SCÈNE IV
GilKNËVlÈRE seul, puis aussitôt VAUBERNIER.
CHENEVIÈRE
Il y a doubles portes... c'est bien 1... (D'un ton sombre.) On n'entendra pas les cris de la victime. (Vaubemier paraît, à part.) Voilà l'homme ! (Vaubemier entre gravement, il a son habit boutonné jusqu'en haut et son chapeau rabattu sur ses yeux *•)
VAUBERNIER
Ah! ah! vous vous êtes donc enfin décidé à donner signe de vie?.. . Depuis quatre jours que vous m'évitez ! . . . Mais vous voilà !. . . et vous n'aurez rien gagné pour attendre.
CHENEVIÈRE
Je ne vous évitais pas, mr>n oncle, je m'occupais activement de vos affaire? et des nôtres.
VAUBERNJER, avec une ironie glaciale.
Vraiment!... nous allons bien voir ce que vous avez imaginé... D'abord, arrangez-vous, mais j'ai bien et mûrement réfléchi sur tout ceci, et je vous en préviens! il ne sera pas dit que vous m'aurez fourré dans une pareille impasse et que vous ne me donnerez pas les moyens d'en sortir! (Après un moment de silence.) On n'a pas idée d'une chose pareille! Moi qui étais resté garçon pour être assuré de vivre toujours tranquille, à l'abri des tracas du ménage, de la famille, et vous venez comme cela, sans façon, sans crier gare!... m'affubler d'un... c'est incroyable, ma parole d'honneur ! (s' animant.) Me rendre responsable des œuvres de monsieur mon neveu!... sacrebleu!... quand on a signé de ces sortes de billets, on les paie.
CHENEVIÈRE, Irès-calme.
Eh bien oui... mais quand le premier souscripteur du billet est insolvable, vous savez, mon oncle, on a recours à l'endosseur...
* 'Vauberniei', Chcncvière.