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I. Crime. — II, Malheurs. — III. Causes de l'impureté

SAINT SIMEON STYLITE, Confesseur 5 janvier.

Saint Siméon Stylite, le plus miraculeux de tous les saints, puisque sa vie entière ne fut qu'un long prodige, naquit à Sisan, humble bourg de la Cilicie, dans l'Asie Mineure. Son père était berger, et luimême passa les premières années de sa vie à garder des troupeaux.

Un dimanche, à l'église, âgé seulement de treize ans, il entendit ces paroles de l'Évangile : Bienheureux ceux qui plewent, parce qu'ils seront consolés . . Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils ver-

ront Dieu; après l'office il demanda à un bon vieillard comment il devait vivre pour pratiquer ces saintes paroles des Livres divins. Cet homme lui répondit qu'il fallait pour cela jeûner et prier, supporter la faim, la soif, la nudité, les outrages, ne prendre que peu de sommeil, renoncer à tout et souffrir la persécution sans se plaindre. Pénétré de ce qu'il venait d'entendre et embrasé du désir d'arriver à la perfection, Siméon partit à l'instant et se retira dans un désert, où il passa sept jours entiers sans boire ni manger, pleurant et priant sans relâche, la face prosternée contre terre. Il alla ensuite se jeter aux pieds d'un grand serviteur de Dieu, appelé Héliodore, abbé d'un monastère voisin, qui, touché de sa résolution et de ses larmes, le reçut au nombre de ses disciples.

A peine le jeune Siméon eut-il vécu quelques jours parmi ces fervents religieux qu'il les surpassa tous par les rigueurs de sa pénitence. Il ne mangeait qu'une fois par semaine et ses mortifications étaient telles que le supérieur l'engagea à quitter cette communauté, de peur que son exemple n'exaltât, outre mesure, les autres religieux et ne les entraînât à des austérités excessives.

Le Saint sortit donc du monastère de Téléda. Il y avait passé dix ans. Il se retira dans une cabane solitaire, où il entreprit d'imiter le jeûne rigoureux de Jésus-Christ. Il passa un carême entier sans manger. Le jour de Pâques il se trouvait à l'extrémité; mais un prêtre étant venu le communier, cette divine nourriture lui rendit toutes ses forces. Ce miracle lui persuada que le Ciel approuvait son abstinence,

et dès lors il prit la résolution de passer tous les ans le temps du Carême sans prendre aucune nourriture. Après avoir vécu trois ans dans son ermitage, voulant fuir entièrement le commerce des hommes, Siméon se retira sur le sommet d'une montagne; il y bâtit une cellule extrêmement étroite, et qui n'avait point de toit, en sorte qu'il demeurait nuit et jour exposé aux injures de l'air, et pour ne plus quitter cette cellule, il s'y fit attacher par le pied avec une grosse chaîne de fer. Saint Mélèce, évêque d'Antioche, attiré par le parfum que les vertus du solitaire répandaient autour de lui, vint le visiter. « Mon frère, lui dit-il, en voyant la chaîne de fer, les créatures privées de raison ont besoin de ces moyens matériels pour être subjugées. Mais pour vous, l'Esprit de Dieu doit suffire, sans autre lien, pour vous retenir sur ce rocher. » Frappé de cette réflexion, Siméon fit aussitôt rompre sa chaîne. — L'éclat de ses vertus rendit bientôt la montagne célèbre. Il s'y fit un concours prodigieux de pèlerins venus de tous pays, même des plus éloignés. Ce fut pour se délivrer de cette foule importune qu'il quitta sa hutte et imagina un genre de vie dont on n'avait pas encore d'exemple. L'an 423, il fit faire une colonne de neuf pieds de haut, sur laquelle il vécut quatre ans. Il en fit élever ensuite une de douze coudées, puis une troisième de vingt-deux. Il demeura seize ans tant sur l'une que sur l'autre. Les vingtdeux dernières années de sa vie, il les passa sur une quatrième colonne haute de quarante coudées. C'est de là que lui a été donné le surnom de Stylite, mot qui en grec signifie colonne.

POUR CHAQUE JOUR DE L'ANNÉE oo

Un genre de vie si extraordinaire devint bientôt l'objet de la censure publique : on lui donnait pour principe la vanité ou au moins l'extravagance. Les évêques et les abbés du voisinage crurent qu'il fallait s'assurer des dispositions intérieures du Saint avant que de le condamner; ainsi leur avis fut qu'on lui enverrait un député pour lui intimer l'ordre de descendre de sa colonne. Quand le messager fut arrivé : « Vos supérieurs, lui dit-il, vous commandent de descendre et de rentrer dans la vie commune. » L'humble Siméon, sans réflexion, sans hésitation aucune, se mit en devoir de descendre et d'obéir : « C'est assez, lui cria le député; c'est assez, restez maintenant, vos dispositions sont connues. Continuez à suivre la volonté de Dieu et à correspondre fidèlement à votre vocation. »

Dieu se plut à honorer son serviteur par un grand nombre de prodiges et par des conversions innombrables attachées à l'onction des discours qu'il adressait à ses visiteurs. — Un jour, le chef d'une tribu vint implorer le Saint en faveur d'un jeune homme de sa suite qu'une paralysie soudaine avait atteint en route. Le solitaire se le fit amener : « Crois-tu au Père, au Fils et au Saint-Esprit? lui demanda-t-il. — J'y crois, répondit le paralytique. — Eh bien, reprit Siméon, au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit, lève-toi, prends le chef de ta tribu sur les épaules, et porte-le sous les tentes. » — Le jeune homme exécuta fidèlement cet ordre, quoique son fardeau ne fût pas des plus légers, et tous les assis-, tants bénirent le Dieu des chrétiens.

Un autre habitant du désert, entraîné par cette

ardeur que donne la grâce du baptême nouvellement reçue, avait promis au Stylite de ne plus manger de viande. Un jour cependant, succombant à la tentation, il apprêta un oiseau pour son repas. Il allait compléter la violation de son vœu, lorsque, par une miséricordieuse disposition de la Providence, et à sa grande surprise, la chair délicate du petit animal lui parut aussi dure que la pierre. Comprenant ce que signifiait le prodige, il courut porter au Saint l'objet de sa convoitise coupable, et obtint le pardon de sa faute.

Chaque jour, après les nombreux miracles qu'il opérait, il disait à ceux qui avaient ressenti les effets de sa charité : Si l'on vous demande qui vous a guéris, dites que c'est Dieu, et ne parlez point du pécheur Siméon.

Il mourut vers l'an 460. Son corps, porté à Antioche, fut l'occasion de beaucoup de miracles. L'empereur Léon le demanda aux habitants de cette ville ; mais pour réponse, ils lui envoyèrent une lettre ainsi conçue : « Notre ville n'ayant point de murailles, nous avons placé au milieu de nous le très saint corps de Siméon, afin qu'il nous tienne lieu de fortifications et de défense. » L'empereur déféra à ces raisons et laissa les citoyens d'Antioche en possession de leur trésor.

Réflexions pratiques.

Saint Siméon Stylite a été du nombre de ces justes qui veulent rester humbles et ignorés du monde pour placer sûrement dans le Ciel tous les trésors de leur cœur. Il avait compris la vanité de toutes les choses d'ici-bas ; aussi s'est-il efforcé de ne chercher, en ce

monde, que le royaume de Dieu et sa justice. Persuadé que la prière, les veilles, le jeûne, les larmes, la patience et la pureté du cœur sont la voie qui y conduit; il se dérobe aux poursuites d'un monde perfide et trompeur et va s'ensevelir pendant trentesept ans dans la profondeur du désert.

La fuite du monde, voilà l'un des premiers moyens employés par les Saints pour arriver à la perfection. Voilà celui que nous devons mettre en usage nousmêmes. La solitude, voilà ce qui nous rapproche de Dieu, et nous ne la supportons pas ! La solitude forme les grandes âmes, et elle nous fait peur ! C'est que nous aimons le monde aux dépens de l'amour que Dieu seul mérite. Nous aimons le monde que les Saints fuyaient, voilà pourquoi nous sommes si légers, si tentés, si passionnés, si pleins de vices, si pauvres de vertus, si esclaves de nos sens, si insensibles pour Dieu. Ah ! si nous ne voulons pas, à l'exemple de saint Siméon et des autres saints, quitter entièrement le monde pour vivre dans la solitude, sachons du moins nous arracher aux compagnies dangereuses du siècle pour donner quelques instants à Dieu dans la retraite de notre cœur. Là il nous parlera, nous éclairera et nous communiquera, avec la science du salut, la grâce de l'opérer sûrement.

Plan de méditation.

I. Deux voies de sanctification : 1° voie ordinaire; 2° voie singulière et extraordinaire.

II. Motifs de la voie extraordinaire. Dieu autorise quelquefois les singularités de cette vie : 1° pour

montrer la puissance de sa grâce ; 2° pour étonner le monde et le confondre ; 3° pour faire éclater la grandeur et l'héroïsme de la sainteté.

L'EPIPHANIE § janvier.

La fête de l'Epiphanie, c'est-à-dire de la manifestation de Jésus-Christ, fut d'abord confondue avec celle de Noël sous le nom de Théophanie qui signifie manifestation de Dieu, mais, dès le milieu du quatrième siècle, elle en fut complètement distincte et séparée.

Le 6 janvier, l'Église célèbre une triple manifestation de Jésus-Christ qui, selon une tradition, se serait accomplie le même jour quoique à des époques différentes. L'Epiphanie avait donc un triple objet : 1° la manifestation delà divinité de Jésus-Christ aux Mages par l'étoile mystérieuse qui les conduisit à l'étable de Bethléem ; 2° la manifestation de cette même divinité aux Juifs pendant son baptême. Alors, le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d'une colombe, et une voix céleste déclara hautement qu'il était le Fils bien-aimé du Très-Haut ; 3° la manifestation de sa puissance à ses disciples, aux noces de Cana, quand il changea l'eau en vin.

Quoique ces trois mystères soient en même temps l'objet de cette fête, la manifestation de Jésus-Christ aux Mages et la vocation des Gentils à la foi font le

principal objet de l'office de la messe et de la solennité de ce jour.

Les Mages qui les premiers vinrent, après les bergers, adorer l'Enfant-Dieu dans l'étable, étaient des hommes remarquables par leurs qualités, leurs talents et surtout leurs connaissances astronomiques. D'après une tradition ancienne, ces Mages, au nombre de trois, étaient rois dans leur pays. Ayant aperçu dans les airs une étoile extraordinaire et d'une lumière éclatante, ils furent saisis d'étonnement, et se rappelant la prophétie de Balaam : Une étoile sortira de Jacob, ils comprirent que ce nouvel astre annonçait la naissance d'un nouveau roi. Aussitôt, dociles à la grâce qui agissait sur leur cœur, ils se mirent en route sous la conduite de l'étoile qui marchait devant eux, et dirigeait leurs pas à travers des pays inconnus jusqu'à Jérusalem. Arrivés dans cette grande ville, leur guide les ayant abandonnés, ils interrogèrent disant : « Où est le nouveau roi des Juifs ? Car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus l'adorer. » Hérode et toute la ville de Jérusalem furent extrêmement troublés par cette question. Le roi rassembla aussitôt les prêtres et les docteurs, et s'informa d'eux où devait naître le Christ. Ayant appris que, suivant les prophéties, le Messie devait naître à Bethléem, il appela les Mages, s'enquit auprès d'eux du temps où l'étoile leur avait apparu, et les envoya à Bethléem en leur disant: « Allez, informez-vous de l'enfant, et lorsque vous l'aurez trouvé, faites-le moi savoir, afin que j'aille moi-même l'adorer. » Les Mages transportés de joie reprennent leur route. A peine sont-ils

sortis de Jérusalem, que l'étoile reparaît, et de nouveau dirige leurs pas. L'ayant vue s'arrêter sur le lieu où était l'Enfant, ils y entrent, tombent à ses pieds et adorent le Messie nouveau-né ; puis, ouvrant leurs trésors, lui offrent de l'or, de l'encens et de la myrrhe : de l'or pour honorer sa royauté ; de l'encens pour reconnaître sa divinité, de la myrrhe pour rendre hommage à son humanité.

Après avoir satisfait à leur piété, les Mages, avertis en songe de ne pas reparaître devant Hérode, s'en retournèrent dans leur pays par un autre chemin. On raconte qu'ils furent plus tard baptisés par saint Thomas dans la Perse et qu'ils prêchèrent avec lui l'Évangile. Leurs têtes sont renfermées dans un riche reliquaire à Cologne où on les honore sous les noms de Melchior, Balthazar et Gaspard.

Réflexions pratiques.

La fête de l'Epiphanie nous dit qu'il faut correspondre aux inspirations de Dieu : 1° par égard pour cette Majesté infinie, qui daigne nous visiter et nous parler ; 2° par esprit de reconnaissance, puisque c'est pour notre bien que Dieu nous inspire ; 3° parce que les inspirations sont des grâces que Jésus-Christ ne nous a pas moins méritées que les autres, et que les mépriser, ce serait dédaigner un des fruits de ses souffrances et de sa mort ; 4° parce que les inspirations se donnent par mesure, et qu'on ne sait laquelle mettra le comble ; parce que dans le nombre, il y en a qui peuvent être décisives du salut, et qu'on ne saurait les distinguer ; la plus petite qu'on négligerait peut même être un anneau qui inter-

rompe la chaîne, et empêche d'arriver au dernier, qui serait la consommation du salut.

On néglige vos inspirations , ô Dieu ! Dans quel aveuglement j'ai été moi-même à cet égard.

Les Mages m'apprennent comment je dois répondre aux inspirations divines: 1° promptement : Vidimus et Venimus : Nous avons vu et nous sommes venus. La seule considération que je puisse me permettre, est d'examiner si l'inspiration vient de Dieu ; et elle n'en vient pas si je crois prudemment qu'il y aurait plus d'inconvénient à la suivre que d'avantages ; 2° avec allégresse : Videntes stellam gavisi sunt gaudio magno : Ayant vu l'étoile, ils furent remplis d'une grande joie. Si nous sommes heureux d'entendre une voix amie, à combien plus forte raison devons-nous l'être, lorsque cette voix est celle de Dieu ; 3° enfin, avec courage ; ne comptant pour rien les obstacles, lorsqu'il s'agit d'aller à Dieu. — Combien ici j'ai à examiner, à regretter, à résoudre ! Aidez-moi, mon Dieu ! à être désormais plus fidèle à vos saintes inspirations.

Plan de méditation.

Nous devons offrir à Jésus-Christ avec les Mages : 1° l'or de la charité ; 2° l'encens de la prière ; 3° la myrrhe de la mortification.

Autre plan.

I. Conduite des Mages : 1° à l'apparition de l'étoile ; 2° à sa disparition ; 3° aux pieds de la crèche ; 4° à leur retour.

II. Imitation des Mages : 1° docilité à la voix de la grâce ; 2° affections aux choses du salut; 3° offrande. — Renoncement au péché.

SAINT LUCIEN, Prêtre et Martyr

Saint Lucien était de Samosate en Syrie. Ses parents aussi riches que fervents chrétiens eurent soin de l'élever dans la piété, mais il eut le malheur de les perdre à l'âge de douze ans. Les semences de vertu qu'ils avaient jetées dans son cœur ne demeurèrent pas stériles, car, à peine devenu orphelin, il vendit son patrimoine et en donna le prix aux pauvres pour imiter plus parfaitement le dénûment de Jésus-Christ. Libre alors des liens du monde, il embrassa la vie ascétique, joignant la pratique des conseils à celle des préceptes de l'Évangile. Il renonça même aux sciences profanes, à la philosophie et à l'éloquence, où il aurait pu briller avec tant d'éclat, pour se consacrer tout entier à l'étude de la religion et des saintes Écritures.

Devenu prêtre par obéissance, il ne s'occupa plus qu'à porter les autres à la vertu par ses discours et par ses exemples. Persuadé qu'un prêtre est redevable à l'Église de l'emploi de ses talents, il établit à Antioche une école où il expliquait les principes de la religion et les difficultés de l'Écriture sainte. Il donna ensuite une nouvelle édition des Livres

saints, en corrigeant toutes les fautes qui s'étaient glissées dans le texte de l'Ancien et du Nouveau Testament, soit par l'inexactitude des copistes, soit par la perfidie des hérétiques. Cette nouvelle édition mérita une estime universelle et fut d'un grand service à saint Jérôme.

L'empereur Maximin qui persécutait les fidèles, ayant entendu parler de lui, donna ordre de le faire prisonnier. Le Saint se cacha avec ses disciples, mais ils furent trahis et découverts par un prêtre hérétique dont il avait combattu les erreurs. Il fut près de neuf ans dans les prisons, mais ce temps ne fut point perdu. 11 écrivit de son cachot plusieurs lettres aux habitants d'Antioche, pour les consoler et les raffermir dans la religion. Lorsqu'il parut devant le juge il confessa généreusement la foi et osa môme présenter une apologie très savante de la religion chrétienne.

Maximin qui avait une haute idée de Lucien, essaya de le gagner par la douceur et les promesses les plus séduisantes. Mais comme tous ces moyens furent inutiles, il entra en fureur et ne garda plus de ménagements. Il le fit éprouver par les dents des bêtes féroces, par les roues, parles chevalets, et par le feu ; chaque épreuve fut pour le Saint une victoire et chaque victoire un miracle. Un seul de ces prodiges aurait suffi pour désarmer et convertir le tyran si les tyrans se laissaient convaincre par des miracles. Celui-ci honteux de tant de défaites, et voyant avec quelle constance Lucien se moquait de, ses supplices, s'efforça d'en trouver un qui fût en même temps lent et cruel. Il eut d'abord recours à

l'insomnie, en forçant le saint confesseur à se coucher tout nu et tout couvert de plaies sur des morceaux de pots cassés, dont il avait hérissé sa prison. Ensuite il appela à son aide la faim, plus cruelle encore. Quand on eut laissé le martyr plusieurs jours sans nourriture, on apporta, pour irriter son appétit, les mets les plus délicats, mais qui avaient été consacrés aux idoles. Le Saint ne regarda qu'avec mépris cette nourriture des démons.

L'empereur de nouveau et toujours vaincu voulut en finir. Il fit comparaître Lucien à son tribunal pour subir un dernier interrogatoire : « Votre nom, lui demanda-t-il ? — Je suis chrétien. — Votre famille? — Je suis chrétien. — Votre patrie? — Je suis chrétien. » Le prince exaspéré le fit encore jeter en prison.

La veille de sa mort plusieurs fidèles, ayant obtenu la permission de le visiter, reçurent avec ses adieux ses dernières volontés. Tous auraient voulu communier une dernière fois de sa main. Mais comment faire ! point de temple, point d'autel, pas même une table pour consacrer. Lui-même avait les membres tellement meurtris et brisés qu'il ne pouvait se tenir debout. Il trouva un moyen qui remédiait à tout. L'amour ingénieux qu'il avait pour son Dieu lui inspira de se faire soutenir par ses disciples et de consacrer Jésus-Christ sur sa poitrine. Il fut ainsi le temple, le prêtre, l'autel et la victime de ce Dieu pour lequel il consomma son martyre l'an 317. Il fut égorgé secrètement dans sa prison.

Réflexions pratiques.

Saint Lucien au milieu de ses tourments ne répondait que ces trois paroles : « Je suis chrétien, » c'està-dire serviteur, enfant de Dieu, frère de Jésus- Christ. Nous aussi nous sommes chrétiens. En faisons-nous les œuvres? En accomplissons-nous les promesses? En remplissons-nous les obligations? Si nous disions à des idolâtres que nous sommes chrétiens, ne seraient-ils, pas en droit de nous dire que nous sommes des menteurs? — Nous avons renoncé au monde, à Satan, à ses pompes et à ses œuvres ; pourquoi donc écoutons-nous encore le monde? Pourquoi parlons-nous son langage? Pourquoi faisons-nous les œuvres de Satan? Combien nous sommes coupables ! Pardonnez-nous, Seigneur, et bénissez la résolution où nous sommes de ne plus perdre de vue les obligations de notre baptême. Nous les renouvelons ici dans toute la sincérité de notre cœur et avec la volonté la plus ferme de les garder inviolablement.

Plan de méditation.

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