‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 58 sur 59 · FÊTE DU SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS · texte numérisé non relu

FÊTE DU SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS

L'objet prochain et immédiat de la fête du Sacré- Cœur de Jésus, c'est Jésus-Christ lui-même considéré dans la plus précieuse portion de son humanité et dans cette immense charité dont son Cœur divin est le symbole naturel et le principe de tous les mystères de notre salut. Son Cœur physique et son amour pour les hommes ne sont que l'occasion ou le motif propre de son institution. L'Église, 1 en établissant la fête du Sacré-Cœur de Jésus, s'est proposé un double but : 1° d'honorer son Cœur matériel ou physique qui est le symbole de l'amour ; 2° son Cœur spirituel ou moral qui est son immense charité pour les hommes.

I. Et d'abord, elle veut honorer son Cœur matériel ou physique inséparablement uni au Verbe divin. Le cœur étant le siège des affections de l'âme, le principe des généreux dévouements, c'est-à-dire la portion la plus noble et la plus touchante de son humanité, n'est-il pas juste de lui rendre des hommages particuliers! A la vue du cœur d'un ami, d'un bienfaiteur, d'un père, une âme sensible ne peut s'empêcher d'éprouver les plus vifs sentiments d'amour, de tendresse et de reconnaissance. Quels doivent donc être nos sentiments à la vue du Cœur de Jésus, personnellement uni au Verbe divin, et formé par l'Esprit-Saint du plus pur sang d'une Vierge, pour être l'organe et le siège principal de toutes les affections du Verbe incarné ; de ce Cœur doué, tout à la fois, des plus précieux dons delà nature et des perfections mômes de la divinité? Y a-t-il dans toute la

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religion, un objet plus touchant et plus «aimable, un objet dont la simple vue nous rappelle, avec autant de force et de douceur, l'amour de Jésus-Christ envers nous, ses bienfaits, ses souffrances et toutes ses vertus divines? Ah! si l'Église rend un culte spécial aux instruments de la passion du Sauveur, aux épines dont il fut couronné, à la croix où il expira, à la lance dont il fut percé, combien plus plus devons-nous honorer le Cœur adorable de Jésus, la plus noble portion de son humanité?

L'Homme-Dieu ouvrant un jour sa poitrine sacrée à sa pieuse servante, du monastère de Paray-le- Monial : « Yoilà, lui dit-il, le Cœur qui a tant aimé les hommes. » L'objet matériel, sensible de notre culte est indiqué par le geste du Sauveur, et par les paroles qui l'accompagnent. Mais voici l'objet spirituel ou moral qui est la partie essentielle du culte rendu à ce Cœur divin, c'est l'amour de Jésus pour nous.

II. Voilà, dit Jésus-Christ, ce Cœur qui a tant aimé les hommes ! Remarquez bien ces mots : Tant aimé! Sans doute, ! Jésus a aimé les hommes, tous les hommes, puisqu'il est mort pour tous ! Mais jusqu'à quel point les a-t-il aimés? Qui pourrait le comprendre et surtout l'exprimer ! Pour nous en faire une idée, retraçons à notre souvenir quelques-uns de ses principaux bienfaits, rappelons - nous la crèche, la croix, l'autel, oui, l'autel, ce sacrement d'amour, au moyen duquel Jésus restera avec nous jusqu'à la fin des siècles, caché derrière les portes de son Tabernacle, méprisé par les uns, oublié et abandonné presque par tous. N'est-ce pas là un

Dieu qui aime infiniment? Et tout Dieu qu'il est, pouvait-il faire davantage? Ohl oui vraiment, il nous a aimés jusqu'à la fin, jusqu'à l'excès, jusqu'à l'épuisement, jusqu'à la folie de l'amour. Eh bien, toutes ces inventions de l'amour sont sorties du Cœur de Jésus. C'est son Cœur, dit Marguerite- Marie, qui a fait la crèche, la croix, l'autel ; qui a bâti l'Église, institué les sacrements ; c'est de son Cœur adorable que coulent sur nous la vie, le mouvement, l'intelligence, la grâce. « 0 Cœur sacré de mon Sauveur, s'écrie saint François de Sales, ô source du souverain amour, qui peut assez vous bénir? Qui vous rendra amour pour amour (1) ?

Le culte du Sacré-Cœur de Jésus est aussi ancien que le christianisme, il remonte au Calvaire, au jour où ce Cœur divin fut percé par le fer et la lance d'un barbare soldat. La première adoratrice de cet objet sacré fut la Mère du Sauveur ; depuis, cette dévotion fut le partage de certaines âmes d'élite, mais le culte public du Sacré-Cœur, consacré par des solennités, ne remonte qu'au dix-septième siècle. Le Sauveur l'a établi par l'intermédiaire d'une humble vierge nommée Marie-Marguerite. Un jour de l'Octave du Saint-Sacrement, c'était en 1G75. Jésus-Christ lui apparut, et lui découvrant son Cœur qui portait toujours la vive et large plaie du Calvaire : « Voilà, lui dit-il, le Cœur qui a tant aimé les hommes et qui en est si peu aimé ! » Il lui demanda ensuite qu'une fête particulière fût établie pour honorer son Cœur et lui rendre un culte d'amour et de

(l) L'abbé Berlioux.

réparation, et il promit les bénédictions les plus signalées à tous ceux qui embrasseraient et répandraient celte précieuse dévotion. La sainte religieuse déploya tout son zèle et sa brûlante charité pour conquérir des cœurs au Cœur de Jésus. Ses généreux efforts furent couronnés de succès : bientôt l'Église approuva l'office et la fête du Sacré-Cœur, et engagea tous les fidèles à puiser à pleines mains dans les inestimables trésors que la miséricorde infinie de Dieu venait de lui ouvrir. Cet appel fut entendu; l'incendie de l'amour divin se communiqua de proche en proche, gagna les paroisses, les diocèces, et aujourd'hui la dévotion au Sacré-Cœur, produit partout une magnifique floraison de foi, de piété et d'amour.

Réflexions pratiques.

Pour honorer le Cœur de Jésus, comme il le veut, nous devons l'invoquer avec confiance, l'imiter avec fidélité, l'aimer avec générosité.

I. L'invoquer avec confiance ; c'est le Cœur de l'ami le plus dévoué que nous puissions rencontrer;... c'est le Cœur d'un Dieu libéral, qui peut nous accorder tout ce qui nous est nécessaire.

II. Nous devons l'imiter avec fidélité. Il nous donne l'exemple de toutes les vertus ; efforçons-nous de marcher sur ces traces ; il nous donne des leçons d'humilité, de patience et de charité, mettons-les en pratique.

III. Nous devons aimer le Cœur de Jésus. Il s'est donné a nous sans réserve ; que demande-t-il en retour? L'offrande de notre cœur. « Mon fils, donne-

moi ton cœur. » Oserons-nous le lui refuser? Il est impossible que notre cœur ne se donne à quelqu'un, puisqu'il ne peut vivre sans aimer, ni aimer sans se donner ou se vendre. Or, si votre cœur est à vendre, qui peut mieux l'acheter que celui qui l'a fait? S'il est à donner, qui le mérite mieux que celui qui est son bonheur et sa fin? Donnons-le donc à Jésus, et prions-le de vouloir bien l'accepter aujourd'hui et le garder toujours.

Plan de méditation.

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus est légitime dans son objet, et est une conséquence immédiate des principes de la foi.

L'objet est le Cœur matériel de Jésus-Christ hypostatiquement uni à son âme et à sa divinité ; ,Cœur vivant et animé, inséparable de son corps glorieux; Cœur aimant, infiniment parfait et adorable.

Autre plan.

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