MÉinAGE en VILLE.
LOUISE, doucement.
Pourquoi ne m'avoir pas écrit plus tôt... c'est mal.
MARGE F., d'un ton singulier.
Oui... j'ai eu tort, c'est vrai... (il touche machinalement les papiers et les livres.)
LOUISE, tristement.
Vous voudriez bien me voir loin, n'est-ce pas?
MARCEL
Il est certain qu'ici je ne suis pas tranquille... Tenez, voyez... j'ai la fièvre, (il lui donne sa main.) .
LOUISE, tout en la gardant.
Mais pourquoi l'avez- vous? ce ne peut être seulement la crainte que vous inspire M. Vaubernier qui vous met dans l'état où je vous vois.
MARCEL, retirant sa main.
Louise... est-ce que vous allez me faire une scène de jalousie à présent?
LOUISE
Non, non. (Avec chagrin.) 3Iaintenant que je vous ai vu... maintenant... que vous ne m'avez pas ftième embrassée... je m'en vais.
MARCEL, |lui remettant avec empressement Tombrello qu'elle avait déposée sur le canapé.
Cette ombrelle est à vous, je crois?
LOUISE, avec un sourire amer. Oui, merci; quand viendrez-vous à Auteuil?