‹ Un ménage parisien, drame en deux actesChapitre 17 sur 38 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

LES MÊMES, MADEMOISELLE PRÉVAL , puis M. DERVILLY, CÉCILE, JULES *.

MADEMOISELLE PRÉVAL , dans la couHssc. Madame Dervilly... ma chère amie !..

MADAME DERVILLY.

Qu'entends-je ?

OLIVIER

Mademoiselle Préval î

' olivier, Jules, Cécile, rrcval,'niadamc Dervilly.

M. Dervilly, mademoiselle

Archives de la Ville de Bruxelles Archief van de Stad Brussel

MADEMOISELLE PRÉvAL entrant.

Madame Der... {apercevant Clémentine.) Ah I vous voilà... je vous cherchais!... Mon Dieu... je suis venue si vite. . Et vous qui ne m'avertissiez pas... qui me cachiez... à une amie... C'est bien mal... mais enfin .. je sais tout... je l'ai vu... il est arrivé...

MADAME DERVILLY.

Et qui donc ?

MADEMOISELLE PRÉVAL

Je ne vous l'ai pas dit?... monsieur Dervilly... votre mari...

Ciell

OLIVIER

C'est impossible I

MADEMOISELLE PRÉVAL

Un fort bel homme... Tenez, le voilà.

DERVILLY, à sa femme.

Oui, madame, c'est moi-même, dont l'arrivée un peu brusque a droit de vous surprendre... Je conçois votre émotion .. vous attendiez une lettre... mais j'ai préféré vous apporter moi-même la réponse... (à part, après avoir jeté un coup d'œil sur Olivier.) J'avais mes raisons... {haut.) Du reste, votre santé me paraît bonne, et je trouve Cécile bien embellie. . {regardant autour de lui) Eh I mais, je suis en pays de connaissance... Monsieur Delaunay, je crois?

OLIVIER

Monsieur...

DERVILLY.

Enchanté de vous rencontrer ( appuyant sur ces mots.) chez moi I {à part.) On ne m'avait pas trompé... {haut. ) La journée est heureuse , car voici un jeune homme... {montrant Jules. ) un compagnon de route, que j'ai revu avec le plus grand plaisir.

JULES, bas à Cécile.

C'est le voyageur dont je vous ai parlé... Quel bonheur que je ne lui aie pas cherché querelle I

DERVILLY.

Je n'en connais pas de plus obligeant; il a eu pour moi des égards...

JULES

Monsieur... (à part. ) Il a toujours l'air de se moquer.

DERVILLY, à sa femme.

Eh bien! ma chère amie... commencez-vous à vous remettre un peu?... Mais, pardon... en vérité, le plaisir que j'éprouve à vous revoir, à me retrouver en France , au milieu de ma famille, me trouble moi-même au point... Il me semble que je ne vous ai pas embrassée ? {s'approchanl d'elle.) Permettez...

MADAME DERVILLY, avec coutraint^.

Monsieur !..

( Il l'embiasse. )

MADEMOISELLE PRI^VAL

A la bonne heure !... ça fait plaisir à voir deux époux qui se retrouvent et s'embrassent... DERVILLY, à sa femme.

Vous paraissez avoir en madame...

{montrant mademoiselle Préval).

MADEMOISELLE PRÉVAL, ViVCmcnl.

Mademoiselle....

DERVILLY.

Une amie bien dévouée...

MADEMOISELLE PRÉVAL

Ohl j'en réponds... Depuis six mois que j'habite près d'elle, nous ne nous quittons plus.

Très bien ! Cette intimité vous honore l'une et l'autre. Mais veuillez m'excuser ; toute une nuit passée en diligence , des courses nombreuses à Paris m'ont horriblement fatigué.

MADEMOISELLE PRÉVAL

Nous vous laissons avec madame.

{Madame Dervilly saisit vivement une sonnette et sonne. )

MADEMOISELLE PRÉVAL

Bonsoir, chère amie I (d demi-voix.) Eh bien ! vous voilà heureuse maintenant; car je n'en doute pas, vos chagrins venaient de l'absence ; mais il est de retour, enfin; il revient, et ayec lui la joie et le bonheur. %

MADAME DERVILLY, à part.

Hélas!

DERVILLY.

Monsieur Delaunay, et vous {à Jules.), jeune homme, je ne vous retiens pas. A demain, ma chère Cécile, i^

CÉCILE, s'approchanl de tiervilly qui la baise au front.

Mon oncle î...

(Olivier, Jules , mademoiselle Préval et Cécile sortent

par le fond.) DERVILLY, à sa fcmmc et en lui offrant la main.

Vous retirez -vous, chère amie?

MADAME DERVILLY, retirant sa main

Monsieur, voici votre appartement. {Elle lui désigne la porte de droite. A Alexandrine qui entre avec un flambeau.) Alexandrine, conduisez monsieur, et veillez à ce que rien ne luii manque.

DERVILLY, froidement à sa femme.

De la rancune!... ah! c'est mal!.. Bonsoir, madame.

i II entre dans l'appartement de droite , précédé d'A

lexandrine qui porte un flambeau.)

MADAME DERVILLY, tombant dans un fauteuil la tête entre ses mains.

0 mon Dieu !

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