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DU DIMANCHE

Le dimanche est appelé le jour du Seigneur comme spécialement destiné à son service et à son culte. Dès l'origine du monde, Dieu lui-même avait prescrit à l'homme la sanctification d'un jour déterminé. L'Écriture dit que l'Éternel, après avoir achevé en six jours le grand ouvrage de la création du monde, se reposa le septième, c'est-à-dire cessa de produire de nouvelles créatures, et qu'à cause de cela il bénit et sanctifia le septième jour de chaque semaine en imposant à l'homme l'obligation de le lui consacrer. Ce précepte divin fut solennellement renouvelé dans la loi de Moïse, et Dieu lui-même ordonna expressément de sanctifier et de célébrer le jour du Sabbat.

Le jour consacré au Seigneur était donc, chez les Juifs, le septième de la semaine, c'est-à-dire le samedi. Ils se reposaient en ce jour de tous leurs travaux en mémoire du repos mystérieux du Dieu créateur de l'univers et s'appliquaient à son service et au soin de leur salut. — Dès la naissance de l'Église chrétienne on substitua au Sabbat des Juifs le premier jour de la semaine ou le Dimanche, qui est appelé par excellence le jour du Seigneur.

Cette substitution du dimanche au samedi a été faite par les apôtres eux-mêmes, en vertu du pouvoir qu'ils avaient reçu de Jésus-Christ pour gouverner l'Église. La raison qui les a déterminés à choisir le dimanche pour le consacrer au Seigneur a été de perpétuer le souvenir de ce jour, le plus beau, le plus excellent de tous, qui résume toutes les merveilles et tous les grands souvenirs de la nature et de la grâce. Le dimanche, en effet, est l'anniversaire du miracle qui a créé le monde, et du miracle plus grand qui l'a sauvé. C'est le dimanche que le Père, commençant à manifester sa gloire, dit : Que la lumière soit, et la lumière fut. C'est le dimanche que le Fils, après nous avoir délivrés de l'esclavage du démon et du péché, en achevant l'œuvre de notre rédemption, par sa résurrection, est entré dans son repos éternel. C'est le dimanche que l'Esprit-Saint descendit sur les apôtres, enflamma leur zèle, délia leur langue encore embarrassée, et donna pour la première fois, à des bouches ignorantes, le don d'éclairer et de convertir l'univers tout entier. Nous l'honorons donc, en ce jour, comme le principe de notre création nouvelle, plus merveilleuse encore

que la première, par laquelle nous avons reçu, en effet, un nouvel être et une nouvelle vie surnaturelle, a Gloire au dimanche, s'écrie saint Jean Chrysostôme ; ce jour a vu l'enfer détruit, le péché effacé de la terre, le démon réduit en captivité, et les hommes réconciliés avec leur Auteur. Gloire au dimanche! Tout étant nouveau, les cieux, la terre, et l'homme, il fallait aussi à Dieu un nouveau jour ; il fallait que le repos dans l'alliance de la vérité eût une autre date que dans l'alliance figurative. »

Réflexions pratiques.

C'est pour l'homme et surtout pour le chrétien un devoir de justice et de reconnaissance de sanctifier le dimanche. Un devoir de justice, puisque Dieu, à qui tous les jours appartiennent, s'est réservé celui-là d'une manière exclusive.

C'est un devoir de reconnaissance dicté par les bien faits sans nombre dont Dieu nous a comblés. Bienfait de la création, bienfait plus grand encore de la Rédemption, bienfait du baptême, bienfait d'une éducation chrétienne, bienfait de la rémission des péchés, bienfait ineffable de l'Eucharistie, bienfait d'une Providence spéciale sur chacun de nous. Quel Père ! Quel bienfaiteur que Dieu! Nous avons une intelligence pour le connaître, un cœur pour l'aimer, intelligence et cœur que nous tenons de lui. N'est-il pas souverainement juste que nous nous servions de ces facultés pour offrir à Dieu notre gratitude? Et est-ce trop de prendre quelques moments, sur cette vie qu'il nous accorde, pour les employer à la douce occupation de le bénir et de l'adorer? L'insti-

tution du dimanche n'est pas autre chose et n'a pas d'autre but. Sanctifions donc le jour du Seigneur en employant fidèlement les moyens que l'Église nous prescrit dans cette vue. Suspendons, le dimanche, les travaux corporels et appliquons-nous uniquement au service de Dieu et au soin de notre salut. Assistons au divin sacrifice et évitons d'une manière particulière les actions dangereuses et criminelles. Oh! que de chrétiens offensent plus le Seigneur dans un seul dimanche que dans les six autres jours de la semaine ! Ne serions-nous pas de ce nombre? Interrogeons notre conscience.

Plan de méditation.

Dimanche. I. Importance de la sanctification du dimanche prouvée : 1° par les intérêts de Dieu; 2° par les intérêts de l'homme.

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