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SAINTE CATHERINE DE SUEDE

24 mars.

Sainte Catherine vint au monde l'an 1330, en Suède. Elle était fille de la célèbre sainte Brigitte et d'Ulphon, prince de Néricie. Cette bienheureuse enfant suça la piété avec le lait maternel; aussi l'amour de Dieu sembla-t-il prévenir en elle l'usage de la raison. Le plus grand plaisir qu'on pût lui procurer était de lui apprendre à prier le Seigneur. Ses parents, qui avaient découvert dans leur fille de si grandes dispositions pour la piété, l'envoyèrent, à l'âge de sept ans, au monastère de Risberg, pour y être élevée dans la pratique des vertus chrétiennes. On rapporte qu'à cette époque, s'étant un jour

amusée à jouer avec ses compagnes dans un moment où son devoir l'appelait ailleurs, elle en fut rigoureument reprise la nuit en songe; et fondant en larmes à son réveil, elle en conçut une douleur si vive que, pour punir cette légère faute, elle s'interdit pour toujours toutes sortes de jeux et ne viola jamais sa promesse.

Devenue grande, sa beauté, son esprit, sa noblesse, la firent rechercher par les plus grands seigneurs, et le prince son père, sans consulter ses inclinations, la promit en mariage à un des plus grands personnages de Suède. Catherine, dont la haute vertu aspirait à devenir l'épouse de Jésus, fit en vain ses représentations ; on n'y eut pas égard. Pleine de confiance en la Reine des Vierges, elle obéit; mais le jour des noces, elle sut peindre avec tant d'éloquence les délices de la virginité à son vertueux époux, que tous deux ils s'engagèrent d'un mutuel consentement à vivre comme frère et sœur. Un acte si héroïque attira sur eux les plus précieuses faveurs du Ciel. Dieu répandit dans leurs cœurs cette onction céleste qui rend toujours le joug du Seigneur aussi doux que léger. N'ayant plus que les mêmes inclinations et les mêmes désirs, ils s'excitaient mutuellement à la prière, à la mortification et à la pratique des œuvres de charité. Catherine retrancha dès lors de ses habits tout ce qui sentait encore la vanité et le luxe du monde. Tant de modestie et une réforme si chrétienne dans une personne de cette qualité et si jeune, excita d'abord des railleries, mais elle finit par gagner tous les cœurs et par inspirer le même esprit à bon nombre de dames.

Après la mort de son père, sainte Brigitte, sa mère, voulut visiter Rome et les tombeaux des Apôtres; la Ville sainte lui fit oublier la Suède. Il y avait près de cinq ans qu'elle y habitait, lorsque Catherine conçut le projet d'aller, avec le consentement de son mari, rejoindre sa mère. Elle arriva heureusement à Rome au mois d'août de l'an 1348. Après avoir visité les églises, les hôpitaux et les innombrables merveilles de Rome, Catherine songeait à retourner en Suède, mais sur les instances de sa mère elle prolongea son séjour dans la ville éternelle. Sur ces entrefaites son époux mourut. La sainte veuve, qui n'avait que dix-neuf ans, se vit exposée aux poursuites de plusieurs jeunes seigneurs désireux de l'épouser. Le refus qu'elle en fit inspira à quelquesuns la résolution de l'enlever de force. Un certain comte, entre autres, posta des gens armés un jour qu'elle devait aller à la messe avec sa mère dans une église de Saint-Sébastien. Mais par une disposition particulière de Dieu, il se trouva un embarras dans la rue, qui lui donna le temps de se réfugier dans une maison voisine. Ce danger la rendit encore plus attentive qu'auparavant. Elle se livra entièrement à la retraite et au silence, passant ses jours dans l'oraison, dans les jeûnes et les austérités, ne quittant la prière que pour le travail, et le travail que pour instruire les pauvres et leur distribuer des aumônes.

Les entretiens de Catherine avec sa pieuse mère roulaient souvent sur la passion de Jésus-Christ; elle en était si attendrie, que la vue seule d'un crucifix la faisait fondre en larmes. Les deux saintes

crurent qu'il manquerait quelque chose à leurs exercices de dévotion tant qu'elles n'auraient pas fait le voyage de Jérusalem, pour vénérer les lieux consacrés par les souffrances du Fils de Dieu. Brigitte ne tarda pas d'y tomber malade. Comme elle désirait mourir à Rome, les deux pèlerines se rembarquèrent et dès leur arrivée, la fille eut à fermer les yeux de sa mère. Cinq semaines après, Catherine retourna en Suède, et se retira dans le monastère de Watzen, dont elle mourut abbesse, le 22 mars 1381. Durant les vingt-cinq dernières années de sa vie, elle ne passa aucun jour sans se puFifier, par le sacrement de pénitence, de ces fautes de fragilité qui échappent aux plus justes. Pendant sa dernière maladie, la faiblesse de son estomac ne lui permettant pas de recevoir l'Eucharistie, elle se la fit apporter seulement pour l'adorer avant de mourir. Ce fut en sa divine présence, que renouvelant avec plus de dévotion ses actes de foi, d'espérance de contrition et d'amour, elle rendit son âme à son Créateur, la veille de l'Annonciation de la Sainte Vierge, âgée de quaranteneuf ans.

Les exemples de vertus sont plus efficaces sur la conduite des enfants que les belles leçons de morale lorsque celles-ci sont surtout en permanente contradiction avec les actes des parents. Nous en avons des preuves saisissantes dans la vie que nous venons de lire. Pourquoi sainte Catherine de Suède a-t-elle été si pieuse pendant toute sa vie? Parce que son père et surtout sa mère lui avaient donné l'exemple

de toutes les vertus. — De nos jours, nous entendons souvent de justes plaintes sortir de la bouche des parents contre leurs enfants. La cause de leur désolation se trouve dans leur coupable insouciance, dans leur meurtrière négligence à leur donner de bons exemples. Ils veulent être chrétiens en théorie et sans religion en pratique. Ils disent à leurs enfants d'aimer et de servir Dieu et eux s'affranchissent du joug de son service. Que cette conduite est funeste l N'est-elle pas la vôtre? Parents chrétiens, corroborez vos enseignements par vos bons exemples et ils produiront des fruits de vertu.

Plan de méditation.

I. Conduite admirable de sainte Catherine durant son enfance, son mariage et sa viduité.

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