oif uicciori
trois grands bonnets de la liberté de 1» presse. .. que dis-ze ? ces trois grands bétas de la publicité, ils ont fait faire à Gillot et ^moi l'ouvraze de Pénélope, trançons le mot. Us ont gâté nos Alpes en venant y déposer tout le long... leurs...
M. Bblleuil. Enfin, concluez- vous ?
M. Kbrnen. Oui, ze vais conclure; mais auparavant ze veux vous apprendre ce que vous ignorez.
Une toix. Quoi donc? grand Dieu !
M. Kbrnen. Vous ignorez que depuis Tannée dernière à pareil zour, quatre hommes et un caporal, Zirardeau, Féron (la bonne pftte), Burton (rancien) méditent une Saint- Barthélémy des zournaux ; qu'ils veulent mettre les annonces à feu et à sang; qu'en ce moment ils dépavent les rues de Tannonce ; que le peuple industriel s'inzurze ; queMagnin veut casser les vitres des petits zournaux et se faire nommer lieutenantzénéral des annonces. Qu'enfin ils ont fait paraître leurs fameuses ordonnances, et que dans deux zours ils vont donner le signal de la révolte et faire leur révolution de zuillet! les imprudents.!
DE BOUrPONKimBS. 137
M. GilxoT. La Maraeillaise !
M. Kbrnbn. Zune potiron ! Lu ne vois pas que ces quatre zournalicidesils criaient bien fort pour faire croire à quelque çose de ma* gnifique , et dans l'espérance que les nigdouilles ils se laisseraient prendre à leurs annonces anglaises. Tu ne te doutais pas qu'à l*aide de cette grande philanthropie, ils triplaient le prix des annonces de l'industrie et quadruplaient celui des annonces des cemins de fer ; et que ces quatre journalistes ils ont été punis par oti ils ont péçé. Va, moun pichoun, celui qui aura tué par l'annonce périra par Tannonce... Amen!
En ce moment M. Girardeau et les quatre fricotteurs de l'époque entrent dans la salie, le chapeau sur l'oreille.
M. Kbrnbn. Arrive, mon cer Zirardeau, te parlais de toi avec amour ; ze dizais que tu étais un fier entrepreneur d'annonces. {Marques d'étonnement.)
M. GiRARDBAU. Quoit VOUS partiez de moi avec éloges f
M. Kbrnen. Peux-tu en douter, mo» bisou. Ah ! que ne suis-ze naturaliste !
138 UN IIILLION
M. GiRARDBAU. Que feriez-¥oas si vous étiez naturaliste ?
M. Kernen. Ze te ferais empailler ! Mais heureusement z*ai un ami qui est fondeur.
M. GiRARDEAU. Et alors?
M. Kernen. Alors ze le prierai de te cou> ter en cuivre , en bronze, en or.
M. GiRARDEAU. Merci, vieillard; je me coulerai bien tout seul {Vive approbation.)
M. GiLLOT. La Marseillaise !
M. Kernen. Gillot, tu fais confusion. Z*ai annoncé dans la dernière séance que ceiieci serait les anniversaires de zuillet; ze n'ai pas voulu parler politique ; z*ai fait allusion aux trois glorieuses qui ont vu éclore la société %énirale des annonces des quatre particuliers ci-dessus. La parole est au pichoun Zirardeau, zérant de la société, Tannoncierà zet continu.
M. GiRARDEAU. J'accepte avec reconnaissance l'épithète d'annoncier à jet continu ; mais avant de parler en prose, j'éprouve le besoin de vous citer le sixain que j'ai composé sur les bords du Pô, lors de mon dernier voyage en Italie. Vous l'entendrez avec d'auUnt plus de plaisir qu'il
DE BOCFFONNERIBS. 1S9
m'a été inspiré par le Supereoquentieux, journal de M Féron.
M. Bbllbuil. Récitez ! récitet !
M GnARDBAu , avec émotion.
Je chante ce journal qni règne snr la Franee Et par droit de réclame et par droit de jactance. Dont toat l'art menreiileni est d'arrondir son bien , Cotant Tesprit d'antrui, vendant très cher le sien ; Prônant de ses clients telle ou telle industrie. An prix d*an franc ts la ligne gacsbrib
M. Kbrnbn. Tu es de plus en plus toqué, mon cer. Retourne sur le Pô, mon cer ; fais-y des vers; visite la belle Italie et dislui bien des çoses de ma part. La parole est à M. Yeuillet.
M. Ybuillet. Messieurs, l'autre jour dans un premier pâte-ferme, (Interruption.)
M. Kbrnbn. Qu'entends-tu par premier pAte-ferme ?
M. Ybuillbt. On désigne sous le titre Fremur-Paris l'article qui se place en tête des grands journaux. Or, comme mon Premier-Pariê relatif aux annonces anglaises était lourd, phteux, je le désigne sous le titre premier pâte-ferme. {Hires,)
HQ UN MILLION
Je continue donc. L'autre jour, pourl'anniversaire de la fondation de notre société annoncicide, jour fortuné de bonheur et de gloiie, où j'eus l'heureuse idée de créer une société de massacreurs, je pris mon teneur de livres par les épaules, je le poussai pour l'empêcher de reculer jusqu'à ce qu'il m'eût improvisé un rapport à nos actionnaires. Il s'insurgea d'abord, rétif de sa nature.
Marche ! tu n'as pas fait un pas pour reculer. 11 se décida en6n à faire des chiffres jusqu'à ce qu'il eût prouvé aux actionnai- . res qu'ils avaient gagné 7 1/3 0/0, les malheureux ! Ce brave teneur de livres semblait dire, en se conformant à Tordre itératif que je lui donnai « Je suis bien fâché d'avoir venu avec Gavet. > Enfin il se résolut à faire ce rapport que je couronnai en ajoutant ma prose d'extermination contre les journaux que je voudrais voir
à leur dernier soupir,
Moi seul en être cause et mourir de plaisir i
M. Kernbn. C'est donc une tuerie de zournaux que tu veux, moun pichoun ?
DB BOtJPPONNBRIES. 1/)1
M. Vecillet écumant.
Je Terrais des journaax les pages dégoûtantes Porter de leors aoteors les dépoailles sanglantes Que pas an seul instant Je ne tremblerais ptsi ..