‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'annéeChapitre 11 sur 65 · II. Combien il y a peu de chrétiens qui le tiennent · texte numérisé non relu

II. Combien il y a peu de chrétiens qui le tiennent

SAINT TITE, Évêque, Disciple de saint Paul

Saint Tite naquit de parents idolâtres : saint Paul l'engendra en Notre-Seigneur Jésus-Christ par la connaissance des mystères et la réception des sacrements de notre sainte religion. C'est ce qu'indique le grand apôtre lui-même lorsqu'il l'appelle son fils. La sainteté de Tite jeta un tel éclat sur le berceau de l'Église, que saint Paul le choisit pour être son disciple et le coopérateur de ses travaux. En plusieurs endroits de ses écrits, le maître loue le disciple : il le représente comme un homme brûlant de zèle pour le salut des âmes. Et lorsqu'il parle des consolations qu'il trouvait dans sa fidélité, il emploie les expressions les plus tendres; il va jusqu'à dire qu'étant venu à Troade pour les intérêts de l'Évangile, il n'eut point Yesprit en repos, parce qu'il n'y trouva point ce frère chéri. Quelque temps après, allant en Macédoine, il exprime en ces termes sa tendresse pour lui : « Celui qui console les humbles, Dieu, nous a consolés par l'arrivée de Tite. »

Devenu prêtre, l'an 51 de Jésus-Christ, Tite suivit saint Paul à Jérusalem, et assista avec lui au premier concile que tinrent les apôtres pour terminer le différend survenu au sujet des observances légales. Vers la fin de l'année 56, saint Paul envoya son disciple d'Ephèse à Corinthe avec plein pouvoir de remédier à plusieurs sujets de scandale et de mettre fin aux divisions qui troublaient l'Église de cette

ville. Il y fut reçu avec les plus vives démonstrations de respect, et tous les fidèles s'empressèrent de lui procurer toutes sortes, de secours. Mais en vrai disciple du grand apôtre, il ne voulut rien recevoir, pas même ce qui était nécessaire aux plus indispensables besoins. Son arrivée produisit de très heureux effets. Les coupables se repentirent et rentrèrent dans le devoir. Sa tendresse pour les Corinthiens était extraordinaire : il se chargea de solliciter, en leur nom, la grâce de l'incestueux excommunié par saint Paul. Les affaires de l'Église de Corinthe étant remises en bon état, il alla rejoindre son maître auquel il rendit compte du succès de son voyage. Quelque temps après, il fut renvoyé une seconde fois dans la même ville pour y faire recueillir des aumônes destinées aux pauvres de Jérusalem. Lorsque saint Paul fut sorti de prison et qu'il eut obtenu la liberté de quitter Rome, il ne pensa plus qu'à retourner en Orient. En passant dans l'île de Crète, il ordonna Tite évêque de toute l'île et le chargea du soin d'achever l'ouvrage qu'il avait si heureusement commencé.

Ce fut vers l'automne de l'année 64 que saint Paul adressa à Tite l'épître qui fait partie de nos Livres sacrés. Dans cette immortelle lettre, le grand apôtre lui détaille tous les devoirs du prêtre et de l'évêque, et nous pouvons dire que cette lettre de saint Paul est la peinture fidèle des vertus de son bien-aimé disciple : la science, la sainteté, le zèle, la fermeté, la charité, la douceur, enfin tous les caractères du prêtre et de l'évêque parfaits, saint Tite les a reproduits dans sa vie.

Saint Paul ne put se passer longtemps d'un compagnon tel que notre Saint ; c'est pour cela qu'il lui manda de venir le trouver à Nicopolis, en Épire, où il se proposait de passer l'hiver. L'année suivante, c'est-à-dire en 65, saint Paul envoya son disciple prêcher l'Évangile en Dalmatie. Quelque temps après, Tite retourna en Crète où il mourut dans un âge fort avancé après avoir saintement gouverné son Église et répandu les lumières de la foi dans les îles voisines. On ne possède aujourd'hui de ses précieux restes, que son chef déposé dans l'église de Saint- Marc à Venise.

Réflexions pratiques.

Le chrétien sur la terre à constamment devant lui la vie et la mort, le bien et le mal. Pour faire l'un et éviter l'autre il est obligé de lutter. Telle fut la vie de saint Tite. Docile à la voix de Dieu qui l'appelle, il reçoit le baptême malgré ses parents qu'il quitte pour suivre Jésus-Christ. Il écoute les leçons de son maître avec une docilité parfaite... Et nous, enrôlés dans la milice du Dieu-Sauveur par le baptême, avons-nous toujours été fidèles à la grâce de notre vocation? Écoutons-nous avec docilité et accomplissons-nous à la lettre les leçons de ceux qui ont reçu du Ciel mission de nous instruire et de nous conduire au salut éternel ?

Mais ce n'est pas assez pour saint Tite d'aimer et de servir Dieu ; il veut communiquer ce feu divin à tous ses frères et en embraser tous les cœurs. Tout brûlant de zèle pour la propagation de l'Évangile, il déploie autant d'ardeur que son grand maître. Aussi

que de villes, que de provinces n'a-t-il pas converties !

Chacun de nous a une mission à remplir. Nous devons, il est vrai, nous occuper sans cesse de notre propre sanctification ; mais cela ne suffit pas. Si nous sommes animés par la charité, nous devons, par de sages conseils, par de douces remontrances, par de bons exemples, gagner des âmes à Dieu... Où est notre zèle à cet égard? Ne nous faisons-nous pas à ce sujet de graves illusions ?

Plan de méditation.

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