‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'annéeChapitre 5 sur 65 · VIE DE NOTRE -SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

VIE DE NOTRE -SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

La vie de Jésus-Christ devrait être familière à tous les chrétiens. Chacun d'eux devrait dire avec saint Paul : « Je n'ambitionne qu'une science, celle qui consiste à connaître Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié. » Toutefois, il n'est pas petit le nombre de ceux qui n'ont aucune notion de l'existence mortelle de notre divin Rédempteur. Retraçons succinctement sa belle vie où tout brille d'une douce lumière, où tout respire la miséricorde et l'amour.

La vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ est bien différente de celle des mortels. Les hommes ne sont rien avant de naître. Avant leur apparition sur cette terre, personne ne pense à eux, ne s'occupe d'eux, pas même les parents qui doivent leur donner le jour. — Ils sont peu de chose quand ils existent. i. l

Durant leur vie, ils peuvent exciter plus ou moins l'admiration de leurs semblables, projeter un plus grand ou un moindre éclat sur la société, faire plus ou moins de bruit parmi leurs semblables ; mais quoi qu'il en soit, leur réputation ne s'étend pas très loin. — Et après leur mort, ils sont bientôt oubliés, même de ceux qui leur étaient les plus attachés et les plus dévoués. Il n'en est pas ainsi de Notre -Seigneur Jésus-Christ. Ce Dieu Sauveur a été grand avant de naître, grand pendant sa vie, et surtout grand après sa mort.

D'abord il a été grand avant de naître. Il n'était pas encore arrivé parmi les hommes ; il devait encore s'écouler de nombreux siècles avant sa naissance temporelle, que déjà on connaissait son nom, son pays, sa vie dans tous ses détails : on savait qu'elle serait sa mère : une Vierge ; qu'il serait trahi par l'un des siens, persécuté et mis à mort; que ses vêtements seraient tirés au sort ; qu'il ressusciterait et monterait au Ciel.

11 a été grand pendant sa vie, puisqu'il a commandé à la nature et aux éléments. Il a, par un seul signe de sa main, par une seule parole sortie de sa bouche, guéri les malades, purifié les lépreux, éclairé les aveugles, redressé les boiteux et ressuscité les morts. Il a parlé et agi comme jamais homme n'avait parlé ni agi.

Il est grand après sa mort. Aujourd'hui son nom est sur toutes les lèvres et dans tous les cœurs. Les vrais chrétiens le bénissent. Les impies le blasphèment. Aussi; le grand Napoléon disait un jour : « A l'heure qu'il est, des millions d'hommes se

feraient égorger pour Jésus-Christ et pas un de mes sujets ne voudrait verser une* goutte de son sang pour moi. »

Dans le modeste récit que nous allons esquisser de la vie admirable de l'Homme -Dieu, nous n'aurons d'autres guides que l'Évangile et la tradition.

Vers Tan 4004 de la création, et le 25 du mois de mars, l'Archange Gabriel fut député vers une vierge de la tribu de Juda, appelée Marie, qu'un homme de la maison de David, nommé Joseph, avait épousée. Elle habitait une pauvre maisonnette à Nazareth. — « Je vous salue, lui dit le messager céleste, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. » Marie se trouble à ces paroles : « Ne craignez point, reprend l'envoyé céleste, vous avez trouvé grâce devant le Seigneur. Voici que vous concevrez et enfanterez un fils que vous nommerez Jésus. Il sera le Fils du Très-Haut, et son règne n'aura point de fin. — Comment cela pourrait-il se faire, répond l'humble Vierge, puisque j'ai voué à Dieu ma virginité? — Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre, c'est pour cela que celui qui naîtra de vous sera saint, et s'appellera le Fils de Dieu. »

Marie ne veut pas sonder davantage les mystères du Seigneur : « Qu'il me soit fait selon votre parole. » Et en ce moment s'accomplit le plus grand des mystères de notre sainte religion : le mystère de l'Incarnation. Et Celui que le Ciel et la terre ne peuvent pas renfermer abaisse la hauteur des Cieus, vient revêtir, au sein de la plus pure des Vierges, la forme de l'es-

clave, en unissant la nature humaine à la deuxième personne de l'auguste et adorable Trinité.

Quelque temps après, on publia un éditde l'empereur Auguste, en vertu duquel on devait faire le dénombrement de tous les sujets de l'empire romain. Cet ordre obligea tous les Juifs de se rendre dans le lieu dont leur famille était originaire. C'est pourquoi saint Joseph et la sainte Vierge se rendirent à Bethléem, qui était la ville de David. Dieu permit qu'ils ne trouvassent pas de place dans l'hôtellerie, à cause du grand nombre de personnes que le dénombrement, ordonné par l'empereur, avait amenées à Bethléem. Ils se retirèrent dans une caverne qui servait d'étable à l'hôtellerie. Ce fut dans ce lieu pauvre et misérable que Notre-Seigneur voulut naître, afin de nous donner dès lors un exemple admirable de cette parfaite humilité qu'il a pratiquée toute sa vie. Sa naissance, annoncée à la sainte Vierge le 25 mars, eut lieu le 25 décembre, vers le milieu de la nuit. C'est pour rappeler cette circonstance que l'Église célèbre tous les ans la messe de minuit.

Non loin du lieu où naquit le Sauveur du monde, des bergers veillaient à la garde de leurs troupeaux. Le Rédempteur voulut avoir pour premiers adorateurs ces hommes simples et pauvres. S'il est le roi des Anges, il est aussi le père des malheureux, l'ami et le consolateur de ceux que dédaigne le monde. Il leur envoie un de ses anges tout éclatant de lumière, et comme ils sont saisis de frayeur : « Ne craignez rien, leur dit le messager céleste, voici que je vous annonce une grande joie. Aujourd'hui, dans la ville

de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ Seigneur. Vous le reconnaîtrez à ceci : Vous trouverez l'Enfant enveloppé de langes, et couché dans une crèche. » Au môme instant une troupe nombreuse de l'armée céleste se joignit à l'Ange, louant Dieu et disant : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. » Puis les Anges disparurent et rentrèrent dans les Cieux. — Les bergers remplis d'admiration et de joie, se levèrent aussitôt, se disant l'un à l'autre : « Hàtons-nous, et allons à Bethléem, et voyons les merveilles que le Seigneur vient de nous annoncer. » Ils accoururent à la grotte de David, et ils y trouvèrent Marie et Joseph, et L'Enfant Jésus couché dans une crèche. Après avoir adoré, avec foi et simplicité de cœur, le Dieu anéanti pour les sauver, ils s'en retournèrent bénissant le Seigneur et publiant partout les merveilles dont ils ont été les témoins.

Mais le Fils de Dieu n'est pas venu sauver les pauvres seuls, il est descendu du Ciel pour le salut de tous les hommes. C'est pour cela qu'il réunit autour de sa crèche les petits et les grands, les rois de l'Orient et les pâtres de Bethléem. Les Mages, conduits par une étoile miraculeuse, viennent donc à leu-r tour, des régions de l'Orient, déposer aux pieds de l'Enfant Jésus le tribut de leurs adorations.

Huit jours après sa naissance, le divin Enfant fut circoncis selon la loi de Moïse et reçut le nom de Jésus, qui veut dire Sauveur. Ce nom mystérieux, apporté du Ciel, est le symbole de la miséricorde et du pardon. — Le quarantième jour après sa venue

sur la terre, le Fils de l'Éternel fut présenté au temple pour y être racheté par l'offrande du pauvre. C'est là qu'un saint vieillard nommé Siméon, et une sainte veuve, Anne la prophétesse, conduits par le Saint-Esprit, rendirent témoignage de sa divinité. Siméon ayant reçu dans ses bras, déjà affaiblis par l'âge, le divin Enfant, laissa échapper de ses lèvres prophétiques ces paroles qui se réalisent chaque jour : « Cet enfant a été établi pour être un objet de ruine et de résurrection pour plusieurs en Israël. » Oui, il sera dans tout le cours des siècles la résurrection de ceux qui écoutent sa voix, qui croient à sa parole, qui se conforment à sa loi, qui s'attachent à sa personne ; il sera la ruine de ceux qui dédaignent de l'entendre, qui refusent de le croire, qui résistent à ses instructions, qui désobéissent à ses préceptes. Siméon, remettant l'enfant à sa mère, s'écria : « Maintenant, ô Seigneur, vous pouvez retirer votre serviteur de ce monde, il meurt en paix; car ses yeux ont vu celui qu'ils désiraient voir... »

Mais si le cœur de Siméon est en paix, à cause de Jésus, il n'en est point ainsi d'Hérode. La prophétie du vieillard commence à se réaliser. Le fils de Marie est une pierre d'achoppement pour ce prince jaloux et cruel. Ne voyant point revenir chez lui les Mages qui, en passant à Jérusalem, avaient promis de l'informer du lieu de la naissance du Messie, roi d'Israël, il entra en fureur, et craignant de rencontrer dans ce nouveau-né un rival puissant, capable de le supplanter sur son trône et de lui ravir sa couronne, il veut le faire mourir. Et pour que cette victime tombe sûrement sous ses coups, le cruel mo-

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narque fait massacrer tous les enfants de Bethléem et des alentours, âgés de deux ans et au-dessous. Des flots d'un sang innocent, coulent partout. Des gémissements lamentables se font entendre dans Rama. Mais le Dieu-Enfant, à qui seul on en veut, se rit et se joue des desseins des méchants, et seul il échappe à ce massacre général. Joseph, surnaturellement averti de ce danger, prend l'enfant et sa mère et s'enfuit en Egypte. Après la mort d'Hérode, l'Ange ayant de nouveau averti Joseph, la sainte famille revint à Nazareth. C'est dans cette petite ville que le Dieu Sauveur passe les vingt-huit années qui s'écoulent avant qu'il commence sa grande mission. Là, inconnu au monde, il exerce l'humble et pénible métier de charpentier à l'exemple de Joseph, son père adoptif. Là, il sanctifie le travail devenu, depuis le péché, une punition pour l'homme et obéit avec une docilité parfaite à Joseph et à Marie pour nous apprendre à ne point dédaigner le travail et à nous soumettre à ceux qui ont autorité sur nous.

A l'âge de douze ans, les enfants des Juifs commençaient à prendre part aux pratiques publiques de la loi de Moïse. Lorsque le divin Sauveur eut atteint cet âge, Joseph et Marie le conduisirent au temple pour les fêtes de Pâques, et dans cette circonstance, le voile qui couvre l'enfance du divin Enfant, s'entr'ouvre pour un moment. — Après avoir accompli les rites de la loi, la sainte famille quitte la ville de Jérusalem au milieu de ces nombreuses caravanes qui couvraient, à l'époque des fêtes, les routes de la Judée. A la fin de la première journée,

Joseph et Marie ne voyant point Jésus qu'ils ont cru jusqu'alors avec l'un de leurs parents ou amis retournent sur leurs pas, cherchent l'enfant et le trouvent dans le temple parmi les docteurs de la loi. Ceux-ci, émerveillés de la sagesse extraordinaire de ses paroles, l'avaient contre tout usage fait asseoir sur l'un de leurs sièges. Il leur expliquait la loi, et donnait des réponses admirables à leurs questions ; et chacun de dire : « Comment cela peut-il se faire puisqu'il n'a pas eu de maître et qu'il n'a pas appris les lettres ? » Demandez-en la raison à saint Jean : « C'est qu'il est plein de grâce et de vérité ! » Demandez-le à l'Enfant lui-même, il vous répondra : Je suis la vérité. L'Enfant-Dieu, obéissant à la voix de ses parents, retourna avec eux à Nazareth, et pendant les dix-huit années qui vont suivre toute son histoire est résumée par ces paroles du saint Évangile : Et il leur était soumis... Et il grandissait en âge et en sagesse.

La vie cachée de Jésus-Christ durait depuis trente ans, et les temps étaient arrivés où il devait se manifester. Mais avant de se rendre témoignage à lui-même, il devait, d'après une prophétie connue de tout le peuple juif, recevoir le témoignage du dernier et du plus grand des prophètes. Ce prophète fut saint Jean -Baptiste qui mena la vie la plus extraordinaire et la plus sainte. A cause de ses vertus éminentes, quelques-uns le prennent pour le Messie ; mais il déclare qu'il n'en est que le précurseur. « Le Messie, dit-il, est au milieu de vous, mais vous ne le connaissez pas. Et il est si grand que je ne suis pas digne de dénouer le cordon de sa chaus-

sure. » Un jour, le Sauveur se dirigeant vers le Jourdain, Jean en le voyant paraître s'écria : Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui efface les péchés du monde.

Humblement mêlé à la foule, Jésus s'approche de Jean pour recevoir de lui le baptême. Jean s'y refuse parce qu'il se croit indigne de cette faveur. Et comme Jésus insiste et descend dans les eaux du fleuve, une grande lumière l'environne, une colombe d'une blancheur éclatante descend sur sa tête, et une voix venue du Ciel profère ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances. — Des bords du Jourdain, Jésus passe au désert où il jeune, prie et veut être tenté. 11 y passe quarante jours et quarante nuits, nous apprenant ainsi la conduite que nous devons tenir lorsque nous nous préparons à embrasser un état.

Sur le lac de Génézareth, il commence à former le collège apostolique en appelant à sa suite quatre pauvres bateliers qui sont bientôt suivis de huit autres et d'un plus grand nombre de disciples. C'est ici qu'il faudrait suivre Jésus-Christ pas à pas, mais comme cela nous mènerait trop loin nous ne ferons qu'esquisser sa vie apostolique en le considérant comme docteur, comme consolateur, comme médecin et comme Sauveur.

1° Jésus docteur. Il s'appelle la lumière des nations ; aussi, il parcourt les villes et les bourgades, semant partout la parole de vie qui dissipe les ténèbres de l'erreur et répand au loin les rayons de la divine vérité. Il parle comme jamais homme n'a parlé. Sa parole simple, mais vive, animée, persua-

sive, excite chez tout le monde la plus profonde admiration. Intelligible aux savants, il est compris aussi du simple peuple. Rien de plus étonnant que sa doctrine. Il annonce des dogmes qui heurtent de front tout ce qu'on avait enseigné jusque-là. Ses anathèmes tombent sur ce que les hommes n'ont cessé d'adorer: richesses, plaisirs, honneurs; sa parole relève tout ce qu'ils ont abaissé : persécution, pauvreté, larmes, souffrances, pardon des injures.

11 proclame avec une autorité merveilleuse et la clarté la plus persuasive les dogmes de l'unité de Dieu, de l'immortalité de l'âme, de la résurrection des corps, de l'éternité des peines et des récompenses. La morale prêchée par Jésus-Christ, résumant et expliquant la loi et les prophètes, est contenue entière dans ces mots : Aimez Dieu et vos semblables. Voilà le précepte qui a changé le monde. « Faites aux hommes tout ce que vous désirez qu'ils vous fassent à vous-mêmes. Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent ; bénissez ceux qui vous maudissent, et priez pour ceux qui vous calomnient... N'amassez pas des trésors sur la terre où la rouille et les vers les dévorent ; mais ramassez-en pour le Ciel où il n'y a ni vers, ni rouille qui dévorent... Cherchez d'abord le royaume de Dieu et la Justice et tout le reste vous sera donné par surcroît. » Mais Jésus n'est pas seulement docteur, il est aussi consolateur :

2° Jésus consolateur. Si en venant sur la terre, le Sauveur trouve des hommes livrés à l'ignorance et au mensonge, il en trouve aussi en proie au malheur, à la peine, à la souffrance ; c'est pourquoi il s'applique

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à guérir, ou plutôt à soulager ce mal de l'humanité. Nul ne sut jamais consoler comme Jésus. Son cœur divin, abîme de miséricorde, de tendresse et de charité, s'est ouvert pour être l'asile, le refuge de tous les affligés, pour laisser couler dans notre vallée de larmes, des torrents de grâce et de consolation... N'àppelle-t-il pas à lui tous les malheureux: « Venez à moi, vous tous qui êtes accablés sous le lourd fardeau de la peine, de la douleur et de l'infortune, et je vous soulagerai. » S'il est des larmes que les hommes ne puissent sécher, Jésus se charge d'en tarir la source. Témoins les innombrables malheureux qu'il n'a cessé de secourir. Un jour, on le voit se rendre avec empressement aux sollicitations d'un père affligé qui le supplie de venir imposer les mains à sa fille qui se meurt. Il le suit, et, pour consoler ce père désolé, il rend la vie à l'enfant.

Une autre fois, entrant dans la ville de Naïm il ne peut voir, sans une profonde compassion, les larmes d'une mère qui accompagnait à sa dernière demeure son fils unique. Il arrête le convoi, commande à la mort de rendre sa victime, et, prenant le jeune homme par la main, il le rend à cette mère éplorée en lui disant : « Femme, ne pleurez plus, je vous rends votre fils plein de vie. »

. Plus tard, il ne peut être témoin des pleurs de Marthe et de Marie, inconsolables de la mort de leur frère bien-aimé, sans en être touché ; leur douleur se communique à son cœur et, pour les consoler, il ressuscite Lazare enseveli depuis quatre jours. C'est ainsi que Jésus se montre le consolateur des malheureux.

3° Jésus médecin. Tous les affligés de diverses langueurs et de diverses maladies, tels que les possédés, les fanatiques, les aveugles, les sourds et les muets ; tous les pécheurs accablés d'infirmités spirituelles qui ont recours à lui, ne s'en sont jamais retournés sans avoir obtenu une radicale et complète guérison. L'Évangile nous en fournit de nombreuses preuves ; citons-en quelques-unes.

Les malheureux que la lèpre dévore sont repoussés loin de la société, bannis des villes, rejetés de tous. Ils n'osent approcher de leurs semblables. Morts au monde, déshérités des joies de la vie, en proie à d'affreuses douleurs, ils n'ont plus de familles, plus d'amis. Je me trompe ! ils en ont encore un, c'est Jésus qu'aucune infirmité ne rebute. Il souffre les lépreux à ses pieds, il supporte qu'ils l'approchent ; il ne craint pas de se souiller à leur contact. Il s'émeut à la vue de leur misère, il s'arrête à leur voix, pose sa main sur leur chair ulcérée et les purifie.

Dans une circonstance éclatante, il guérit le corps et l'âme d'un pauvre paralytique en lui remettant ses péchés. Il n'y a qu'un Dieu, s'écrient les pharisiens scandalisés, qui puisse remettre les péchés. Soit, répond le Sauveur; mais afin que vous sachiez que le fils de l'Homme est Dieu et qu'il a ce pouvoir : « Paralytique, levez-vous, emportez votre lit et marchez. » Le paralytique se lève, emporte son lit et marche. Voilà comment Jésus-Christ prouve qu'il est véritablement médecin.

Mais si Jésus se plaît à verser un baume sur toutes les plaies du corps, il vise surtout à fermer

les blessures de l'âme. Témoin la femme adultère : « Allez, lui dit-il, et ne péchez plus ; vos péchés vous sont remis. » Témoin Madeleine, la pécheresse de la cité : « Beaucoup de péchés lui ont été pardonnés, parce qu'elle a beaucoup aimé. »

0 divin médecin, passez dans nos familles où il y a des sourds qui ne veulent pas prêter l'oreille à vos paternelles invitations, faites-les entendre. Il y a des âmes paralysées, engourdies, qui ne veulent pas marcher dans le chemin de la vertu ; ditesleur de se lever et d'aller en avant. Ah ! Jésus, il y a surtout des morts, versez une larme d'attendrissement sur leur malheureux sort et puis, criez-leur comme à Lazare de sortir du tombeau de leurs iniquités.

4° Jésus Sauveur. L'Homme-Dieu n'est pas seulement docteur, consolateur et médecin, il est encore Sauveur. Comme tel il est la victime universelle du péché; il est le grand pénitent de l'humanité tout entière. Il doit donc être frappé de Dieu et des hommes. C'est pour cela qu'il a été persécuté par Hérode, poursuivi par la haine des scribes et des pharisiens ; saturé d'opprobres , d'humiliations, d'amertumes et condamné à une mort ignominieuse. Souvenons-nous delà trahison de Judas, du reniement de saint Pierre, de l'abandon des autres apôtres. Suivons-le à Gethsémani où il se voit, seul, livré à la justice de son père. Son âme est triste jusqu'à la mort et il entre en agonie. Allons avec lui au prétoire où il ne rencontre que mépris et outrages. Là il est conspué, flagellé, couronné d'épines. Suivons-le au Calvaire, tombant sous le faix horrible du

bois de son sacrifice. Contemplons la divine Victime élevée sur la Croix entre le ciel et la terre. Son corps dépouillé de ses vêtements est déchiré, empourpré de son sang ; ses mains et ses pieds sont percés, son côté ouvert.

A l'heure solennelle où la rédemption du monde est consommée, la nature entière s'émeut et pleure son Créateur : le voile du temple se déchire, le soleil s'obscurcit, la terre tremble, les rochers se fendent et les morts sont rendus à la vie. A ce spectacle, ses ennemis effrayés s'écrient : C'est vraiment là le Fils de Dieu.

Réflexions pratiques.

En méditant un instant la vie étonnante du Fils de Dieu fait homme, notre esprit et notre cœur doivent être subjugués. Mais ne nous arrêtons pas à une vaine et stérile admiration. Efforçons-nous d'entrer dans le sanctuaire de cette existence pleine de charité. Étudions-la dans toutes ses circonstances et chaque pas que nous ferons dans cette étude nous fournira de nouveaux sujets d'étonnement. Souvenons-nous sans cesse que Jésus-Christ a voulu être notre modèle, et que, en qualité de chrétiens, nous sommes obligés de l'imiter. Efforçons-nous de régler notre vie sur la sienne, afin qu'il nous reconnaisse pour ses enfants, et qu'au jour de la justice il nous confesse devant son Père céleste.

Plan do méditation.

Vie de Jésus : 1° Mystère de grandeur.

2° Mystère d'anéantissement.

3° M y stère de consolation.

Autre plan.

1° La vie de Jésus-Christ est l'honneur et la gloire du monde.

2° Elle chasse les ombres et fait briller la lumière.

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