‹ Un ménage parisien, drame en deux actesChapitre 28 sur 38 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

MADAME DERVILLY, DERVILLY.

DERVILLY.

Eh bien ! madame... voilà qui est assez clair !.. J'avaisraison tantôt, ce me semble... et mes crain-

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tes n'étaient pas si mal fondées que vous 1<; croyiez , ou plutôt que vous paraissiez le croire...

MADAME DERVILLY.

Monsieur...

DERVILLY.

Me direz-vous encore que vous ne me comprenez pas?... Je pensais, en arrivant, n'avoir qu'un motif pour vous emmener en Amérique, je vois que j'en ai deux... et je conçois maintenant votre résignation et le goût que vous avez pris à la solitude... Que dis-je, le goût ?... c'est de la passion.

MADAME DERVILLY.

Monsieur... ce langage...

DERVILLY.

Est tout naturel. Comment donc?... une retraite où l'on reçoit des visites soir et matin., et quelles visites!... Hier, à mon arrivée, je vous trouve seule avec monsieur Olivier.. .aujourd'hui je rentre après une courte absence... encore monsieur Olivier !

MADAME DERVILLY.

Vous supposez?...

DERVILLY.

A quoi bon, quand les faits parlent ?

MADAME DERVILLY.

Encore une fois, j'ai, vous le savez, monsieur... j'ai avec monsieur Olivier des relation.s d'aflaires ; il s'est chargé de vendre la propriété que m'avait léguée une de mes parentes , de placer l'argent qui m'en est revenu, et dont je vous ai fait passer en Belgique la majeure partie. C'est d'ailleurs un honnête homme; je vous l'ai entendu dire souvent à vous-même.

DERVILLY.

Eh ! sans doute... un très honnête homme, un banquier plein de probité, à qui je confierais tout à l'heure encore un million... si je l'avais... Malheureusement je... Aussi je suis loin d'attaquer son honneur; je voudrais seulement qu'il ménageât mieux le mien... Or, sa présence ici...

MADAME DERVILLY.

C'est un ami généreux, sincère, qui s'intéresse beaucoup à Cécile et à monsieur Frémont, à leur mariage... qui à l'instant même me faisait à ce sujet des offres...

DERVILLY.

Et quelles offres vous faisait-il ?

MADAME DERVILLY.

Je lui parlais vaguement d'un obstacle qui pourrait retarder cette union, détruire leurs espérances; il cherchaitàle connaître, et soupçonnant peut-être nos embarras, dans le cas, disaitil, où ce serait d'argent qu'il s'agirait, où une somme quelconque serait nécessaire, il la mettait à notre di.sposition.

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