QUARANTIÈME SÉANCE
M. Kbrnbn, directeur général des anchois de France, propriétaire du Baiar Oriental^ inventeur des saucissons d'Arles et rédacteur en chef et unique (en son genre) du journal du bon thon, y annexé, occupe le fauteuil, agite la sonnette, ouvre la séance et communique à rassemblée la lettre suivante :
« Messieurs,
« Attaché à l'imprimerie de M. Sylvain Bidot, j'ai vu leptf/jTdans toutes ses phases. Vous ne devez donc pas vous étonner si je lis avec un vif intérêt le compte-rendu de ^os délibérations hebdomadaires. Mais ce qui s'est passé à votre dernière séance m'a beaucoup surpris. Je puis vous ceriilier, eu
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na qualité de lypograpbe, que la missive que votre illustre eollègue, M. Crinoline- Ondinot, vous a envoyée de Pékin est une pure mystification ; il n'y a pas un mot de chinois dans cette lettre. Les signes étranges que ^ous avez pris pour du chinois se trouvent dans toutes les imprimeries fran- ^8e&; la manière baroque dont ils sont disposés a seule pu vous donner le change. Mais l'œil clairvoyant du typographe ne s*y irompera jamais. J*ai cru devoir tous donner -cet avis, messieurs , car 41 serait illcheui qu'une société de puffistes aussi distingués devint la dupe d'un fabricant de cols en crinoline.
• Agréez , messieurs . l'assurance de ma haute cimsidémcion ,
Prosper COQUILVIâ, « Typographe, chez Sylrain Bidot, »
M. DiBOLAFOT, agent matrimonial. Nous -sommes volés comme dans un bois.
M. LB DOCTEUR Bbllbuil Noussommes faits et refaits.
M . GiLLOT, pharmacien. Je demande la parole.
290 UN MILUON
M. Ladyocat. Nous sommes floués.
M. Kbrnbn. Troun de Diéou! Si M. Ladvocat il voulait modérer ses espressions! Nous De sommes pas ici au foyer de l'Opéra.
M . Blandin. Mais songez donc, Monsieurle président, que notre collègue Oudinot nous a indignement mystifiés.
M. DE Balzac. Cela ne m'étonne pas; un faiseur de cols.
M. Kernen. Bagasse!
M. GiLLOTf pharmacien. Je demande ia parole.
M. Kernen. Démandez touzours, cela ué mé zêne pas du tout... Messieurs, moi z'envizage cette affaire tout autrement; loin dé m'essaspérer contre M. Grinoline-Oudiuot, la lettre, plus ou moins sinoise, qu'il nous a écrite elle né fait qu'augmenter mon estime et mon admiration pour cecer collègue. {Sensation.) Sa lettre, datée de Pékin, n'est-elle pas un pfi/f cannant, et notre cer collègue n'a-t-il pas prouvé par là qu'il était plus que zamais digne d'appartenir k l'illustre Société des puffistes? (Silence d'approbation sur tous les bancs,) Voilà, messieurs, comme il faut envizager
la çose. M. Criooline-OuUioot il est un des^ plu$ brillaots ornements de notre Société , et au lieu de nous samaillur ici contre lui, prions plutôt le ciel qu'il le ramène bientôt parmi nous, et qu'il lui fasse couler des zours sans nuazes au sein dé sa patrie, dont il fait le çarme
M. Parc Poucet (qui avait dormi sur son hanc, se réveillant tout à coup). Heim? quoi ? qu'est-ce? N'a-t-on pas parlé de ciel sans nuazes? (Regardant le ciel). Le temps est magniûque. Messieurs, décidément Tivoli n* a plus que quelques semaines à vivre. Demain dimanche, grande fêle extraordinaire dédiée à la garde nationale. La foule y sera ; permettez-moi de vous offrir quelques billets. (Explosion d'hilarité.)
M. Kernen (riant). M. Parc Poucet il nous récite ses réclames. Nous sa von .> tout cela, mon ser coIUgue.
M. GiLLOT, pharmacien. Je demande la parole.
M. Kernen. Demandez touzours, cela né mé zone pas du tout. (Rires.) Messiurs, ze vous annonce que nous aurons pour la prossaine fois une réception pour le moins aussi
importante que celle dé notre illustre collègue Dalignon , graisse d*ours. Auzonrd*bui, nous n*avons plus rien à faire, et nous pouvons nous en aller. La séance elle est levée.
Le Poff en partie dooble.