‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'annéeChapitre 63 sur 65 · FETE DE LA LANCE ET DES CLOUS DE NOTRE- SEIGNEUR · texte numérisé non relu

FETE DE LA LANCE ET DES CLOUS DE NOTRE- SEIGNEUR

Second vendredi de Carême.

L'Évangéliste saint Jean, nous apprend que le côté de Jésus-Christ ayant été ouvert par la lance d'un soldat, il en jaillit du sang et de l'eau. Nous savons également que les clous enfoncés dans les pieds et dans les mains du Sauveur, pour le fixer à la croix, lui firent de cruelles blessures. Or, ces instruments sacrés qui servirent à la passion de

Y Homme de douleurs, ont été conservés précieusement et sont en grande vénération dans l'Église. Voici comment le fer de la lance fut découvert :

Lorsque, pendant la première croisade, les Français se furent emparés de la ville d'Antioche, un prêtre de Marseille, nommé Pierre Barthélémy, affirma qu'il avait appris par révélation que le fer de la lance qui perça le cœur de notre Rédempteur, était enterré près du maître-autel de l'église Saint- Pierre d'Antioche, et qu'on le trouverait sûrement si l'on voulait se donner la peine de le chercher ; il ajouta que cet instrument, porté à la tête de l'armée, opérerait la délivrance des chrétiens et percerait le cœur des infidèles. On crut à la parole du prêtre. Toute l'armée chrétienne se prépara, par le jeûne et la prière, à la recherche de l'objet sacré. Après avoir creusé, pendant un jour tout entier, et jusqu'à douze pieds de profondeur, le soir, à l'entrée de la nuit, la Sainte Lance fut découverte et montrée à l'armée chrétienne qui fit éclater sa joie, et sentit son courage se ranimer tout à coup. Les plus pusillanimes devinrent des héros, et tous demandèrent à grands cris qu'on les menât au combat.

Depuis lors, ce précieux instrument de la passion, ainsi que les clous qui percèrent les mains et les pieds du Sauveur, ont été constamment regardés, par les fidèles, comme des objets d'un grand prix, dignes d'honneur et de vénération; et l'Église, en établissant une fête, pour nous porter à les vénérer davantage, désire que le culte, dont ils sont l'objet, devienne pour nous une source nouvelle de bénédictions et de grâces.

Réflexions pratiques.

Contemplons un instant les blessures sacrées produites par les clous et par la lance, sur le corps adorable de l'Homme-Dieu. Que nous apprennent-elles ? La charité immense qui a porté Dieu le Père à nous donner son Fils, et le Fils de Dieu à se charger de nos iniquités pour les expier sur la croix. Elles nous prêchent l'importance du grand mystère du salut et la gravité du péché. 0 Cœur de Jésus, blessé par nos crimes, vous demande* notre cœur si pauvre, si tiède, si peu conforme au vôtre. Nous vous le donnons tout entier; il est à vous; seul vous le méritez, et seul vous pouvez le rendre heureux en le rendant pur et digne de vous. Nous vous le donnons afin que vous le guérissiez de toutes ses plaies et que vous lui laissiez seulement celles que lui aura faites votre saint amour. Mon Dieu! notre cœur ne peut vivre sans quelques blessures, puisque votre Cœur est blessé d'une plaie si sensible. 0 Jésus I que les amertumes dont vous avez été abreuvé soient toujours présentes à ma pensée, pour me rendre fades et insipides, toutes les joies du monde; que les clous qui ont percé vos mains et vos pieds, nous tiennent constamment attachés à la croix et nous fassent sans cesse trouver un refuge assuré dans votre Cœur ouvert par la lance.

Plan de méditation.

I. Que nous apprennent les blessures sacrées produites par les clous et la lance? La grièveté des blessures mortelles faites à notre âme par le péché.

II. Quel bien nous ont-elles procuré? Elles ont guéri les plaies de notre âme.

Page 1