‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 46 sur 59 · FÊTE DE LA COMPASSION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

FÊTE DE LA COMPASSION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE

Vendredi de la Passion.

La fête de la Compassion de la très Sainte Vierge, que l'Église célèbre le vendredi de la Passion, est la fête du martyre de Marie. Le saint vieillard Siméon avait prédit qu'un glaive de douleur traverserait le cœur aimant de cette auguste Mère. Dès ce moment, son âme n'a cessé d'être abreuvée de souffrances. Néanmoins, c'est au Calvaire que devait, surtout, se réaliser cette déchirante prédiction. Elle s'y accomplit, en effet, dans toute son étendue, lorsque, selon l'historien sacré, la plus parfaite des mères, vit son fils adorable attaché à la croix. Au expliquant les paroles de Siméon, saint Il rnard n'hésite pas a donner le nom de martyre, et plus que martyre à cette douloureuse mère. Eu effet,

durant la Passion, tout ce qui est capable de saisir et d'affliger son cœur se réunit dans le sien et en a fait le cœur le plus souffrant qui ait jamais été, après celui de son cher fils. Ce temps de souffrances a été le même pour Jésus et pour Marie.

Tous les disciples de Jésus, tous ceux qui l'avaient accompagné l'ont abandonné et se trouvent maintenant en fuite. Marie, seule, reste là, courageuse, inébranlable. Qui pourrait dire quels traits amers pénètrent alors dans son âme! Qui pourrait nous retracer toutes les atroces douleurs qu'elle a dû souffrir! Quel spectacle déchirant pour son cœur que celui d'un fils chéri cruellement outragé ! Que dut-elle éprouver dans son âme, lorsqu'elle vit ce Fils bien-aimé publiquement condamné, frappé de verges, insulté, bafoué, méprisé, couvert d'opprobres ! Quelles inexprimables angoisses, enfin, ne dut-elle pas ressentir dans son âme lorsqu'elle vit cette tête, qu'elle vénéra, couronnée d'épines ! Ce visage auguste, couvert de crachats ! Cette bouche divine, abreuvée de fiel et d'amertume! Ces mains, qu'elle avait pressées dans ses mains, ces pieds auxquels elle avait fait faire les premiers pas, percés d'énormes clous ! ! ! Il me semble l'entendre répéter comme Jérusalem désolée : « 0 vous tous qui passez, vous tous qui n'avez pas des entrailles de bronze, voyez s'il est une douleur semblable à la mienne! Ma force semble m'abandonner, mes yeux se sont couverts de ténèbres, et je suis abreuvée d'amertume! » Oh! oui, c'est bien là le cri d'une mère dont on immole le fils, dont on brise le cœur, dont on déchire les entrailles. L'Évangile nous montre

romt CI1AQUH IOUB ni: l'annti:

cetto mère désolée, debout an pied de la croix, écoutant avec une résignation égale ;\ sa douleur,

dernières paroles de Jésus-Christ, rabstitaant à place le disciple bien-aimé. — On peut Juger, dit saint Bernard, de la profonde douleur que Marie dut éprouver, en cette occasion, par le deuil de la nature entière, au moment de la mort du Sauveur. Le soleil s'obscurcit, toute la terre fut plongée dans l'obscurité d'une nuit affreuse, les rochers se fendirent, le voile du temple se déchira, les tombeaux s'ouvrirent, la terre trembla; en un mot tout l'univers fut dans l'agitation et dans le trouble. Si des créatures insensibles, qui ne pouvaient connaître ce qui se passait sur le Calvaire, en témoignèrent néanmoins tant de douleur, quelle dut être celle de Marie, si éclairée sur ce grand mystère, de Marie la plus aimante des créatures, la plus unie d'esprit et de cœur aux souffrances de Jésus-Christ. Aussi les saints Docteurs et l'Église l'appellent-ils la Reine des martyrs ; Reqina martyrum.

Réflexions pratiques.

Ne soyons pas les simples spectateurs des inénarrables douleurs de notre Mère. Son ineffable martyre doit produire en nous un sentiment de vive compassion pour ses douleurs. Souffrons comme elle, avec constance et résignation, les différentes épreuves de la vie ; mais n'oublions pas que c'est sur le Calvaire que Jésus nous donna à Marie pour être ses enfants. Dans ce moment, un sentiment maternel fut créé pour nous dans l'âme de Marie, et depuis, elle nous a toujours traités comme les enfants de sa douleur.

A Dieu ne plaise que nous affligions, par nos péchés, cette mère désolée, qui nous protège, nous aime et nous bénit chaque jour.

Plan de méditation.

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