FETE DU TRES SAINT SUAIRE DE NOTRE-SEIGNEUR
Troisième vendredi de Carême.
Lorsque l'Homme-Dieu eut rendu le dernier soupir, un homme riche et décurion distingué, nommé Joseph d'Arimathie, ville de Judée, alla hardiment trouver Pilate pour lui demander qu'il lui fût permis d'enlever le corps de Jésus. Pilate, surpris que le Sauveur fût déjà mort, fit venir le centurion, et s'informa si réellement Jésus avait rendu le dernier soupir. Sur la réponse affirmative du Genturien, Pilate accorda la permission demandée et ordonna que le corps fût remis à Joseph. Celui-ci, ayant alors acheté un linceul, vint prendre le corps inanimé de Jésus, l'enveloppa dans ce suaire tout blanc et parfumé d'aromates. Or, il y avait à l'endroit même du crucifiement, un jardin dans lequel un sépulcre tout neuf avait été taillé dans le roc et où personne n'avait encore été déposé. On y ensevelit le corps de Jésus ; puis, une grosse pierre fut roulée jusqu'à l'entrée du Sépulcre, et scellée par ordre du gouverneur.
L'Évangile nous montre plusieurs linceuls, placés avec soin par l'Ange dans le tombeau (Jean, xx. 5). Le principal de ces linceuls, recueilli parNicodème, passa des mains de celui-ci à Gamaliel, de Gamaliel
à saint Jacques qui le transmit à saint Siméon. L'Église de Jérusalem le conserva précieusement jusqu'en 1187. Emporté alors en Chypre, par Guy de Lusignan, il fut remis à la maison royale de Savoie, qui le conserve encore aujourd'hui à Turin. L'histoire nous rapporte avec quelle pieuse dévotion saint Charles, et plus tard saint François de Sales, ont vénéré ce précieux trésor. L'Église, pour nous faire célébrer la gloire du saint Suaire où fut déposé le corps de l'auteur de notre salut, a institué une fête en l'honneur de cette sainte relique. Elle la célèbre le troisième vendredi de Carême.
fié flexions pratiques.
La vue du saint Suaire portant l'impression des plaies du Sauveuret tout imprégné de son sang nous dit bien haut et bien éloquemment que nous ne devons point perdre le fruit des douleurs que le Fils de Dieu a endurées pour nous sauver et que puisque notre salut a coûté si cher à Jésus-Christ, nous ne devons pas le manquer. Prenons donc la résolution de devenir des saints. A la vue de ce saint Suaire, détestons le péché pour lequel notre Sauveur a versé tant de sang et embrassons la pénitence qui l'expie. Pourrions-nous être encore délicats et sensuels en voyant l'image de ce corps tout meurtri? Pourrions-nous fermer notre cœur à ce cri •qui sort des plaies imprimées sur ce linceul : Voilà comme Dieu a aimé le monde, et ne pas nous écrier nous-même du fond de nos entrailles : Aimons donc Dieu puisqu'il nous a aimé le premier ?
Plan de méditation.
I. Apprêts de la sépulture de Notre-Seigneur Jésus- Christ : 1° un suaire blanc ; 2° un tombeau neuf ; 3° des parfums.
H. Apprêts de la sépulture du chrétien : 1° une conscience pure ; 2° un tombeau en terre sainte ; 3° la bonne odeur des vertus et du bon exemple d'une sainte vie.