‹ Un million de bouffonneries, ou, Le blagorama françaisChapitre 34 sur 63 · TRENTE-TROISIÈME SÉANCE · texte numérisé non relu

TRENTE-TROISIÈME SÉANCE

M. Kernen, de la cité Vindé, anrrWe à la séanee sous le costume d'un rédacteur du CùnsHMUmnel : ud chapeau malade omeson vieux fh>Dt et laisse voir çii et là quelques cheveuxqwi paraissent s'être voués au blanc.

M. Gillot, pbarmaeien, membre de plusieurs sociétés savantes eu général et de M. Kernen en particulier. Ta précédé de cinq minutes au fauteuil de la présidence, avec le dessein de prendre subrepticement la parole en Tabsence de son chef d'emploi.

M Kbrnbn, avec ambition :

Gilloi, descends da trÔDe, on ze vais y monter.

M. GiLLOT, avec fierté. Gilation pour citation : Viens le prendre!...

M. Kbrnbn, avec douceur. Voyons, moun pkhoun, rends-moi mon fauteuil, ou ze te traîne par les ceveux devant les tribunaux.

M. GiLLOT. Kernen, errare humanum est!. ..

M. Kernen. Est-ce pour ressembler à Zules Zanin que tu parles lalin, mounpiehoun?

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M. GiLLOT Pourquoi ne parlerai9-je pas latin comme lui, puisqu'il ne le parle pas mieux que moi?

M. Kkrnbn. Lou troun dé Diéou ! la preuve qa*il sait le latin, mon cer, c'est qu'il le traduit de deux manières différentes, suivant ses besoins. Ze me souviens qu'un lour, en parlant de l'ancien ministre Humann, il voulait dire : M. Humann est un hoiftme rare. Eh bien! il traduisit cette phrase par Errare humanum est! Un autre zour il avait besoin de prouver que le facteur de pianos Erard était un homme humain ; sans barguigner il se mit à dire en latin : Errare humanum est. (HUarUé.) Tu vois bien, mounpiehoun, que Zules Zanin il a touzours deux cordes à son arc quand il parle latin dans ses feuilletons. (Vive hilarité.) Maintenant , laisse-moi tranquille , l'ouvre la séance.

Un grand nombre de pufGstes entrent dans rhémicycle.

M. Kbrnbn. Bagasse! mes pichouns, en vous voyant entrer, ze sens que nous allons tous rigoler un tantinet. Grassot, esposenous la ço«ie.

DE BODPFDNNBRIESé 23^

Grassot. Oui, patiriarche du puff. Les mollusques ici présents, Je me iroBipe, les blagueurs qui viennent d'entrer veulent former une société en commandite pour Texploitation des mollusques acéphales à coquilles bivalves, tranchons le motr-pour l'exploitation des huitres en grand. — Ici, Messieurs, je me h&te de vous dire qu*il ne s'agit point des actionnaires (Rires.) Mais nous y viendrons. Voici l'annonce hilare qu'ils ont fait insérer dans les journaux éléphants :

COMPAGNIE DES PAKQIIKIIRS BHimiiS:

Capital Social: UN HILLIOW.

divisé en 90,000 Acnoifs.

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