‹ Un ménage en villeChapitre 50 sur 55 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

VAUBERNIER

Et... l'endosseur, c'est moi!... Vous fichez-vous du monde?

CHENEVIÈRE

Mais vous êtes excellent, mon oncle.

VAUBERNIER, se montant de plus en plus.

Vraiment?... vous croyez?... eh bien! vous êtes dans l'erreur!... et puisqu'il en est ainsi, je refuse ma signature. (Se promenant avec agitation.) Me faire passer pour un céladon, pour un séducteur ! je sais bien que si je voulais... tenez... mais je neveux pas. Tenez, je donnerais la moitié de mon bien pour que la diligence qui m'apportait d'Amiens mon neveu Marcel, eût versé dans la Somme, et pour que vous, personnellement, vous vous fussiez cassé le cou dans mon escalier^ le jour où vous le gravissiez pour me venir demander la main de ma nièce.

CHENEVrÈRE, froidement.

Voilà des vœux bien peu chrétiens, mon oncle.

VAUBERNIER

Hein?... eh bien, c'est possible; mais ce qui est certain, c'est que mon nom ne sera point mêlé dans tout cela.

CHENEVIÈRE

Mais il y sera mêlé quand même, mon oncle... et tout au long!... nom et prénoms.

VAUBERNIER

Vous faut-il de l'argent ? puisez dans mes coffres...

CHENEVIÈRE

Cela ne suffit pas... et la morale...

VAUBERNIER

La morale! Vous êtes avocat. Vous la retournerez, la morale.

CHENEVIÈRE

Ah ! mon oncle !

Enfin! enfin! arrangez- vous comme vous voudrez, mais laissezmoi tranquille.

CHENEVIÈRE

Après tout, vous avez raison... qu'ils s'arrangent! que cette femme et son enfant aillent au diable!... qu'une séparation ait lieu entre Camille et Marcel... et que Camille en meure! qu'est-ce que ça peut nous faire, je vous le demande?

VAUBERNIER

Tenez, Chenevière, il y a des moments où je vous étranglerais avec délices.

CHENEVIÈRE

Allez, mon oncle, je viendrai par dessus les autres, je grossirai le tas!

VAUBERNIER

Quel tas?

CHENEVIÈRE

Le tas de vos victimes; car, songez-y, tous ces malheurs-là seront votre ouvrage.

VAUBERNIER

Mon ouvrage ?

CHENEVIÈRE

Sansdoute... puisqueen vous refusantàce qu'on vous demande...

VAUBERNIER

D'abord, qu'est-ce qu'on me demande? de porter cet enfant à mon avoir?... mais c'est absurde!... ce n'est pas moi qui l'ai fait» cet enfant-là!

CHENEVIÈRE, lioidement.

OÙ serait le mérite, alors ?

VAUBERNIliK.

Jnouï! inouï! (l'ar it4lexiou.) D'abord, voulez-vous i|ue je voue

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