‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'annéeChapitre 45 sur 65 · II. Patience admirable des martyrs · texte numérisé non relu

II. Patience admirable des martyrs

SAINT SIMON, jeune Enfant, Martyr 27 mars.

Les Juifs de Trente, ville du Tyrol, s'étant assemblés dans leur synagogue, le mardi de la semaine sainte de l'année 1472, pour délibérer sur les préparatifs de leur pâque qui tombait le jeudi suivant, résolurent, pour assouvir leur haine contre Jésus- Christ et ses disciples, d'égorger un enfant chrétien le lendemain de leur fête, le vendredi saint. Un médecin de leur religion se chargea du soin de fournir la victime. Il choisit pour l'exécution de son horrible projet, le mercredi au soir, temps où les chrétiens assistaient à l'office des ténèbres. Ayant donc apperçu à la porte d'une maison un enfant seul, nommé Simon, âgé d'environ deux ans, il l'attira par des caresses perfides et l'emmena avec lui. Le jeudi au soir, les principaux juifs après avoir satisfait aux rites de la loi, dans leur synagogue, s'assemblèrent dans une chambre attenante pour exécuter leur horrible projet. A minuit, la jeunevictime fut emmenée. Après avoir mis un mouchoir sur la bouche de l'enfant, ils fi rent sur son corps plusieurs incisions, et reçurent dans un bassin le sang qui coulait de toutes parts : les uns lui tenaient les jambes, les autres les bras en forme de croix. On le leva ensuite droit sur ses pieds, quoiqu'il fût presque sans vie; deux de la troupe le soutenaient, tandis que les autres lui perçaient les différentes parties de son corps avec des alênes et des poinçons. Lorsqu'il eut rendu le dernier soupir, ils se mirent tous à chanter autour de lui : « Voilà comme nous avons traité, à pareil jour ^ Jésus, le Dieu

des chrétiens; puissent tous nos ennemis être ainsi confondus à jamais ! » Cependant, cette fois encore le sang innocent retomba sur eux. En vain pour échapper aux perquisitions des magistrats, ils cachèrent le cadavre dans un grenier à foin, puis dans un cellier, et le jetèrent enfin dans la rivière. Dieu permit qu'un forfait aussi atroce fût découvert. Les coupables ayant été convaincus, furent condamnés à mort. On détruisit la synagogue et l'on bâtit une chapelle à l'endroit où l'enfant avait été martyrisé. Dieu glorifia cette innocente victime par plusieurs miracles. Les reliques de saint Simon sont à Trente, dans l'église Saint-Pierre.

Réflexions pratiques.

La haines des Juifs contre Jésus-Christ a porté ce peuple à devenir déicide et à sacrifier le Sauveur du monde. C'est la haine contre le nom chrétien qui entretient chez ce peuple maudit une aversion constante pour les disciples du Sauveur. C'est cette cruelle passion qui a tourné la fureur de la synagogue de Trente contre le jeune Simon dont l'Église honore aujourd'hui le martyre. Jésus-Christ l'avait prédit : « Vous serez un objet de haine pour tout le monde à cause de moi. » Oh ! que la haine fait de mal dans le siècle et dans l'Eglise même ! Que d'âmes elle immole!... Ne seriez-vous point esclave d'une si dangereuse et détestable passion? Demandez à Jésus- Christ de vous en préserver ou de vous guérir.

Plan de méditation.

Page 1