LOUIS H U ART
de la grisette , du médecin , du flâneur et de V étudiant, les premières qui parurent avec un succès de style et d’observation comiques. Il reçut un matin cette lettre datée du Charivari :
Monsieur, votre rédaction me plaît; venez ce soir avec votre nez, nous en causerons. On fera de la musique; et, daus les intermèdes, on discutera sur les pieds des Auvergnats, avec lesquels j’ai l’honneur d’être votre futur collaborateur.
Altaroche.
Dès ce jour Huart fît partie de ce charment journal, où, depuis 1838, il n’a cessé de collaborer et de combattre, avec une verve inépuisable de gaieté, les ridicules et la politique des temps passés. — Huart est de ceux qui irontfaire un tour à la postérité, — à moins qu'il ne s’arrête en route. — Mais je ne le pense pas, car il vient de fonder le théâtre des Folies-Nouvelles , où il compte bien perpétuer, dans les folies des autres, cette vieille gaieté gauloise dont il est un des plus fermes soutiens. — Huart est un aventurier de la plume et de la caricature. Il a écrit le texte des Cent et un Robert Macaire , types charmants qui ont fait sa réputation d’écrivain, remarqué déjà par sa Galerie de la presse et des beaux-arts, le Musée-Philippon , l'Almanach pour rire , V Almanach comique et Messieurs les Cosaques , illustrés par Cham. On lui attribue à tort la maladie des pommes de terre ; on
va jusqu’à dire que sa gaieté les aurait rendues malades de jalousie ; mais ce fait est trop grave, s'il était vrai, pour que je prenne sur moi de vouer Louis fluart à l’exécration des peuples et des maçons. — Voici son signalement: Il déteste les Jeux floraux et leur Clémence Isaure ; il porte un habit de première classe, un gilet splendide et un binocle en or. Il a un extérieur froid comme la Crimée. Observations hygiéniques. Ne causer avec lui sur les boulevards qu’en boutonnant son pardessus ; ne pas lui donner la main, si l’on ne veut pas attraper des engelures.