ACTE II, SCENE VIII
DmiviLLY, avec tronte.
Par amilié pour Cécile !... pour monsieur Jules!-
MADAME DERVILLY.
Oui, monsieur.
DERVILLY.
Laissez donc... L'amitié qui prête... chimère... conte d'autrefois... je n'y crois pas... je crois tout au plus à celle qui emprunte... Les amis, madame... Eh ! mon Dieu! je viens encore de les éprouver !... J'en ai vu deux à qui j'ai rendu les plus grands services autrefois... Comptez donc .sur la réciprocité!... Non, madame, vous vous trompez, ou vous voulez me tromper ; non , ce n'est pas l'amitié qui inspirait à monsieur Olivier ces offres si touchantes; c'est un sentiment plus tendre encore... Monsieur Olivier vous aime... je n'ai pas la prétention de vous l'apprendre...
MADAME DERVILLY.
Ah! monsieur!...
DERVILLY.
Il vous aime, et vous l'aimez aussi .. Je n'en veux pour preuve que la confiance qui règne entre vous, confiance dont j'aurais droit de me plaindre; car enlin, mes secrets m'appartiennent, et si je veux bien vous les dire, ce n'est pas une rai:-.on pour qu'un tiers...
MADAME DERVILLY.
Ei '^e une fois, monsieur, vous savez bien que monsieur Delaunay connaissait notre position.
DERVILLY.
Et il savait tout le parti qu'on pouvait en tirer. { Mouvement de madame Dervilly, ) Du reste, je connais vos principes ; je ne doute pas qu'ils ne vous aient protégée jusqu'à ce jour. Quoi qu'il en soit... si , par malheur , inexpérience des affaires, ou pour toute autre cause que l'on voudra, j'ai perdu ma fortune...
MADAME DERVILLY.
Et la mienne, monsieur.
DERVILLY.
Et la vôtre, madame... je le confesse et vous m'en voyez... doublement affligé!... Je n'ai plus rien, ou à peu près... mais si, voyant mon embarras... momentané .. si connaissant le prix que j'attache à la richesse, non pour ce qu'elle vaut en elle-même, mais parce qu'aujourd'hui l'or est tout en ce monde... qu'il est la source de toute considération... si, dis-je, sachant cela... on a pensé que je serais homme à me laisser éblouir par des offres comme celles que vous paraissez chargée de me faire , et que je consentirais à fermer les yeux sur une intrigue...
MADAME DERVILLY.
Ah! VOUS ne le croyez pas... non... et j'atteste...
Je VOUS ai déjà dit, madame, que je n'.ippri'-
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hende rien aujourd'hui, mais je craindrais tout pour l'avenir. Je puis être un spéculateur maladroit, mais un mari complaisant, jamais, madame.
MADAME DERVILLY, fondatil eu larmes.
Monsieur... ah! monsieur, c'en est trop... Ces soupçons odieux, ces outrages dont vous m'accablez...
DERVILLY.
Des larmes, des sanglots ne prouvent rien... Croyez-moi, songez plutôt que le temps presse, que nous devons partir. Le peu de succès de mes démarches va hâter encore le moment où nous devons quitter Paris...
MADEMOISELLE PRÉVAL, en deliOTS.
Dans le salon, dites- vous?
DERVILLY.
On vient, madame. (E/ie continue de pleurer.) Encore! Allons, je vous laisse; une femme qui pleure, c'est un orage qui passe.
( // rentre chez lui en saluant mademoiselle Préval, qui
parait au fond. )