I. Courage de saint Basile devant l'apostat Pégase
II. Constance durant son martyre et hardiesse dans son langage à l'empereur.
SAINT LIBERAT, Médecin, Martyr et ses Compagnons
22 mars.
Saint Libérât, habile médecin, était de Carthage. Il vivait vers la fin du cinquième siècle. Sa vie était si chrétienne qu'on le regardait comme le père des pauvres et que chacun louait sa piété et son zèle. Il fut arrêté ainsi que sa femme, par les ordres d'Hunéric, roi des Vandales en Afrique. Ce prince fortement attaché à l'arianisme et plus cruel que tous ses devanciers avait décrété que tous les enfants
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seraient enlevés à leurs parents pour être élevés dans l'arianisme. Libérât eut la douleur de se voir arracher deux de ses fils qu'il aimait tendrement. Ce qui déchirait le plus son âme, dans cette triste circonstance, c'était la crainte de les voir céder aux caresses et aux menaces du persécuteur. Sa femme, témoin d'un si grand chagrin, lui dit : « Cher époux, ne vous inquiétez donc plus de vos enfants. Jésus- Christ, en haine duquel on nous les enlève, en prendra soin lui-même et ne permettra pas qu'ils cèdent à l'inhumanité du tyran. N'entendez-vous pas qu'ils crient de toutes leurs forces : Nous sommes chrétiens. »
Libérât, rassuré par le courage de sa magnanime épouse, fut tranquille et ne pensa plus qu'à se préparer lui-même au sacrifice auquel il était destiné. On les mit tous deux en prison, mais séparément, de peur qu'ils ne s'animassent naturellement à la constance. Les ariens crurent que la femme céderait plus tôt, parce qu'ils ignoraient qu'avec la grâce de Dieu les personnes les plus faibles deviennent fortes et invincibles. Ils allèrent donc la trouver, et pour la surprendre ils lui dirent : « Cessez d'être opiniâtre ; votre mari a obéi aux ordres du roi, il s'est fait arien et a abjuré la foi chrétienne. — Faites que je le voie, répondit-elle, et après cela je verrai ce que j'aurai à faire. » On la tira de la prison pour la mener au tribunal où elle devait être interrogée ainsi que son mari. Dès qu'elle l'aperçut elle alla à lui : « Se peut-il faire, malheureux apostat, lui dit-elle, que vous ayez été- assez lâche et assez impie pour avoir renié votre Dieu? Quoi! pour un
peu de satisfaction temporelle vous voulez périr éternellement ! A quoi vous serviront vos richesses? seront-elles jamais capables de vous délivrer du feu de l'enfer? «Elle continuait ces reproches fondant en larmes, lorsque saint Libérât se doutant de la fourberie des hérétiques, lui dit : « Rassurez-vous, mon épouse, je suis toujours catholique par la grâce de Jésus-Christ. Ces glorieuses chaînes dont j'ai l'honneur d'être chargé sont un témoignage de ma foi que j'espère conserver jusqu'à la mort. »
Saint Libérât et sa femme, ayant glorifié la foi chrétienne devant le tyran, furent condamnés à perdre la vie dans les plus cruels supplices avec plusieurs autres généreux confesseurs de Jésus-Christ qui étaient dans la même prison.
Un historien de cette barbare persécution raconte le martyre d'un jeune enfant de sept ans. Cette innocente victime fut arrachée des bras de sa mère et, lorsque les bourreaux le violentaient il criait : Je suis chrétien, je suis chrétien. Dans la même circonstance, on arrêta douze enfants de chœur que la cruauté des tyrans ne put ébranler. Ils moururent au milieu des plus horribles tourments.
Réflexions pratiques.
Quelle magnanimité admirable dans le martyre de saint Libérât! Quel courage héroïque dans son incomparable épouse l'exhortant à tout braver pour donner sa vie à Jésus-Christ! La tendresse qu'ils -ont pour leurs enfants les touche, mais l'amour qu'ils ont pour Dieu les fait triompher de l'amour le plus légitime et le plus naturel. Quelle leçon pour
les faibles parents qui sacrifient l'amour de Dieu à une fausse tendresse pour leurs enfants ! Quel enseignement pour ces lâches chrétiens que le joug de la religion effraye et que la loi de la pénitence fait reculer ! N'ai-je pas besoin moi-même de ces leçons? — Mon Dieu ! Que mes œuvres sont souvent en désaccord avec ma foi !
Plan de méditation.
I. Excellence du martyre : 1° il est un titre de gloire ; 2° un gage de salut.
II. Héroïsme du martyre de saint Libérât : 1° sa constance dans sa foi ; 2° sa patience dans les tourments.