SCÈNE XIII
MADAME DERVILLY, seule, se levant.
Monsieur!... monsieur!... {Elle va à la porte en chancelant.) Ecoutez, monsieur., ouvrezmoi... {Elle cherche à ouvrir la porte.) Mon Dieu! fermée... Ah! je ne puis... Monsieur!... {écoutant.) Ciell il s'éloigne, il part !... L'escalier qui conduit au jardin!... Ah! plus d'espoir... Et Olivier, comment a-t-il pu consentira... {La femme de chambre entre tenant une lettre à lamain.) Qui vient là?... que me veut-on?... Une lettre !... ( reconnaissant l'écriture. ) Ah ! {Elle prend vivement la lettre. ) donnez, donnez... Laissez-moi. {La domestique sort;madame Dervilly ouvre la lettre.) De lui!... Que me veut-il ? se justifier ? Ah 1 qu'il n'espère pas que je lui pardonne! {lisant.) «Madame, au moment où vous lirez cette lettre vous aurez appris déjà peut-être que, placé en face de celui par qui vous avez tant souffert, je n'ai pu maîtriser les sentiments que sa vue excitait en moi. Il vous accusait, madame... il me calomniait., pouvais-je me taire? » {s' interrompant) 11 le fallait pourtant. ( lisant. ) « Mais depuis, plus calme, j'ai envisagé toutes les conséquences de ce combat... Rassurez-vous, il n'aura pas lieu. « {s' interrompant.) 0 mon Dieu! merci! 11 a compris que, me venger ainsi, c'était me déshonorer {lisant.) « Je vais au rendez-vous, mais pour accepter toutes les conditions que mousieur Dervilly me dictera. Pour vous je renonce à ma vengeance, car je redoute moins le mépris de monsieur Dervilly qu'un seul de vos reproches. Adieu, madame, adieu pour toujours... Puisse ce dernier sacrifice mériter une place dans votre souvenir à l'infortuné qui ne vous oubliera jamais, et qui, après le bonheur de vous consacrer sa vie, ne regrette que celui de pouvoir mourir pour vous. » Ah! généreux Olivier!...