‹ Un million de bouffonneries, ou, Le blagorama françaisChapitre 1 sur 63 · OO · texte numérisé non relu

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SOCIÉTÉ nmm m tm msmû

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SÉANCE D*mAttiUBATIOII. ; • . • . <>

L'assemblée est des ptns ^çn^njs^ii* ^^. y remarque des médecins, des pharmaciens , des académiciens, des députés, des ministres, des philanthropes, des comédiens, des perruquiers , des banquiers, des curés, des chocolatiers , des épiciers, des Ràchel, des Dttprez , des Taglioni , au grand et a»

petit pied , des éditeurs, des journalistes , des directeurs de théâtre, des boulangers, des célèbre-Herz , etc., etc.

M. Kernen, propriétaire du Ba%ar Orient tal, président de la Société, occupe le fauteuil, et M. Crinoline-Oudinot , inventeur des sous-jupes-fromages, tient la plume en qualité de secrétaire et rédige le procèsverbal de la séance.

M. Kernen, président, prend la parole en ces termes : Messieurs , zé mé trouve infiniment flatté de l'honorable distincion que vous m'avez gratifié. Certainement , zé , «croisi maniée Je A|;iff avec assez d'habileté; ' msiis'lçw^k'owil ééiDieou mé euro, si parmi '' Vous il rfy êft*a*iÀs cinquante qui valent \ « mieux; ^uftjAJDi sous ce rapport. Bagasse! .-' l pid^é^vous m'avez nommé votre préside ^ dentwy. z*jkoepte^^t zé m'efforcerai de m'en V: J^^dVïcAïJia^. (frès-bieni très-bien!) " " " Mêsîiêurs , tfuoique ils aient pu dire les pîiysiolozistes, l'espèce huir. .*ie elle se partaze en dux classes bien distintes : les imbéciles et les zens d'esprit. C'est par un pur oubli que la Zénèse elle n'a pas ranzé les imbéciles parmi les bétes dé

fie BOOPFpNNIRieS. ^

somme que Diea il a données ài l'homme pour sa grande prospérité. Nous sommet venus rétifier celle omission. Nous avons conslilué les imbéciles nos tributaires à perpétuité: nous avons fait plus; nous avons cacé le zoug que nous leur imposons, et d'ux-mêmes ils sont venus lé démander. C'est là le comble de l'adresse. (Mouvement.) ^

Çacun de nous, messieurs, il doit établir ses titres dans cette Société. Ck)mme pré^ sident , il est zuste que ce soit moi que zé commence. Le tour des autres viendra en* suite ; et on décidera p^r, va ^scrutin» si ^ Tadmission elle doit èl^o^délinktve. (Ap^^' ' prouvé,)

Il y a deux manières , mesKie'irs . de gagner de l'arzent. Il faut espécuij^^Ur; la misère ou sur le luxe. Pour espôQukf sur la misère, ce n'est pas ^ini^>t&',:;^«On^sé nomme Bourdon et Ton se fait huissier, ou bien encovfiuon acète les reconnaissance» du Mon t-de- Piété. Mais la çose elle est plus délicate quand on vut espéculer sur la ricesse. Bagasse ! cela demande ré^ flession.

h ON MILLION

Quant à moi, après avoir longoement médité, zé mé suis liée au commerce des comestibles et zé mé suis attacé à m'y faire une clientèle en zénéral , parmi les reli' «ieux.Car ce sont ceux-là qn*ils aiment le« bons morceaux. (Rtrts.)

Ce point arrêté, il s*a2issait de rédizer le puff en conséquence ; ce n'était pas ezempt de difficulté. Z'ai compris qu*il fallait être passionné zu$qu*au ridicule , et que par ce moyen il me viendrait plus de monde. Les simples sympathiseraient avec mon style et mes comestibles ; et les malins, ^ 4\vé 3'aurai&aBUi%és, viendraient me voir

* ccinmf;«nê béiêi^iiriuse et ne s*en iraient •* pSis srfn^ atdfr'aCeté' comme les autres.

•*• . ^iy^meirt, messieurs, a zustifié mes • • pvévisiooi». La foule était si grande à ma /: m^s^qO^iacruç Rameau que z'ai été oblizé

* *d*étA>nr* de& ^ccursales. Dieu merci , cela va touzours bien , et les imt^ciles sont immortels. (Assentiment,) »£

Permettez-moi , messieurs , dé vous donner de«x ou trois espécimens des puffs que z*ai lancés dans le public, et auxquels zé

dois la prospérité dé mon établissement» (Ecùute% ! éeoute% î)

Voici un puff purement relizieux : « Vin DB NoÉ. Ce vin, inconnu dans la capitale, cousin-zermain ou plutôt Irëre dé celui de Constance, se récolte dans un petit hameau habité par quelques familles patriarcales qui lé cultÎYaientet lé buvaient, sans zamais avoir su en apprécier tout le mérite et sans autre ambition que celle de s'en faire des cadeaux à certaines époques de Tannée.

< Le cep qui lé produit remonte par le canal de la tradition à celui que planta Noé sur le mont Ararat , en Arménie , quand il sortit de l'arce. » (Hilarité générale que par^ tage M. Kemen.)

Une toix. Ah ! la bonne plaisanterie !

Une autre voix. Farceur de Kernen, va!

M. Kernen. Z'avoue que zé n*en ris touzours comme un fou quand zé mé relis , et zé mé déman ^; comment il se fait que lé public il soit ..^>sez bête pour donner dans une pareille farce.

Mais nlmporte ; zé serais pour ma part bien face qu'il eût de l'esprit.

Voici maintenant un puff différent :

« Miel aboxatique. Celui que les abeilles elles puisent dans le calice des flurs odorantes et suaves , et notamment dans celui de la blanche flur dé lys, qui, se reproduisant et se multipliant çaque année dans les vallées et sur les coteaux de la belle Provence, embellissent et parfument ses camps agrestes , qui doit nécessairement posséder un arôme qui lé rend supérieur à celui qui provient des flurs fades du Nord. >

« Cette nourriture safiSe , salutaire à l'en- ' fance, douce et bienfaisante pour l'àze mûr, possède toute la vertu au miel sauvaze si vanté , qui zadis soutenait , dans les grands 2ûnes et Tastinence, les anachorètes dans les déserts.

« Enfin , c*est ce môme miel dont la savur tenta le prince Zonatas de rompre le zûne que lé roi Saùl , son père, avait commandé ^ «ous peine de la vie.

« Gustans guslari paululum meWw, et ^cce murior. » à

De toutes parts. Ah! bravo! bravo!

parfait. 1

M. Kernen. Ze confesse que celui-là est J

DE BOUFFONNEIIIES. 7

assez drôle , et dé plus il est d*un effet infaillible.

N^en YOici an troisième qui est tout simplement culinaire. Avant de l'écrire , zé mé suis démandé s'il né conviendrait pas d'y mêler, comme aux autres , quelque petite farce d'historiette biblique; mais, toute réflession faite, pour varier, zé mé suis borné à y introduire un petit amphigouri et une LaiNilissade qui ont obtenu assez de succès. Le voici :

« Les Saucissons d'Arles, provision inouïe pour la ville , et indispensable pour la campagne , lorsqu'il se présente (Remarquer l'amphigouri,) un hôte inattendu , savoureux et zuteux. (Explosion de rires.) En les coupant en trances (Nouveaux rires )^ il parait sur çacune une zolie larme perlée. En renversant dans le fond d'un pot, sur un ligne d'huile d'olive , la partie entamée ( Faites attention à la Lapalissade,) , Ils restent tonzours frais et sans rancir zamais. »

Une longue interruption succède à cette lecture. Les assistants rient à en perdre haleine et se roulent sur leurs banquettes

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en se tenant les eôtes. M. Kernen, qui pendant ce temps-là est resté les yeux modestement baissés, parvient enfin à obtenir un demi-silence.

M. Kehnbn. Messieurs, voici un quatrième....

De toutes parts. Non l non ! assez pour aujourd'hui.

Quelques yoix. Vous voulez donc nous faire mourir de rire?

D'AUTEEs TOix. A dimaucbe procbain.

(Oui! oui!)

M. Keenen. Puisque vous lé voulez assolument , ze lève la séance.

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