‹ Un message de paix [microforme]Chapitre 42 sur 46 · M. JULES TESSIER · texte numérisé non relu

M. JULES TESSIER

M. l'Orateur,

J'ai écouté l’hon. député de Wolfe faire ses commentaires sur la motion de l’hon. chef de l’Opposition. Il a eu la courtoisie d'apprécier en termes flatteurs le discours châtié de cet honorable monsieur. L’hon. député me per:uettra de lui faire les mêmes félicitations, car peu de députés posstdent l’art de bien dire à un degré aussi parfait que lui. Seulement, j'ai trouvé que son discours était guère en accord avec l’amendement qu'il a présenté.

Il a dit que l’hon. chef de l’Opposition remontait trop loin, dans un âge trop reculé, et que nous n’étions pas appelés à juger le passé. Cependant, il nous présente un ainendement qui écarte la motion principale, assume u 1e foule de faits contestés, et cortint un requisitoire contre d’ancicns ministre qui ne sont plus, et nous demande de rendre un jugement sur leurs actes.

Ces conclusions sont don: contraires aux prémisses posées par l’'hon.

député. Car nous ne sommes pas ici

pour faire des récriminations, mais nous désirons remplir une tâche plus utile en nous occupant de l’avenir.

L'hon. député de Wolfe semble encore donner raison au chef de l'Op.

position quand il admet que la province est dans une situation très difficile. Mais en franc conservateur, il dit qu’il est en faveur de la taxe directe, que c’est le seul moyen de gouverner. Comment peut-il faire coïncider ses idées avec celles de l’hon.

premier ministre qui, pendant les dernières élections, a parlé contre l’imposition des taxes, qui en a imposé depuis qu’il est au pouvoir et qui voudrait maintenant les abolir probablement pour le temps des élections seulement.

L’hon. député de Wolfe est contre la formation d’un comité conjoint. Il préfère nous inviter a passer dans les rangs des partisans du gouvernement,

M. l’Orateur, nous trouvons qu'il n'y a pas de place pour nous du côté du gouvernement. Ce que nous désirons, ce n’est pas une réunion de partisans politiques, c'est une réunions d'hommes indépendants, ayant des idées différentes qui tacheront de s’entendre sur certaines graudes lignes, et nous croyons qu'il

pourrait en résulter beaucoup de bien.

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Ea proprosition de l’hon chef de l'Opposition est exprimée en termes si modérés qu’elle devrait être acceptée par tüus les hommes de bonne volonté qui font partie de cette Chambre et mériter l'approbation de tons les électeurs soucieux de la prospérité de la province de Québec.

11 me semble qu'il est beau de voir un chef de parti prendre une position semblable. Il me sembie que nous devrions l’écouter quand il dit :

“ Faisons trève aux discussions de parti. Au lieu d'employer les arguments ordinaires où chaque homme politique se jette la pierre et se rejette la responsabilité de ce qui a été fait de mal depuis 25 ans, unissons-nous donc pour étudier ensemble la situation. Faisons connaître au peuple la position vraie, sans contradiction, appliquons ensemble le remède -qui est devenu nécessaire. ”

Le parti libéral ne désire pas de coalition au point de vue des intérêts personnels, ni au point de vue des portefeuilles. Non. Le chef de l’Opposition tend vers un but plus élevé. T1 veut que les deux partis aient un moment de recueillement, ‘ que nous ranimions la confiance publique en donnant la preuve que les deux partis sont prêts à oublier les querelles mesquines et à s’unir pour faire de grandes réformes dans l'intérêt de la province.

N'est-ce pas ainsi que doit agir toute grande institution financière ?

Les directeurs ne doivent-ils pas écouter attentivement les plaintes de tous les intéressés, ne doivent-ils pas seftiorcer de satisfaire la minorité avant que les causes de mécontentement soient répandues dans le public, soient grossies et ne nuisent au crédit de l'institution.

Il est logique de dire que les mêmes principes s'appliquent à l’adininistration des affaires d’une province.

Si le gouvernement veut bien accepter les conseils et l’aide de tous les hommes de bonne volonté, il lui sera plus facile d’effectue r les réformes qui lui seront suggérées. Il sera soutenu par l'opinion publique et par la presse,

De plus cette entente aura pour effet de relever le crédit de la province qui a été si ébranlé par les calomnies colporté:s par certains journaux de parti, comme par exemple, la Canadian G'azette de Londres, qui, à l’instigation de certains politiciens conservateurs, n’a cessé de déblatérer contre la province de Québec pendant la durée des négociations de l'emprunt Mercier.

Comme l’a dit l’honorable chef de l'opposition, cette proposition n’est pas nouvelle comme procédure et elle est basée sur d'importants précédents parlementaires.

Elle n’est pas per se une motion de non-confiance quoi que le gouvernement puisse la traiter comme telle.

Si le gouvernement persiste à faire appel à ses partisans en disant que c'est une motion de non-confiance, il remportera une victoire éphémère, mais ne réussira pas à satisfaire l’opinion publique qui est justement aiur.

mée. L’orgueil du premier ministre aura triomphé. Ce sera une victoire de parti au détriment de notre pays.

Un jour le peuple se souviendra que le gouvernement a refusé le concours de ses adversaires pour accomplir une œuvre qu’il n'aura pas la force d’accomplir seul. Il aura: raison de conclure que le parti au pouvoir ne veut pas faire les réformes radioales qui sont devenues nécessaires.

L'honorable chef de l’opposition à cité plusieurs précédents entre autres ia proposition Brown qui a été adoptée en 1864 par l’agsemblée Législative du Canada. Cette proposition fut reçue comme question libre, elle fut #dop.

tée, 1:s ministres se divisant, les uns votant pour et les autres contre. Le comité siégea à huis clos et tit le célèbre rapport qui servit de base au grand changement constitutionnel sanctionné par l'acte fédéral de 1867.

L’hon. M. Mercier tit une proposition à peu près semblable en 1881, et il faisait alors appel au patriotisme des membres des deux chambres, leur demandant de former un comité conjoint afin de bien constater si déjà, à

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