‹ Un modèle pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 25 sur 67 · TRANSFIGURATION DE NOTRE-SEIGNEUR · texte numérisé non relu

TRANSFIGURATION DE NOTRE-SEIGNEUR

6 aoûU

Environ un an avant sa passion, Jésus manifesta sa gloire à trois de ses chers disciples, qui furent plus tard témoins de son agonie dans le Jardin des Oliviers. C'étaient Pierre, Jacques et Jean. Le Seigneur les conduisit sur une haute montagne, et se transfigura devant eux. Son visage devint éclatant comme le soleil et ses habits blancs comme la neige ; la gloire de sa divinité rejaillit sur tout son corps. Alors Moïse et Élie parurent à ses côtés, s'entrenant avec lui de la mort qu'il devait souffrira Jérusalem. Les Apôtres furent frappés d'un si ravissant spectacle ; et Pierre ne put s'empêcher de s'écrier : « Seigneur, nous sommes bien ici ; faisons-y, si vous le voulez, trois tentes, une pour vous, une pour Moïse, une pour Élie. )) Il parlait encore lorsque les disciples se virent entourés d'une nuée lumineuse. Et une voix fut entendue qui disait : « Voici mon Fils bien-aimé, dans lequel j'ai mis toute mon affection, écoutez-le. » Le Père éternel rendait gloire à son Verbe incarné. Les Apôtres furent saisis de terreur, et tombèrent le

visage contre teTre. Mais Jésus, s'approchant, les toucha et leur dit : « Levez-vous et ne craignez point. » Alors levant les yeux et regardant de tous côtés, ils ne virent plus que Jésus resté seul avec eux. En descendant de la montagne le S auveurleur recommanda de ne parler à personne de ce qu'ils avaient vu, jusqu'après sa résurection.

Réflexions pratiques.

Celte transfiguration, toute pleine de mystères, fut un des moyens dontJésus-Christseservitpour fortifier la foi de ses disciples, pour les convaincre de sa divinité, et pour les encourager à souffrir avec constance l'opprobre de sa passion. Il voulut par ce reflet de gloire, leur donner une idée de ce qu'ils seraient un jour eux-mêmes à la résurrection des morts. Il voulut leur apprendre qu'après les travaux et les souffrances de cette vie viendraient la récompense et les joies éternelles. Apprenons nous-mêmes de ce mystère à suivre Jésus, la voie, la vérité et la vie. Animons-nous à souffrir avec lui et en vue du bonheur réservé à ceux qui portent leurs croix à sa suite. N'oublions jamais que pour arriver avec lui au Thabor il faut préalablement l'accompagner au Calvaire.

Seigneur, apprenez-nous à souffrir et que la vue de votre gloire nous anime à porter votre croix.

Plan de méditation.

Les trois Thabors : 1° la montagne ; 2^ l'autel ; 3^ le ciel.

1*^ La montagne. Vous vous plaignez que Dieu se cache et que nulle part vous ne pouvez le découvrir.

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D'où cela vient-il ? De ce que vous restez avec la foule dans la plaine tout occupés à danser autour du veau d'or ; mais essayez d'aller à l'écart, dans la solitude et là Dieu parlera à votre cœur... Efforcez-vous de gravir par la prière les sentiers du Thabor et le Seigneur se découvrira à vous. Transfigurez-vous aussi en brisant les chaînes du péché et en pratiquant les vertus chrétiennes.

2° L'autel. Là le chrétien perce le nuage et comme le disciple d'Emmaxis, il reconnaît Jésus à la fraction du pain.

3° Le ciel. C'est le vrai Thabor oti Dieu se montre tel qu'il est.

SAINT GAETAN, Confesseur 7 août.

Saint Gaëtan naquit, en 1480, à Vicence, en Lomhardie, d'un père et d'une mère fort distingués par leur noblesse et leur piété. Sa mère Tofirit à la Sainte Vierge au moment de sa naissance, et Dieu, en retour, se plut à le combler de ses plus tendres bontés. Jamais enfant ne montra un naturel plus doux, un caractère plus docile, un esprit plus brillant, un cœur plus pur : Dieu seulfut toujours l'objet de ses désirs. Sa tendre dévotion envers la très Sainte Vierge le conserva dans une parfaite innocence ; et dès les plus tendres années, les plus hautes vertus se manifestèrent en lui et lui valurent le surnom de Saint.

Il joignit bientôt l'étude à la piété, et y réussit par-

faitement. En peu d'années il devint bon orateur, excellent philosophe, savant jurisconsulte et théologien très profond. Il reçut, à Padoue, le titre de docteur en droit civil et en droit canon. — Pour se consacrer à Dieu d'une manière plus spéciale, il embrassa la carrière ecclésiastique. Devenu maître de ses biens par la mort de ses parents, il fit bâtir une chapelle paroissiale à Rampazzo. C'était pour faciliter à ceux qui étaient éloignés de la paroisse les moyens d'assister au saint sacrifice et de s'instruire. Il dota cette chapelle d'un revenu convenable pour l'entretien d'un chapelain et l'obliger d'y célébrer assidûment la messe.

Cette bonne œuvre achevée, il se rendit à Rome dans l'espérance d'y mener une vie obscure efc cachée, telle qu'il n'avait pu se la procurer au milieu de ses compatriotes. Mais le pape Jules II, instruit de son mérite, lui imposa l'offre de protonotaire apostolique. Après la mort du Souverain Pontife, Gaëtan se démit de ses fonctions et retourna à Vicence pour se livrer tout entier à la pratique des bonnes œuvres et au salut des âmes. Il fonda à ses frais des hôpitaux où il servait de ses propres mains les infirmes, ceuxmêmes qui étaient atteints de maladies contagieuses,

Lepère Jean de Croma, dominicain, son confesseur, homme recommandable par sa prudence, son savoir et sa piété, lui ayant conseillé de se retirer à Venise, il partit sans délai pour cette ville. Il se logea dans l'hôpital qu'on venait de faire bâtir, et s'y consacra au service des malades, comme il l'avait fait dans sa patrie. Il se montra si zélé pour cette maison, qu'il en est regardé comme le principal fondateur. En

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môme temps il mortifiait son corps parles austérités de la pénitence, et s'efforçait de suivre l'exemple des plus célèbres contemplatifs. On disait communément de lui à Venise, à Vicence et à Rome, qu'il était un Séraphin à l'autel, un Apôtre en chaire, entraînant tout vers Dieu.

Il entreprit aussi, sur l'avis de son directeur, de réformer le clergé, en établissant une congrégation de clercs réguliers. Le premier supérieur de cette congrégation fut Pierre Caraffe, archevêque de Théate, depuis Pape, sous le nom de Paul IV. On les a appelés pour cela Théatins ; ils n'ont point de revenus, ils ne demandent pas môme l'aumône, ils reçoivent de la charité des fidèles ce que la Providence leur en- 'voie pour leur entretien. Gaëtan fut le second supérieur. Élu malgré ses larmes, sa résistance et ses prières, il gouverna son Ordre en père et en saint. Ses exemples et ses prédications produisirent bientôt une révolution générale dans les mœurs du clergé et du peuple. Vicence, Rome, Venise avaient été jusque-là les théâtres de son zèle; il passa à Vérone, puis à Naples où il produisit partout les mêmes fruits de charité ; partout il rétablit la pureté de la foi avec la pureté des mœurs. Au miheu de ses courses apostoliques et de ses travaux incessants, son recueillement intérieur ne s'altéra jamais : son amour pour Jésus, sa dévotion à Marie croissaient avec ses occupations ; son cœur en était tout embrasé. Il en reçut une douce récompense une nuit de Noël, à Sainte-Marie Majeure. Pendant son oraison, la Sainte Vierge lui remit entre les bras l'Enfant Jésus, et son âme fut inondée de déUces ineffables.

Depuis ce moment il ne vécut plus que de Tamour divin ; le désir de se réunir à son Bien-Aimé le porta à traiter plus rudement encore son corps, à le châtier toujours davantage par les jeûnes, les cilices et les sanglantes disciplines. Il éprouvait dès lors de fréquentes extases et opérait de nombreux miracles. Un de ses religieux sortant de la maison pour remplir un devoir qui lui avait été imposé, se blessa si gravement à une grille de fer, que l'os près du talon s'étant cassé, et plusieurs abcès s'y étant formés, les médecins ne trouvèrent plus d'autre moyen de le guérir ou de le préserver de la mort, que de lui couper la jambe. Gaétan les pria de différer l'opération jusqu'au lendemain. Il passa une partie de la nuit dans la chambre du malade. Après avoir fait sa prière, il débanda le pied, baisa la plaie, fit le signe de la croix, el le lendemain les médecins étant venus pour lui faire l'opération trouvèrent le pied aussi sain que s'il n'eût jamais été malade. — Un autre religieux étant tombé en démence, le Saint, touché de compassion pour un état si misérable, pria, et par la force de son oraison rendit au pauvre aliéné l'usage de ses facultés mentales. — Il y avait longtemps que la santé du Saint s'affaiblissait sans que sa ferveur diminuât. Usé enfin par ses travaux apostoliques, par ses grandes austérités et par les amertumes dont

son âme fut abreuvée à la vue des maux de l'Eglise, il tomba malade. Le médecin Payant voulu faire coucher sur un matelas : « Mon Sauveur est mort sur une croix, s'écria-t-il, c'est bien le moins que je meure sur la cendre. » En effet, ce fut en cet élat de pénitence qu'après avoir reçu les derniers sa-

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crements^ et avoir exhorté ses disciples à ne jamais rien relâcher de la perfection de leur institut, il rendit doucement son esprit à son Créateur, à Naples, le 7 août de l'an 1547, dans la soixante-septième année de son âge. Son corps, enseveli avec honneur dans réglise de Saint-Paul de cette ville, est devenu l'objet d'une religieuse vénération.

Réflexions pratiques.

Dieu, voulant faire de Gaétan un prêtre modèle et un ouvrier zélé capable de travailler ardemment à sa vigne, le fit naître d'une mère vertueuse qui le consacra à la Sainte Vierge dès sa naissance et lui donna une éducation première très soignée. Avec l'éclat de son nom et l'aménité de son caractère, avec les belles qualités de son cœur et de son esprit, avec ses rapides progrès dans les sciences, il pouvait suivre une brillante carrière dans le monde ; mais Dieu lui ayant montré de bonne heure les marches du sanctuaire, il ne songea qu'à se consacrer au service des autels, et se préparer'à cette sainte vocation, par l'étude de la science sacrée et par la pratique de toutes les vertus. Heureux le jeune chrétien, qui a une vertueuse mère comme Gaétan, pour favoriser la sainteté de sa vocation, et qui, de bonne heure, se montre docile à la voix du Seigneur sans écouter la voix du monde et des passions.

Notre Saint n'a pas seulement brillé, par l'éclat des vertus sacerdotales qu'il a pratiquées dans un degré héroïque, mais encore par la perfection avec laquelle il a rempli les fonctions du saint ministère.

Qui pourrait dépeindre son grand amour pour Dieu et sa piété tout angélique ! De là le zèle et la dignité toute céleste avec lesquels il remplissait les devoirs du sacerdoce, à la grande édification de tous les peuples. Qui pourrait également exprimer les sentiments de foi, de piété et d'humilité qui l'accompagnaient au saint autel ! « Vile poussière, s'écriait-il, je porte le Tout-Puissant sous de fragiles espèces! Je l'ai devant mes yeux, et mes yeux ne se fondent pas en larmes! Je l'ai dans mon sein et mon sein ne brûle pas ! » 0 que nos communions produiraient de fruits si nous les faisions dans de pareilles dispositions ! Une seule serait capable de nous élever au plus haut degré de sainteté et nous serions, nous aussi comme saint Gaétan, des Séraphins par notre ferveur et des apôtres par la puissance de nos exemples. — Mon Dieu ! multipliez les bons chrétiens dans votre Église, et faites-nous la grâce d'être de ce nombre.

Plan de méditation.

I. Les maux les plus pressants excitèrent le zèle de saint Gaétan.

IL Les succès les plus glorieux furent la récompense de son zèle.

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SAINT GYRIAQUE, SAINT LARGE ET SAINT SMARAGDE, Martyrs

8 août.

Les saints martyrs Cyriaque, Large et Smaragde souffrirent le martyre à Rome dans la grande persécution des empereurs Dioclétienet Maximien. L'empereur Dioclétien avait associé à Tempire Maximien Hercule. Celui-ci, pour témoigner sa reconnaissance à son bienfaiteur et flatter son orgueil, entreprit de lui bâtir un palais magnifique. Il employa à la construction de cet édifice tous les chrétiens qu'il put trouver : jeunes et vieux, riches et pauvres, grands et petits, hommes et femmes, laïques et prêtres. On les obligeait à charrier du sable, à porter de Teau, à traîner d'énormes pierres. Point de relâche au milieu de si durs labeurs. Ils n'avaient pas même la nourriture suffisante. Or, un riche seigneur de Rome, nommé Thrason, touché de la cruauté qu'on exerçait envers ces fidèles serviteurs de Jésus-Christ, résolut de les assister dans leurs misères. Il se servit pour cela des saints Cyriaque, Large et Smaragde. Ces trois généreux chrétiens n'ignoraient pas le danger qu'ils couraient, mais leur zèle et leur charité leur firent tout braver, et on les voyait porter librement les. aumônes de cet homme charitable aux illustres confesseurs de la foi. Ils profitaient de cette occasion pour animer leurs frères malheureux à la lutte et à la persévérance.

Le pape saint Marcelin, informé du courage et de la charité de nos Saints, voulut les voir, et ayant m. 12

reconnu une vertu éminente dans ces héros chrétiens, ordonna saint Cyriaque diacre de l'Église romaine, afin qu'il fût en état de pourvoir plus efficacement aux besoins spirituels des fidèles. Élevé à cette nouvelle dignité, il en remplit avec un zèle admirable les diverses fonctions. Large et Smaragde ne lui cédaient ni en courage, ni en dévouement ; aussi furent-ils bientôt récompensés de leur charité et de leurs peines. On les surprit tous trois chargés des vivres et des aumônes qu'ils portaient aux saints confesseurs. Us furent arrêtés et condamnés à travailler eux-mêmes avec les autres chrétiens. Ce fut avec bonheur qu'ils se mêlèrent à cette foule si respectable de serviteurs de Dieu. Leur charité était si grande que , ne se contentant pas de leur tâche, s'ils voyaient un chrétien accablé sous la pesanteur de son fardeau, ils couraient pour Taider et faisaient une partie de son ouvrage. Maximien en fut averti. Loin d'être touché de leur charité et de leur dévoûment, ce prince barbare commanda qu'on les j etât dans un cachot en attendant l'issue prochaine de leur procès.

Saint Cyriaque demeura longtemps en prison ; il y guérit des aveugles et tous les autres malades qui eurent recours à lui pour obtenir la santé par ses prières. Le bruit de ces miracles se répandit jusqu'à la Cour. Il arriva même qu'une des filles de Dioclétien, possédée du démon, et cruellement tourmentée, avoua qu'elle ne pourrait être délivrée que par Cyriaque, diacre de l'Église romaine. L'empereur voyant sa fille si horriblement traitée ne put retenir ses larmes. Suspendant alors toute sa fureur contre

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les chrétiens, il fit sortir Cyriaque et ses compagnons du cachot et les pria de délivrer sa fille. Les Saints voyant la princesse furent touchés de compassion. Ils se mirent en prières. Puis Cyriaque commanda à l'esprit immonde de sortir de ce corps. «J'obéirai, répondit le démon, car je ne puis tenir contre la toutepuissance de Jésus-Christ. Mais je ne sortirai d'ici que pour aller à la cour de Perse. » A l'instant Artémie fut guérie, crut à la Sainte Trinité et plus tard reçut le baptême. Dioclétien reconnaissant envers Cyriaque lui donna une maison dans Rome où il lui permit de demeurer en toute sûreté.

Au même moment la fille du roi de Perse, nommée Jobie, se trouva possédée du même démon et Dieu voulut qu^elle s'écria continuellement comme l'avait fait Artémie, qu'elle ne pouvait être délivrée que parle diacre Cyriaque, qui était à Rome. Le roi qui aimait tendrement sa fille ne négligea rien pour obtenir sa guérison ; il envoya immédiatement un ambassadeur à Dioclétien pour le prier de lui envoyer incessamment Cyriaque. L'empereur se hâta de faire partir notre Saint avec ses deux compagnons, Large et Smaragde. Une fois arrivés à la Cour du roi de Perse, ils furent agréablement surpris de voir ce prince se jeter à leurs pieds, pour les prier d'avoir pitié de sa fille. Saint Cyriaque lui donna l'assurance qu'il guérirait sa fille et lui rendrait une santé parfaite pouvu qu'il voulût croire en Jésus-Christ. Le prince promit. Aussitôt Cyriaque tombe à genoux, commande au démon de sortir du corps de cette fille, et la pauvre enfant est guérie. Le roi, sa fille et plus de quatre cents infidèles reçoivent le baptême

des mains du saint diacre. Ce prince voulut les charger de riches présents, mais nos Saints qui n'avaient à cœur que le salut des âmes, refusèrent ces offres gracieuses : « C'est, dirent-ils, une maxime des chrétiens de donner gratuitement ce qu'ils ont reçu gratuitement et de ne point vendre les dons de Dieu. ))

Quarante-cinq jours après, ils se rembarquèrent et revinrent à Rome. L'empereur les laissa encore vivre en paix ; mais étant sorti de Rome pour visiter les provinces de son empire, Maximien, toujours irrité contre eux du bien qu'ils avaient procuré aux chrétiens occupés à la construction de son palais, les fit de nouveau arrêter et jeter en prison. On leur commanda d'adorer les dieux de Tempire et comme ils s'y refusèrent constamment, Cyriaque fut étendu sur un instrument de torture, arrosé de poix fondue, et enfin frappé de la hache avec Large, Smaragde et vingt autres^ sur la voie Salaria, près des jardins de Saluste... Un prêtre, nommé Jean, ensevelit leurs corps, le 17 mars, près de la même voie. Plus tard, par les soins du pape Marcel, ils furent enveloppés dans des voiles de lin^ embaumés avec des parfums précieux et transportés dans une terre d'une noble dame appelée Lucine, non loin de Rome. Cette translation eut lieu le 8 août.

Réflexions pratiques.

Ce n'est pas pour leurs crimes que Cyriaque, Large et Smaragde sont condamnés aux chaînes et à la torture. Leur conduite est irréprochable. Ils ne sont pas ennemis de César puisqu'ils prient pour lui

et le comblent de faveurs ; ni les ennemis de la patrie qu'ils servent avec dévouement, ni les ennemis des lois, qu'ils observent fidèlement dans tout ce qui n'est pas contraire à leur conscience. C'est donc uniquement pour la sainteté de leur religion, jointe à l'innocence de leur vie qu'ils souffrent persécution. Quelle gloire pour eux d'être persécutés pour la vertu. Pourquoi souffrent-ils? C'est pour le Roi des rois, pour le Sauveur du monde entier qui a racheté les hommes par ses souffrances et par sa mort.

Le martyre est une gloire insigne que Dieu n'accorde de nos jours qu'à un petit nombre de chrétiens. Mais si nous n'avons pas l'honneur de combattre et de mourir pour Jésus-Christ dans une arène sanglante, nous ne sommes pas pour cela exempts de la lutte chrétienne qui nous est imposée à tous, et qui n'est pas sans mérite et sans gloire. Nous avons à combattre le démon qui nous poursuit avec une rage infernale ; le monde, ses scandales et ses fausses maximes et nos passions qui ne cessent de nous tyranniser. Combattons vaillamment sous le regard de Jésus-Christ, de sa divine Mère et le Ciel sera à nous.

Plan de méditation,

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